Jane Eyre

Les soeurs Brontë, tout comme Jane Austen, ne pensaient sûrement pas que leurs romans, figures du romantisme anglais par excellence, seraient tant de fois adaptés au cinéma et à la télévision. Pourtant, c’est bien environ la quarantième adaptation de Jane Eyre dans laquelle s’est lancé le réalisateur Cary Fugunaga (Sin Nombre). Peut-on faire la différence, quand on se colle a une histoire que tout le monde connait par coeur?

Avec sa scénariste Moira Buffini (qui a adapté Tamara Drew), Fugunaga a fait le choix de la fidélité pour ce film, en se concentrant sur le personnage de Jane Eyre, sur son air en apparence réservé sous lequel brûle une passion naissante pour M. Rochester, le châtelain du domaine où Jane est perceptrice. On sent que le réalisateur a voulu mettre en avant un certain féminisme avant l’heure, une nécessaire liberté et égalité avec les hommes. Pour se faire, on est tout de suite plongé dans l’atmosphère lugubre et très anglaise des histoires de cette époque : des landes embrumées à perte de vue, des maisons isolés, des manoirs sombres et hantés.  Les costumes, les décors, tout est très fidèle, d’un académisme presque trop attendu et trop lisse, mais tout à fait adapté.

Le point fort de ce film est sans aucun doute son casting… ou presque. Jane est incarnée avec brio par Mia Wasikowska (la Alice de Burton) qui, beaucoup mieux à mon goût que Charlotte Gainsbourg, réussi à rendre le regard que l’on aime prêter à l’héroïne, celui du feu sous la glace. J’ai été impressionnée par Sally Hawkins, extra en marâtre, ou encore Jamie Bell ou Judi Dench. Le seul qui pêche un est celui qu’on pensait qu’il serait pourtant parfait : Fassbender ne donne pas assez de profondeur à son Rochester. Rochester, c’est un peu comme Darcy : ce n’est pas un rôle à prendre à la légère tellement il est culte, et il est surtout censé faire vibrer toutes les femmes. Si Fassbender a le physique adéquat pour cette mission, il manque  à son interprétation un petit quelque chose, de l’ambiguïté, de la profondeur, autre chose que cette tristesse constante et ce premier degré un peu dommage, qui fait qu’on se demande parfois pourquoi Jane Eyre s’accroche. Du coup, le film ne se démarque pas autant qu’on l’aurait voulu, mais reste à la hauteur de ce qu’on peut attendre d’une bonne adaptation classique.

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