Sense8

Nous sommes tous reliés les uns aux autres, que nous le voulions ou non. Influencés par ce que les autres disent, aiment, ressentent, leurs émotions, leurs sensibilités, leurs goûts, leurs touchés… Cette connexion, Lana et Andy Wachowski l’ont poussé à l’extrême dans leur première série, Sense8, diffusé sur Netflix. Et ils ne font pas les choses à moitié…

8 personnes différentes un peu partout dans le monde. Tous jeunes, beaux, mais différents : une DJ islandaise à Londres, un chauffeur de bus Kenyan, une businesswoman au japon,… gay, bi, tradi, voleur, gentils, méchants (mais pas trop quand même), ces huit personnages se réveillent un jour un peu différents, sous le coup d’une vision, celle d’une grande femme blonde. Ils ignorent encore qu’ils viennent de se fondre l’un dans l’autre, de se connecter à une nouvelle échelle, une nouvelle dimension. En voilà, un sujet de série foisonnant, un peu fou, voire même délirant ! Pourtant, c’est dans la lignée du cinéma des Wachowski, qui avaient abordé ces thèmes dans Cloud Atlas. Ici, ils ont 12 épisodes pour dérouler les fils, et prennent leur temps : il faut installer tous les personnages, qui ils sont, leur problématique, tout en les mêlant l’un à l’autre. Le résultat est de très bonne facture. Outre le côté technique brillant (casting, réalisation,…), c’est surtout du super divertissement. Ça part dans tous les sens mais on s’en fiche, on aime un personnage, puis l’autre, on s’attache, on a envie de savoir, bien que certains parcours ne soient pas des plus originaux et que les questions humaines, politiques ou philosophiques peuvent paraître bateau ou de la simple vulgarisation, bien que ce soit souvent too much, c’est scotchant. De la coolitude incarnée. Et plus on avance dans les épisodes, plus les pièces du puzzle se mettent en place, et moins on a envie de décrocher. C’est bien la première fois que la tentation du binge watching est si forte, au risque de s’en faire exploser  les neurones. Bref, si vous accrochez au pilote, vous êtes partis pour une belle aventure !

sense8

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Cloud Atlas

Imaginez un film comme un labyrinthe : six  histoires, dans six lieux et six époques différentes, racontées simultanément. Folie, casse-gueule, génie ? C’est en allant voir Cloud Atlas, le dernier film d’Andy et Lana Wachowski, rendus célèbres par leur trilogie Matrix, que vous le saurez. En adaptant le roman du même nom de David Mitchell avec l’aide d’un autre réalisateur, Tom Tykwer, c’est un sacré pari qu’ils se sont lancés… et qu’ils ont plutôt bien réussi.

Ces six histoires, ce sont d’abords six personnages qui, dans chacune de leur époque, ont un choix à faire, un destin à suivre, une œuvre à accomplir. Mais voilà : les six personnages sont liés les uns aux autres car ils se sont tous connus dans une autre vie.  En bien ou en mal, comme mari, femme, frère, parents, amis, ennemis,… beaucoup se sont croisés. Pas facile, au début, de s’y retrouver, dans tout ça ! Le lien principal, ce sont les acteurs qui, subissant parfois fortes métamorphoses, incarnent bien sûr ces différents avatars de la même âme. Tous y mettent de leur meilleur, et on retrouve avec plaisir Hugo Weaving ou Jim Broadbent. Ensuite, les échos de quelques effets papillons se répercutent d’une histoire à l’autre. Quand le mécanisme s’éclaircit, le spectateur arrive à entrer dans les différentes intrigues et se laisse porter par les majestueux décors, les scènes loufoques, dramatiques, passant d’un genre à l’autre sans s’en rendre compte. Car si Cloud Atlas est avant tout bien fait, c’est car il est beau à voir. La réalisation qui parait au début plus que grandiloquente par rapport à certains thèmes et certaines linéarités scénaristiques un peu facile ou plate finit par gagner la bataille. Ainsi, il ne faut pas s’attendre à une véritable réflexion sur la réincarnation, mais un film changeant avec des points d’accroches fixes, un grand divertissement en mouvement racontant une histoire fragmentée où l’on prend ce qui nous plait.

CLOUD ATLAS