The Get Down

Avant de crouler sous les nombreuses nouvelles séries qui débarquent chaque année à la rentrée, revenons quelques semaines en arrière. Dans les turpitudes de la chaleur estivale, Netflix a fait un nouveau « coup » en dévoilant la première saison de la première série du réalisateur de cinéma Baz Luhrmann : The Get Down.

Avec Luhrmann, il ne faut pas s’attendre à quoi que ce soit de sage. Son style est bien connu pour être extravagant, énergique, foisonnant. Après sa trilogie du rideau réussie et quelques films ratés, on l’attendait au tournant. Bien sûr, avec un sujet comme le hip hop et la naissance du rap à la fin des années 70′ dans le Bronx, il se facilite la tâche : un univers musicale, du street-art, des guerres de gang, la misère, l’espoir. Pour aborder tout ça, il a choisi de raconter l’histoire d’un jeune garçon, avec un don inouï pour les mots, qui veut séduire une jeune fille, qui a une voix magnifique. Histoire d’amour la plus banale, mignonne, fleur bleue. Mais rien n’est simple, et si on mélange au cocktail un grand maitre DJ, un chef de bande qui fait à la fois du kung-fu et du scratch, des bandits, des politiciens véreux, un pasteur stricte, j’en passe et des meilleurs, on arrive très vite à… l’indigestion. Il y a pleins de jolis choses dans The Get Down, mais les choix de mis en scène parfois un peu trop extrêmes et kitchs, les méandres du scénario devant lesquels on en vient parfois à s’ennuyer pendant le pilote d’une heure et demie font qu’on peut vite se décourager. Pourtant, au fur et à mesure qu’on avance dans les épisodes, les choses se posent, cessant de compter sur la première impression, essayant d’aller un peu plus loin dans le parcours des personnages qui en deviennent attachants. La série trouve son beat, un peu tard certes, mais qu’on apprivoise et qu’on se met à apprécier.

The Get Down
The Get Down
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The Great Gatsby

Baz Luhrmann est le cinéaste des histoires d’amour impossibles. Entre sa trilogie du rideau (dont Roméo + Juliette ou Moulin Rouge) et Australia, son style se fait de plus en plus marqué et reconnaissable. Son adaptation de Gatsby le Magnifique, présenté hors compétition en ouverture du Festival de Cannes, ne déroge pas à ses habitudes… quitte à se répéter un peu.

Le roman de F. Scott Fitzgerald a comme décor le New-York des années 20. Raconté par Nick (joué par Tobey Maguire à l’écran), l’histoire raconte l’été où celui-ci vient s’installer à New-York où vit sa cousine Daisy (Carrey Mulligan) et son mari. Il fera la connaissance de son voisin, Jay Gatsby (DiCaprio), milliardaire mystérieux au palais gargantuesque et amoureux transit de Daisy. Très fidèle au roman, le film n’apporte aucune surprise, ce qui est un peu décevant : il aurait été bienvenue de s’écarter de la voix-off du narrateur, par exemple. Étrangement, le film paraît trop didactique : on nous explique tout, flashbacks redondants à l’appuie. Ces petits défauts nous empêchent vbite d’adhérer pleinement au film par ailleurs très agréable à regarder. Mais Luhrmann ne semble pas s’en inquiéter : le festin visuel qu’il offre, l’opulence des belles images doivent faire oublier le manque de finesse de la narration. Il faut dire qu’en matière visuel, rien ne se fait dans la retenue… et l’on ne peut s’empêcher d’y voir, malgré tout, des redites d’un Moulin Rouge à une autre époque, les chansons en moins. Ce New-York là est traité un peu de la même manière dont l’était Paris, en un peu trop lissé par le numérique. Les grandes fêtes ont des airs de cabarets remis au goût du jour par le hip-hop (qui fonctionne plutôt bien) et il faut oser aller jusqu’au bout en multipliant les effets de mise en scène.  Bien sûr cela facilité la plongée dans l’histoire d’amour impossible entre Gatsby et Daisy, en nous poussant surtout dans les motivations de ce personnage haut en couleur et très bien incarné par DiCaprio : c’est à lui qu’on s’attache, lui que l’on découvre incompris. Et c’est alors à ce moment-là que le film fait mouche : quand tout s’efface pour ne laisser que Gatsby face à lui-même. Le film prend une autre tournure. On regrette alors que ce personnage doive se contenter d’un film pas vraiment à sa hauteur, mais tout de même plaisant à voir surtout pour les amateurs du style Luhrmann qui se cite un peu lui-même.

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