De l’intérêt de regarder des (parfois mauvaises) séries

Pour clôturer cette semaine spéciale série, je veux aborder le sujet grave mais sine qua non, qui est au cœur de ce dont je vous parle depuis bien longtemps maintenant : l’intérêt de regarder des (parfois mauvaises) séries.

Si vous aviez accès à la télévision lorsque vous étiez enfant, vous avez très certainement été bercés par les séries. Que ce soit votre grand-mère, votre nounou ou bien votre grand frère, l’un d’entre eux a dû vous obliger à regarder Dallas, La petite maison dans la prairie ou Le Prince de Bel Air. Vous avez sûrement mis votre tête sous votre t-shirt pour ne pas voir tout le sang et les boyaux se déversant dans Urgences. Un de vos parents vous a forcément dit, un jour de samedi pluvieux où vous restiez scotchés devant les rediffusions des Filles d’à côté, que vous finiriez par avoir les yeux carrés et le cerveaux en bouilli. Ce qu’ils n’avaient pas prévu en revanche, c’est qu’il pouvait vous arriver quelque chose de pire : devenir sériephile, voir sérievore, et que même une fois adulte, vous aurez besoin de votre dose quotidienne de feuilleton.

Mais l’heure de la revanche a sonné, chers amis ! Il est maintenant temps de remettre les choses à leur place, et d’arrêter d’avoir honte de regarder pour la 3e fois l’intégral de Scrubs. Il faut surtout se convaincre d’une chose : il est certes bien de regarder des bonnes séries, mais il peut être utile d’en regarder également des mauvaises. Car c’est un fait avéré : beaucoup de séries ont des petits coups de mous et deviennent parfois carrément insupportables, au bout de quelques saisons. L’exemple qui me vient en tête est Glee. Cela fait depuis, disons, le milieu de la saison 2, que je me force à chaque fois à appuyer sur lecture pour découvrir les dernières (mauvaises) trouvailles des scénaristes. L’espoir fait souvent vivre, lorsqu’une de nos séries du moment perd de la vitesse et va dans le mur. On se dit : peut-être, cette fois-ci… Mais pourquoi s’accrocher comme ça, alors qu’on sait que la fraicheur du concept s’est évaporé et que le niveau ne remontera probablement jamais ?

Plusieurs raisons me viennent à l’esprit. Tout d’abord, une mauvaise série peut faire un agréable fond sonore lorsque vous faites la vaisselle ou le repassage et qu’à court de bonnes musiques, vous ne supportez plus ce qui passe à la radio. Cela occupe également quand toutes les bonnes séries sont en pause (ce qui soit dit en passant est rare : il y a toujours une vieille bonne série à découvrir). De plus, regarder une série devenue ridicule permet de s’adonner à un penchant bel et bien présent dans l’esprit humain sans en ressentir aucune culpabilité : la moquerie. Plutôt que de s’énerver sur les vrais humains autour de vous, déverser sa bile sur des personnages de fiction ne fait jamais de mal à personne (sauf peut-être aux fans et scénaristes de cette même série, mais ça, c’est à vous d’être un peu discret! ). Enfin, cela exerce aussi votre esprit critique : en repérant ce qui ne fonctionne pas dans les mauvaises séries, on se régale encore mieux de ce qui roule dans les bonnes. Ainsi, il ne faut plus avoir peur de crier haut et fort que oui, parfois, les soirs d’insomnies et de tristesse, vous vous laissez aller à revoir un épisode de Melrose Place, vous vous laissez bercer par la voix  ténébreuse du démon Cole de Charmed qui repasse encore sur la TNT et que, non repu de Julian McMahon, vous fouillez votre disque dur pour revivre avec nostalgie la grande époque de Nip/Tuck avant que ça ne devienne n’importe quoi.

Bon, bien sûr, on sait tous que très vite, de nouvelles superbes séries viennent dévorer le peu de temps que l’on a pour ce hobby un peu particulier, mais il est important de parfois oser des entorses et se taper un bon épisode de série « nanar », comme on aime voir un film tout pourri qui vide l’esprit et vous donne l’impression d’y connaitre un peu quelque chose. Allez, vous pouvez me le dire, maintenant : c’est laquelle, votre mauvaise série que vous regarder en cachette ?

Publicités

Un commentaire sur « De l’intérêt de regarder des (parfois mauvaises) séries »

  1. Nip/Tuck est en effet un très bon exemple. Sur les dernières saisons, j’y regardais encore, mais juste pour voir quelle idée de scénario totalament barge ils nous avaient pondu. Quel nain unijambiste aller coucher avec qui puis se faire assassiner trois épisodes plus tard, etc. C’est le genre de progression dans le n’importe quoi qui fait qu’on peut être fier d’avoir tenu jusqu’au bout de la série !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s