Working Girls

La plupart du temps, je privilégie les notes sur les séries que j’apprécie ou que je souhaite vous conseiller. Le genre de programme qui me plaît et qui, je pense, pourra plaire à certains d’entre vous. Mais parfois, il faut savoir monter au créneau et dire un peu de mal, tout en restant poli, d’une série à laquelle on accroche pas. C’est le cas de la nouvelle production originale de Canal +, Working Girls.

Le problème avec les programmes de comédie, surtout de formats un peu plus court (et finalement assez étrange) comme celui-ci (chaque épisode dure 13 minutes), c’est que ça plait, ou ça plait pas. En gros, on trouve ça drôle ou pas. Et bien, Working Girls ne me fait pas rire. Je comprend que cela puisse en faire sourire certains, mais je n’y ai pas trouvé mon compte. Pour vous expliquer, il s’agit de la vie d’une petite PME vue par les femmes, mais pas n’importe quelles femmes : des tyranniques, des nymphomanes, des maniaco-dépressives, des hyper maternelles, bref, des nanas dont les pets de travers (et les pets tout court) sont poussés à fond. Caricature un peu trop poussée à mon goût, d’ailleurs. De l’humour pipi-caca, des vannes gratuites dont on se lasse très vite, des situations grotesques à laquelle on n’accroche pas une seconde pour la bonne raison qu’elles s’enchainent. Du coup, le spectateur n’a rien duquel se rapprocher, pas de pauses, pas d’éléments qui rendent attachant les personnages. Pourtant, même dans la comédie pure, il faut qu’on s’attache, un peu. Sinon, on fait du sketch, et là, c’est autre chose. En matière de sketch, il est vrai que Working Girls peut plutôt bien fonctionner si on aime l’humour de ce genre : aller au bout du cliché, du méchant, du gras et du sous la ceinture. Mais, encore une fois, ça ne me parle pas vraiment. Rien à voir avec The Office, où les personnages sont beaucoup plus subtils (et, pour moi, beaucoup plus drôle). C’est ça qui me manque, personnellement : de la subtilité, quand on fait de la série sur les clichés, c’est quand même la base…

Bref, je ne nie pas qu’il y a un travail certain derrière Working Girls, et que Canal + ose à nouveau la différence, en voulant peut-être revenir aux années des Nuls. Les auteurs Frank Bellocq, Béatrice Fournera, Eve-Sophie Santerre et le réalisateur Sylvain Fusee y sont allés à fond. Mais je ne pense pas que Working Girls deviennent aussi culte et efficace. Regarder un épisode, pour vous faire votre propre avis, mais ne venez pas me dire que si cette série ne fait pas rire, c’est qu’on est une femme sans humour, sans recul ou pincée. Le seconde degré, voir le millième degré, ne marche pas toujours avec tout le monde.

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