Cosmospolis

Je me suis rendue compte très récemment que j’avais aimé tous les derniers films de David Cronenberg. A Dangerous Method, Les Promesse de l’Ombre… Différents dans les histoires mais similaires dans les thèmes. J’attendais donc avec une certaine impatience le film qu’il est venu présenter au Festival de Cannes, Cosmopolis. Ai-je été déçue ?

En voyant la bande-annonce, je n’ai pas trop compris de quoi ce film parlait. Adaptation d’un roman de Don Delillo, on savait qu’il y avait Robert Pattinson, et des gens brandissant des rats. C’est intriguant, mais ça ne fait pas un film… en théorie. En pratique, ça fait un film inhabituel, étrange, bizarre, mais assez profond. En fait, le film raconte une journée de la vie d’un personnage puissant et riche, très puissant et très riche, passant son temps dans une limousine blindée à essayer d’éviter une menace floue, à essayer de deviner le futur de la bourse et à faire moultes détours pour une coupe de cheveux. Cet homme est l’incarnation du système capitaliste absurde et déconnecté, portant la peur de sa propre mort, personnage surfait d’argent et de besoin de possession. Il est incarné par le verbe, car il faut savoir que c’est un film où l’on parle, huit clos se déroulant dans la limousine qui sillonne les rues de NYC. C’est un dispositif obscure,  Mais au-delà du verbe, on peut sentir une véritable volonté d’un discours, d’un propos de fond. Pour l’anecdote, Cronenberg a repris les dialogues du livre mot pour mot. De là à dire que les personnages du bluffant Pattinson et de son « ennemi » représentent l’occident à eux seul, il n’y a qu’un pas…

Mais ne nous leurrons pas : au vue du nombre de personnes qui ont quitté la salle durant la projection (au moins un quart !), il est sûr que ce film est bien trop bavard, surtout à la fin qui est, à mon sens, assez raté : on réussit à s’accrocher et à trouver cela fascinant puis soudain, on décroche, ça s’étire en longueur et on finit par s’ennuyer, ce qui est franchement dommage. C’est assez terrible, d’ailleurs, ce sentiment de longueur qui pourtant n’arrive qu’au trois quart du film. Mais si vous avez envie de voir quelque chose de différent, de fascinant, de compliqué aussi, alors n’hésitez pas.

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2 commentaires sur « Cosmospolis »

  1. Je n’ai pu en voir qu’un tiers au boulot, mais ça ne m’a pas parlé. Différent c’est sur, mais effectivement bavard et complexe. Pour ma part je trouve que Pattinson joue comme un pied (ou ne joue pas ?), mais c’est sûrement un peu le personnage qui veut ça. Donc ça ne m’a pas parlé, mais j’aimerais bien le voir en entier, par curiosité… J’en aurai surement pas l’occasion malheureusement.

  2. Marrant moi c’est justement la fin que j’ai adoré, avec toute la scène de Paul Giamatti, tout simplement brillant. Mais tu as raison, Cosmopolis est compliqué à aimer. C’est un film qui se mérite je trouve, il est foisonnant, fascinant et… parfois irritant.

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