Archives des nuages (saga 1) épisode 1

Vous avez été quelques uns à répondre à mon appel, merci ! En effet, j’ai fait appel à votre imagination chers lecteurs pour me donner des pistes d’idées pour commencer cette première saga. On m’a parlé, en vrac, de Front Populaire, de tortues volantes, de comédienne flic, d’une peinte voyageur dans le temps, de l’invention d’un vélo avec une roue géante,… toutes de bonnes idées. Que j’ai décidé d’intégrer, d’une manière où d’une autre, à ce récit.  Comment ? vous allez voir…

Mais d’abord, un titre. Cette Saga un s’intitule  Archives des nuages

Épisode 1 – De vous à moi

De vous à moi, je n’aurai avoué pour rien au monde que j’étais morte de trouille. Vous savez, on s’imagine toujours qu’on pourrait avoir une vie tellement plus passionnante, tellement plus facile, tellement plus cool. Puis quand on se retrouve à devoir se bouger les fesses, à devoir se mêler à la foule et avancer, une petite voix intérieur se demande qu’est-ce qui a bien pu nous prendre de vouloir tourner notre imagination en réalité. Parce qu’en réalité, tout ce qui est passionnant n’est ni facile, ni cool : c’est effrayant. Pas question de faire demi-tour pour autant. Les portes de la salle vont s’ouvrir, l’exposition est prête, tout est réglé au millimètre. Une grande inspiration et un dernier coup d’œil autour de moi. Mes peintures, qui dans un sursaut me paraissent banales et enfantines, baignent dans une douce lumière, se détachant des murs en pierre du lieu. Quel drôle d’idée, cette exposition dans cette ancienne église. Les tortues volantes de mes rêves grimpant au mur jusqu’aux vitraux, comme pour plonger dans un océan coloré et se perdre dans la vie des saints qui y sont représentés. Pierre m’appelle de l’autre côté du chœur.

– On y va ?

Je ne peux que rapidement hocher la tête. Si ça se trouve, personne ne viendra. D’ailleurs, quand Pierre ouvre les deux grandes portes en bois, rien ne vient ombrager le dernier rayon d’un soleil orangé d’automne qui inonde le parvis. La déception vient me piquer le cœur. Les paparazzis et critiques d’art ne se pressent pas. Pas faute d’avoir annoncer l’expo sur tous les réseaux sociaux, d’avoir inviter famille et collègues à ce vernissage. Où sont les 350 personnes qui ont accepter l’évènement sur facebook ? Je meurs d’envie de vérifier si le monde n’a pas disparu entre temps, mais Pierre m’a confisqué mon téléphone. Pour ne pas que je tourne chèvre, m’a-t-il dit. Je sais qu’il a raison, mais là, je le déteste un peu. Il est où, d’ailleurs ? Je m’approche de la porte, jetant un œil rapide sur les livrets immobiles sur la table de l’accueil.  » EXPOSITION : ARCHIVES DES NUAGES, par MARCY M. » Je soupire. Je suis vraiment trop bête. Je ne vais pas non plus attendre les gens devant la porte, je vais leur faire peur. Alors je refais le tour de la salle, encore, m’éloignant vers le fond, là où il n’y a plus de peinture.  Je baisse les yeux devant les étranges figures qui, du haut de leur chapiteau de pierre, semblent rire de ma situation. Un petit frisson me parcoure quand je passe devant l’entrée de la crypte. La grille, d’habitude fermée, est légèrement entrouverte. Une lueur brille en bas des quelques marches. Est-ce que Pierre a mis une peinture, en bas ? Je regarde autour de moi, m’apprêtant à pousser la grille, quand mon nom résonne.

– Marcy ? Ils arrivent !

J’hésite quelques instants. Deux personnes entrent dans l’église, accompagnées de Pierre qui leur tend un livret. Leur montre la première peinture. Ce sont deux voisins, un couple de petits vieux qui ont rodés autour de l’église tous les jours lorsque nous préparions l’expo. Ils ont l’air gentils, mais ne sont probablement là que pour voir si je suis quelqu’un de connu. Ils vont être aussi déçus que moi. Je m’approche de Pierre.

– Tu as  mis quelque chose dans la crypte ?

– Ben non, on n’a pas le droit d’y aller tu sais bien, c’était la condition. De toute façon, ils m’ont dit qu’ils avaient perdu la clé. J’te jure, entre ça et devoir fermer l’expo les dimanches, ils nous ont pas facilité la tâche, mais le lieux vaut le coup, non ?

– Si, si, et merci encore pour le bon plan.

– Les gens vont venir, ne t’inquiète pas.

Je ne peux que lui répondre par un coup d’œil triste. Mais une autre personne arrive, puis encore une autre. Une amie, un collègue, ma tante. Ouf. Je vais les saluer, leurs sourires me font chaud au cœur. Mais je n’arrive pas à m’ôter cette histoire de crypte de la tête. J’ai envie d’aller vérifier, mais voilà que de plus en plus monde arrive. Pas de quoi faire salle comble, mais de quoi me rassurer d’une part, et me tenir éloignée de la grille de la crypte d’autre part. Il va falloir attendre la fin de la soirée pour tirer cette histoire au clair…

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