Effets Secondaires

Steven Soderbergh a décidé de ne plus faire de film pour le grand écran. Réalisateur prolifique, il a décidé de prendre sa retraite d’un système qui l’agace. Pour dernier film, il a choisi de tourner Effets Secondaires, un thriller autour des laboratoires pharmaceutiques écrit par son scénariste Scott Z. Burn. Choix inattendu, loin d’un film testament, c’est sans vraiment d’étincelle mais avec efficacité qu’il dit au revoir.

Une jeune femme (Rooney Mara) souffre de dépression. Lorsque son mari sort de prison, les symptômes s’aggravent. Le psy qui commence à la suivre (Jude Law) lui prescrit médicaments sur médicaments… alors qu’une nouvelle pilule anti-dépresseur arrive sur le marché. Seulement, dans ses effets secondaires se trouve le somnambulisme. Une nuit, la jeune femme, prise d’une crise d’hébétude totale, poignarde son mari. C’est à ce moment que le film bascule du tragique au thriller et que Soderbergh fait monter la sauce. Comment le psy va s’en sortir, car après tout, n’est-il pas le responsable de la prescription ? Qui manipule qui dans tout ça ? Si on se laisse bien prendre par l’histoire et l’ambiance du film, la fin laisse un arrière-goût de facilité peu crédible, comme si on s’y attendait et surtout la façon dont la conspiration est démontée nous est racontée de façon lourde : n’ avait-il pas d’autres choses à explorer plutôt qu’un retournement loin de  tout ce qui a été installé avant ?

Dommage, car la réalisation est belle, les plans de New-York nous sortent des habitudes et on sent que Soderbergh se plait à filmer Rooney Mara, la seule avec qui il n’ai jamais travaillé et qui sonne très juste. Jude Law s’en sort très bien, son personnage est finalement le plus attachant, mais le reste du casting ne semble pas intéresser le réalisateur (surtout C. Zeta-Jones, délaissée avec un personnage peu croyable).  Au final, on a un film assez appréciable qui fonctionne mais avec des hauts et des bas, qui donne une impression trop alambiquée pour en faire un film inoubliable. Mais Soderbergh en a fait assez pour qu’on lui pardonne.

jude-law-et-rooney-mara

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