House of Cards

La frontière entre le monde de la fiction au cinéma et à la télévision semble vouloir s’atténuer. De grands réalisateurs américains se sont dernièrement essayés au pilot de série : Scorsese avec Boardwalk Empire, Gus Van Sant avec Boss. C’est au tour du grand David Fincher (Seven, Fight Club, The Social Network, Millenium) de réaliser une saison entière de la première fiction de la société de VOD Netflix.

Écrite par Beau Willimon, cette série est l’adaptation d’une mini-série de la BBC de 1990. House Of Cards se déroule à Washington, dans les couloirs de la politique américaine, qu’il vaut mieux bien maitriser pour comprendre les enjeux et les drames qui s’y déroulent. Et quels enjeux !  Franck Underwood (Kevin Spacey), un membre du Congrès  très puissant, croit que le président fraichement réélu va le nommer au prestigieux poste de secrétaire d’État (ministre des affaires étrangères chez nous). Mais le président n’honore pas sa promesse, et Underwood décide alors de tout faire pour reconquérir le terrain perdu en influant en sous-main sur la politique du gouvernement, et éliminer ses adversaires un par un en jouant avec eux. Nous voilà alors plongé dans un monde politique cynique et noir, avec un arrière goût de triller, porté par l’égo blessé d’un homme. Des intrigues shakespearienne très bien menées et transformées par la réalisation de Fincher.

House of Cards était surtout attendue pour le style Fincher, et elle est largement à la hauteur. Que ce soit dans le traitement de la psychologie des personnages ou dans les choix de cadre et de rythme, c’est une série à part que le réalisateur nous présente. Il captive en évitant les gros plans habituels, en se concentrant sur le mouvement et sur les adresses face caméra de son personnage principale. Car c’est par la mise en scène qu’il nous montre comment fonctionne ses personnages, comment ils pensent, ce qu’ils planifient. Bien sûr, le casting se révèle très juste et très fort : Robin Wright en femme d’homme de pouvoir est froide et flippante, Kate Mara (soeur de Rooney) énervante comme il faut. Certes, il y a justement un côté un peu froid et mécanique qui pourront peu-être en rebuté quelques-uns, mais on ne s’ennuie pas une seconde pour autant, tant on est impressionné. Une série qui marquera sans doute l’histoire sériphile.

Il faut enfin savoir que la seconde petite révolution de House of Cards vient de son mode de diffusion. En effet, elle n’a pas été classiquement diffusé au rythme d’un épisode par semaine sur une chaîne télé : c’est Netflix, fournisseur à la demande de contenus sur internet en streaming (VOD payante) qui a mis en ligne les treize épisodes de la première saison d’un coup. On peut alors acheter tout et les regarder à son rythme, une première. La série sera diffusée en France sur Canal+.

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