Les fautes, c’est incurable

Aujourd’hui, j’ai décidé de faire tomber le voile. En ce temps où l’honnêteté n’est pas à son heure de gloire, où l’on se cache derrière des mensonges dorés, j’ai pensé qu’il fallait mettre carte sur table et vous avouer, chers lecteurs, un de mes plus sombres secrets dont je suis sûre vous vous êtes aperçus depuis longtemps. Voilà : je suis atteinte d’une maladie grave. Pas mortelle, mais incurable, et qui peut causer ma perte. Cette maladie, c’est la faute d’orthographe.

Toute petite, déjà, ces symptômes se faisaient ressentir sur mes copies de dictées. Des marques rouges à la fin de mes verbes, de « s » rajoutés ostensiblement à la fin de mes adjectifs. Pour y remédier, on m’a fait des piqures de rappels de conjugaison, règles d’accords et participe passé. On m’a administré un traitement de choc de copies de passages de livres, mise sous haute dose de relecture obligatoire de ma moindre ligne. Si les différents essais de me débarrasser de ces inattentions chroniques ont eu leur période d’efficacité, il ne faut jamais bien longtemps avant que les mauvaises habitudes reviennent au galop. Un an de pratique de l’anglais intensif a fait des ravages dont les séquelles se font encore régulièrement sentir. Enfin, le temps s’accélère lorsque l’on est adulte, la masse de tâches à accomplir en une seule journée également, la concentration et la relecture pèchent alors de trop.

Belles excuses, vous allez me dire, ce genre de maladie, c’est psychologique, c’est dans la tête : un peu de bonne volonté et il n’y a pas de raison de continuer à être si promptement atteinte. Mais si vous croyiez que je le fais exprès, vous vous trompez : je n’ai certes pas la rigueur du traitement quotidien, mais si vous saviez quelle embarras on ressent chaque fois qu’on nous reproche de faire trop de fautes d’orthographe! Arrivé à l’âge adulte, on se retrouve sermonné comme un enfant et notre orgueil en prend chaque fois un coup. C’est un peu comme faire pipi au lit : il y a un âge où c’est indécent. Alors pardonnez-moi, s’il m’arrive de manquer quelques pluriels, de me tromper d’accent : je n’ai pas abandonné toute lutte contre la maladie, il y a juste des jours où c’est un peu plus difficile que d’autres. Je vais continuer à me battre, mais j’ai peur que la guérison complète n’arrivera jamais… qu’importe : j’ose espérer qu’à la longue, cela fera (un peu) partie du charme de mes écrits.

faute-orthographe-grammaire

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