Jersey Boys VS Zero Theorem

Quelle drôle d’idée de faire une note comparative entre deux films qui, a priori, n’ont rien à voir l’un avec l’autre ! D’un côté, Jersey Boys, dernier film de Clint Eastwood, raconte le parcours du groupe bien connu aux Etats-Unis, the Four Seasons, et de son leader Frankie Valli. De l’autre, Zero Theorem, dernier film de Terry Gilliam, qui plonge dans une société décalée et délirante pour raconter le parcours d’un homme à part, Qohen Leth, qui cherche sa place dans l’univers… non, vous ne voyez toujours pas le lien ? Mais si, regardez bien : il s’agit de deux longs-métrages réalisés par des hommes aux carrières bien établies, par des réalisateurs qui ont déjà bien connu leurs heures de gloire… ça y est, vous voyez où je veux en venir !

Clint, 84 ans, et Terry, 73 ans, l’un hyper américain, l’autre oh so British (même si, en fait, il est américain aussi), font des films qui leur ressemblent. Avec Jersey Boys, on retrouve le goût de Eastwood pour les drames, les fresques, les mélos cette fois musicaux, avec un parti pris un peu étrange (et à mon goût dérangeant) de discours face caméra des personnages. Bien qu’on passe un bon moment devant le film assez entrainant et bien rythmé, nous apprenant qui plus est les histoires de chansons dont on ne connait que les reprises, on en peut s’empêcher de trouver le tout un peu fade. Le plus embêtant reste cependant une scène coupée du montage de la version diffusée dans nos salles, pourtant scène clé du film, la fameuse scène sous le lampadaire auquel les personnages font allusions après… je ne l’ai pas vu, et je suis sûre de ne pas m’être endormie ! Il s’agit peut-être là d’un problème de culture, aussi : le film parle certainement plus à des américains qu’à des européens… on est loin de la finesse de Gran Torino.

Le problème se pose aussi chez Gilliam. Lorsque le film commence, on reconnait tout de suite un style, un film dont on sait qu’il va être bizarre, se déroulant dans un décor hyper stylisé, dans un monde poussé à l’extrême et à l’absurde, régie par une entité qui voit tout, dont un homme cherche la clé… ça vous rappel Brazil ? C’est normal : le cinéaste nous a fait la version 2.0, avec moins de puissance. Pourtant tout y et : la philosophie sur la place de l’homme dans l’univers et la force de l’inconscient, le Londres futuriste hyper contrôlé. Il y a une histoire, aussi, qui aussi bizarre qu’elle puisse être, se tient, un parcours d’un personnage qui évolue, qui trouve la force de se libérer de ses chaînes, bref, de reprendre le contrôle. Mais enfin, si le film passe assez bien, là encore, rien de très révolutionnaire, juste d’aussi étrange que d’habitude… on est loin de l’effet Brazil. Comme quoi, les films des vieux réalisateurs passent et se ressemblent tous un peu, parfois. Ils ne sont pas mauvais, loin de là, le savoir-faire et encore là, mais on ne ressort plus aussi transporté qu’avant. Il ne me reste plus qu’à voir le dernier Ken Loach et je serai fixée…

Zero-Theorem-Waltz

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2 commentaires sur « Jersey Boys VS Zero Theorem »

  1. Je suis d’accord avec ton analyse de Jersey boys, j’ai moi aussi été déçu par le film et me suis quelque peu ennuyé, heureusement que les chansons entrâinantes sont là.

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