Répétition.

En cette année 2016, j’ai envie de vous proposer une petite nouveauté sur ce blog : une fois par mois, je vais poster un petit texte, une mini-nouvelle. Ces textes seront écrits dans le cadre du développement d’un de mes scénarios – sans que vous ne sachiez lequel, pour l’instant ! J’espère que ça vous plaira !

Il ne regardait même pas ses doigts. Il ne tapait même pas le rythme avec son pied. Heureusement que les danseurs, en combinaisons rouges et noirs, connaissaient l’enchaînement par cœur. Après tout, cela faisait au moins la dixième fois qu’ils répétaient le morceaux, traversant la scène avec des sauts joyeux et des portés gracieux. A ce rythme là, Paul le jouerait dans son sommeil. Il s’exécutait de manière tellement automatique que Laura était persuadée qu’il était dans la lune. Il ne faisait jamais vraiment attention à ce qui se passait autour de lui, d’ailleurs. Il lui jetait bien quelques regards de temps en temps, mais elle s’efforçait de l’ignorer. Elle fouillait sa mémoire pour trouver des histoires à retranscrire dans son journal intime, pour ne pas avoir à lever le nez de son cahier pour regarder la scène. Le piano noir s’y fondait comme une panthère dans la nuit. Le t-shirt blanc de Paul, assis sur son tabouret derrière l’instrument, brillait de contraste. Il releva les yeux et croisa le regard de Laura. Elle se força à le soutenir quelques instants avant de baisser les yeux sur son journal et de se remettre à écrire, comme si elle ne le voyait pas vraiment, comme si elle ne faisait que réfléchir. Mais elle sentait le poids de ses yeux, toujours là. La musique se finit. Son père, assis sur un fauteuil non loin d’elle, se redressa. « Allez, une dernière fois ! » lança-t-il pour la dixième fois. Elle leva les yeux au ciel et le maudit silencieusement. Paul recommença à jouer avec un petit sourire mesquin sur les lèvres. Non, décidément, il avait décidé de faire tourner Laura en bourrique, et elle était bien décidé à se venger.

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Happy New Year 2016 !

Chers lecteurs, quoi que l’on ai pensé de 2015, il est temps d’avancer, d’aller de l’avant ! Alors je vous souhaite une très bonne année 2016 à tous, avec quelques mots de Jacques Brel. Enjoy !

« Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier. Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille. Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable. »

Voeux 2016

It’s time to put your ho ho ho on !

Nous n’aurons peut-être pas beaucoup, voir du tout de neige à Noël, mais cela ne m’empêchera pas d’aller faire un petit tour à la campagne !

Alors pour ces quelques jours de 2015 qu’il nous reste, chers lecteurs, faîtes le pleins de séries au coin du feu, riez avec les gens que vous aimez, diffusez toute la chaleur et l’amour que vous pouvez. Allez, on se revoit en 2016 !

Très joyeuses fêtes à tous !

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1, 2, 3… SOLEIL

Comme il y a les beaux petits films d’auteurs qui vous surprennent, il existe aussi les belles petites pièces de théâtre qui vous émeuvent. C’est le cas de la pièce Un, deux, trois… Soleil jouée en ce moment au théâtre du Ranelagh.

Claire (Delphine Depardieu, nièce de, tout en justesse) a décidé de fuir, il y a 12 ans, sa famille. Aujourd’hui, parce qu’elle n’en peut plus et qu’elle doit affronter son passer, Claire revient dans le village du nord qui l’a vu grandir, auprès de son père, sa sœur et son frère. Ce retour de la « grande » est l’occasion de faire face aux souvenirs d’enfance, aux rancœurs de sa sœur Marie, à la joie de son frère Julien, au mutisme de son père, aux non-dits devenus trop lourds à porter… car c’est bien de cela qu’il s’agit : de briser le silence, d’arriver, au fur et à mesure qu’on s’apprivoise à nouveau, de briser tous les tabous. Pas de chichi, pas de grandes phrases. Ici, les gens sont simples et réagissent avec le cœur. Son écriture sonne juste. L’auteur, Christelle Georges, nous embarque mine de rien au cœur des relations familiales, avec douceur. On en ressort à la fois triste de comprendre ce qu’on du traverser les personnages, mais heureux qu’ils se soient enfin retrouvés. N’hésitez pas à aller verser votre petite larme au Ranelagh, jusqu’à fin novembre !

La mise en scène est signée Michel Voletti, assisté de Valérie Rojan. Avec : Delphine Depardieu, Jérémie Duvall, Marie Tirmont & MichelVoletti.Lumières : Jacques Rouveyrollis assisté de Jessica Duclos. Décors : Isabelle Georges

Plus d’info : http://www.theatre-ranelagh.com/fr/saison-2015-2016/theatre/1-2-3-soleil

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Les Faux British

On a toujours tous un peu peur du théâtre amateur. Les comédiens qui se prennent pour des grands, le côté un peu cheap,… Mais lorsque tout ceci est tourné en dérision dans une véritable pièce de théâtre de boulevard, on arrive à un plaisant divertissement comme Les Faux British.

Le théâtre n’est pas que pour les intellectuels, c’est avant tout un lieux pour rire, un moment pour se changer joyeusement les idées, et c’est ce que nous rappelle Les Faux British. Sans prétention, avec un humour de situation qui fait parfois mouche (mais pas toujours), nous regardons avec plaisir des comédiens amateurs (qui, en vraie, ne le sont donc pas) exécuter laborieusement une pièce anglaise, entre mauvais jeux, décor qui tombe en pièce, oublie de texte, aléa du direct… Sans arriver au niveau de l’excellent Thé à la menthe ou t’es citron, on ressort de la pièce avec le sourire, si bien sûr on y comprend quelque chose au second degrés !

C’est au théâtre Tristan Bernard jusqu’au 2  janvier 2016.

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California Love

On croit connaître un pays. Parce qu’on a déjà voyagé dans une de ses régions, parce que les locaux nous ressemblent, parce qu’on est abreuvé au quotidien de leur culture…. ainsi, qui n’a jamais rêvé de faire le cliché du road-trip, se lancer sur la route 66, en décapotable de préférence, pour traverser les immenses espaces que regroupent les Etats-Unis, du nord au sud, de l’est à l’ouest ?

Quand on voyage dans un pays exotique, on est ouvert, on sait que ça va être différent, on cherche à comprendre, on s’adapte et on vibre. Mais ce séjour sur la côte ouest américaine nous a démontré que les apparences sont trompeuses, en Californie, à bien des niveaux… Dans un état où la superficialité fait légion, qu’elle soit hollywoodienne ou dans les néons des casinos de Las Vegas.

La Californie, on la connait sans la voir. Dans les chansons, les films, les séries, les photos du National Geographique. Mais rien ne prépare vraiment au nombre de belles voitures et de bling-bling côtoyant les sdf et autres junkies dormant sur les trottoirs. Rien ne vous prépare non plus à tant de sourires, de hello-how-are-you, de déférence pour soudain se retrouver face à un dealer de drogue d’un cartel mexicain s’étant trompé de chambre de motel, ni à un homme qui devient hyper violent dès qu’on lui demande gentiment de se calmer. Rien ne vous prépare au culte du sport et du corps alors que la télé diffuse sans cesse des pubs pour les fast food que vous pouvez trouver tous les 100 mètres.

Pourtant, quand on se retrouve face aux immenses espaces, aux décors magnifiques, à la chaleur qui vous coupe le souffle, aux longues heures de route, il ne s’agit plus de vivre dans un monde imaginé mais d’être, au présent, dans un des états des USA les plus  riches en paysages extraordinaires. Alors on oublie tout, et on se croit aussi un peu au cinéma. Car c’est ça, qu’on connait, nos repères, pas du tout le culte de l’argent qui nous entoure. Et remettre les compteurs à zéro pour se rendre compte à quel point les américains sont différents de ce qu’on imagine, et comme il faut être ouvert pour découvrir une culture biaisée par les images. C’est alors qu’on peut faire un magnifique voyage !

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It’s summer holidays time !

Il y a des choses sacrées dans nos habitudes. Pour moi et mon +1, notre voyage d’été à l’autre bout du monde en fait parti. Ceux qui me suivent depuis longtemps savent qu’au mois d’août, me trouver est compliqué, car je fais une cure de désintox digitale forcée par des frontières bien réelles.

Cette année encore, et dés demain, je m’envole pour loin ! Le blog se met donc en pause le temps d’un voyage… Où donc, vous vous demandez ?… réponse le 1e septembre, dans ma note de rentrée !

D’ici là, profitez bien de l’été ! Et ne regardez pas trop de séries… 😉

 

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News pro estivales

Je sais, cher lecteur, que tu as remarqué, un beau matin, l’air de rien, que je postais beaucoup moins de notes sur mon blog ces derniers temps. Mais j’ai une bonne raison ! Elle est toute simple, et néanmoins joyeuse : j’ai du travail ! Si, si, je t’assure, du vrai travail de scénariste, payée à écrire des histoires, en avançant dans le processus semée d’embuche d’aboutissements des projets,…

Par exemple, sais-tu que Edith et Henry, un petit court-métrage que j’ai écris lors du Marathon du court-métrage du Festival des Scénaristes de Valence et qui est produit par TopShot Films, vient d’obtenir l’aide à la production de la Région Bretagne ?

Et c’est parmi pleins d’autres projets qui bougent, des séries télés qui sont optionnées ou entre en développement chez des chaines, des webséries en financement qui vont être trop cool, de nouvelles co-écritures, toujours avide de nouveaux projets, des abeilles qui butinent, des pirates qui traversent la Manche…

Car non contente de faire doucement mon petit trou parisien, je compte commencer à semer quelques graines à Londres à la rentrée… d’ailleurs, je suis preneuse de tout contact, hein !

Aussi, je me sépare de mon agence, Agent Agitateur. Je suis donc temporairement sans agent, la situation ne devrait pas durer longtemps mais, en attendant, vous savez où me trouver !

Bon, tout ça c’est bien beau, mais j’en entends certaines dire : ça veut dire quoi ? elle va plus faire de blog ? où est-ce qu’on va trouver des avis sur les séries et les films, nous ? Rembourser ! Mais non, pas de panique : ce blog ne va pas bouger et continuer son petit bout de chemin, alors avec certes un peu moins d’assiduité, surtout maintenant que l’été arrive, mais restez, je vous en pris, de sympathiques choses arrivent… alors, Stay Tuned pour de nouvelles aventures !

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Soeurs

Une nouvelle œuvre de Wajdi Mouawad, c’est toujours la promesse de ressentir au plus profond de soi la peine, la douleur, la beauté et le pardon. Sa trilogie Littoral, Incendies et Forêts traitaient l’indicible avec une humanité poignante. Son premier roman, Anima, est une oeuvre unique, dure et époustouflante. C’est avec une nouvelle série qu’il revient : après Seuls, c’est Soeurs qui nous plonge encore une fois au cœur des thèmes récurrents de l’artiste.

Geneviève Bergeron est médiatrice. Les conflits, ça la connait. Alors qu’elle va donner une conférence à Ottawa, elle se fait prendre dans une tempête de neige et doit rester à l’hôtel. Mais, cette nui-là, elle va découvrir qu’elle est au bout du rouleau, que la coupe est pleine et qu’il est temps de régler les secrets et non-dit qui la pèse… et elle sera sauvée par une autre femme. Depuis quelques temps, la question des indiens natifs et de la façon dont le gouvernement canadien a traité leurs enfants parcourt l’oeuvre de Mouawad, se mêlant à l’histoire du Liban, s’inscrivant encore et toujours dans la question du lignage et de la généalogie. Nous portons tous le poids des horreurs qu’ont vécu nos parents, nous génération épargnée de trop de conflits. Comment alors faire avec les colères, les haines, les non-dits, les remords qui nous tombe dessus ? Soeurs remue encore et toujours ses questions, de manière peut-être un peu moins forte et prenante que dans d’autres oeuvres de Mouawad mais avec autant d’efficacité, et une mise en scène innovante, portée par la superbe performance d’Annick Bergeron, actrice que connait bien Mouawad. Un nouveau pari gagnant, et l’envie de vivre et de ressentir, toujours.

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Festival des Scénaristes de Valence, 4e !

Le Festival International des Scénaristes de Valence devient dans le petit monde du scénario un évènement dont tout le monde est friand. Pendant 4 jours, du 8 au 12 avril, les scénaristes mais aussi réalisateurs, producteurs,… se retrouvent dans la Drôme pour parler dramaturgie et autres joyeusetés du métier. Mais pas que !

Cette année, en plus de participer au Workshop du Magic Web Labo avec le projet de websérie transmedia co-écrit avec Alban Ravassard Altilaneus, je fais également des interventions dans les écoles, collèges et lycées du département dans le cadre de l’atelier Tout est Langage. Mais il y aura aussi mes copains des Indélébiles un peu partout (l’atelier réparation, le cadavre exquis,…) et pleins de Séquences7iens à l’espace bleu et dans les différent ateliers du Festival. Pleins de beau monde !

Cependant, le Festival va prendre beaucoup de mon temps dans les deux semaines à venir (sans compter les festivités pascales!)… du coup, My Pen My Friend prend des petites vacances !  Rendez-vous le 13 avril !

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