Better Call Saul

Les amateurs de Breaking Bad sont familiers avec le personnage de Saul Goodman, l’avocat véreux qui aide Walter White et Jesse Pinkman. Voilà qu’arrive sur AMC le tant attendu spin-off autour de ce personnage irrésistible dans la série d’origine. Une chose est sûr : le créateur, Vince Gilligan, ne nous a pas trompé sur la marchandise. Ce spin-off est un peu un prequel. En effet, lors de ce pilote, nous prenons le personnage six ans avant Breaking Bad, lorsque Saul Goodman s’appelait en fait Jimmy McGill, et qu’il n’arrivait pas encore à monter son cabinet d’avocat… mais avec des méthodes déjà peu scrupuleuses. Quoi qu’il en soit, ce premier épisode est en fait une longue installation du personnage, de sa situation, des tiraillements de son passé qui le rattrapent. La mise en scène, l’ambiance, les dialogues et les situations, tout rappelle Breaking Bad… avec, pour l’instant, moins de moments accrocheurs. C’est un peu moins fort, on n’a pas tout à fait le coeur qui bat comme avec les dernières saisons de BB. C’est normal, c’est le début, et la fin de l’épisode fait sentir que le rythme va s’emballer et qu’on va enfin rentrer dans le vif du sujet : il fallait bien creuser un peu ce personnage et se rappeler pourquoi on l’aimait tant pour le suivre ensuite les yeux fermés. Un pilote tranquille, donc, mais Gilligan peut se le permettre, car il sait qu’on lui mange dans la main et que, de toute façon, son style transpire dans cette nouvelle série. Il ne faut à mon avis pas hésité à enchainer avec le deuxième épisode pour se faire embarquer complétement. better call saul

Les meilleurs nouvelles séries de 2013 !

Les réjouissances de fin d’années arrivent à grand pas, et avec elles les traditionnels Top 10 ! On commence avec la récap’ série de cette année 2013. Du bon, du moins bon, des adieux, bref, beaucoup d’émotions. Et vous, vous l’avez vécu comment, votre année série 2013 ?

Top 10 des Meilleurs Nouveautés :

1. The Slap : pour sa finesse d’écriture, l’intelligence du traitement des personnages et ce dispositif fascinant des changements de point de vue.

2. Masters of Sex : une histoire d’amour qui n’en est pas une, un second degrés sur le sexe fascinant, de l’historique intelligent.

3. Orange is the new black : une comédie douce-amer sensible et touchante, qui montre enfin les femmes sous un jour différent.

4. Bates Motel : la série angoissante de l’année. Un suspens tout juste assez malsain pour ne pas sombrer dans le too much, un bel hommage à Hitchcock.

5. House Of Cards : les dessous de la politique américaine vue par David Fincher, ça donne forcément un mélange explosif.

6. Real Humans : en donnant à des robots une véritable place dans la société, cette série traite avec finesse de sujets délicats.

7. Vikings : la série historique de l’année ! Des combats, de beaux hommes nus, de la passion, bref, tout ce qu’il faut pour du bon divertissement.

8. Top Of The Lake : la série planante de l’année, à l’ambiance belle et particulière porté par une histoire forte.

9. The Americans : des histoires d’espions pendant la guerre froide, ç apouvait être casse-gueule, mais The Americans s’en sort avec brio.

10. Odysseus : une mention spéciale pour notre petite frenchy dont les mérites surpassent les quelques imperfections.

Les Adieux ou il ne fait pas bon être une série en B cette année

Breaking Bad : une des meilleurs séries de tous les temps à tirer sa révérence de manière parfaite. Une vrai réussite de A à Z.

Borgen : Birgitte nous a encore fait vibrer dans cette troisième et dernière saison de la série danoise. Elle va nous manquer.

The Borgias : la famille menée d’une main de maître par Jeremy Irons ne tourmentera plus les palais du Vatican ni la politique italienne de la renaissance.

James Gandolfini : il est une série à lui tout seul. L’acteur qui incarnait Tony Soprano nous a quitté cette année, l’occasion de revoir la série.

Les suites marquantes

S’il y en a bien un qui nous a fait courir cette année, c’est Doctor Who ! Entre les réjouissantes de l’anniversaire du cinquantenaire et les déceptions à répétition de la saison sept, on ne sait plus à quel daleck se vouer !

Les classiques découverts

Miranda : comment ai-je pu vivre avant Miranda ? Drôle, fin, l’anglaise a tout compris, et on se passe les épisodes en boucle au moindre coup de blues.

Six Feet Under : grande claque sériphile, les destins des membres de la famille Fisher vous secouent à chaque épisode. De la grande télé.

Deadwood : là encore, on est dans la crème de la crème. Un village du far west sans foi ni loi, un théâtre des conventions humaines absentes. Puissant.

Les pires

Banshee : ah ah !

Da Vinci’s demons : Beurk…

Dracula : pourquoi, mais pourquoi ?

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Bye-Bye BB

Toutes les bonnes choses ont une fin. Pour avoir de la place pour toutes les nouvelles séries, il faut que les autres s’arrêtent un jour. C’est avec une grande tristesse que l’on a dit au revoir, ce dimanche, à Breaking Bad.

SPOILER ALERT !

Si la série dans son entier contient, comme toutes séries qui se respectent, quelques longueurs et imperfections, personne ne pourra dire que le showrunner et créateur de BB Vince Gilligan n’a pas soigné sa cinquième et ultime saison jusqu’à la perfection. Son héros, Walter White, est à son apogée, il a tout vaincu, le cancer, les dealers de drogues, sa propre famille. Il se prend pour le roi, avec un paradoxe qui envoûte et surprend et nous accroche à lui tout au long : il fait le mal avec cruauté et sans remord avec des intentions terriblement bonnes. Ce paradoxe atteint sa force et son paroxysme dans ces seize épisodes, car même dans sa chute, il rebondit, il maîtrise tout, il est sans coeur… mais terriblement humain. Bien sûr, cela ne pouvait pas finir autrement. Il était impossible qu’il survive. A la question qui ou quoi va l’achever, cependant, les paris n’étaient pas tombés sur ça. Pourtant, cela semble d’une évidence incroyable. Il faut dire au revoir à tout le monde, régler les derniers comptes, être enfin honnête. Emmener le spectateur une dernière fois et, surtout, réussir son coup. L’emmy awards qui a consacré la série est amplement justifié : Breaking Bad est déjà dans le top ten des séries cultes et on n’oubliera pas de si tôt Walter ni Jesse.

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Breaking Bad

Il y a des titres qui font tellement référence dans le monde de la sériephilie qu’on ose à peine avouer qu’on ne les a pas vus. Quand on prend enfin le temps de se lancer à corps perdu dans cette série culte, on se demande si faire une note sera vraiment utile, sachant tout ce qui a déjà été écrit à son propos. Mais j’aime tellement la série Breaking Bad qu’il me faut prêcher la bonne parole pour ceux d’entre vous qui ne la connaisse pas encore.

Breaking Bad, c’est d’abord un créateur, Vince Gillian, qui a officié sur X-Files pendant longtemps. C’est ensuite une chaine, AMC, à la recherche d’une série phare. C’est une couleur, le vert, celui des billets de banque et d’un labo de chimie. C’est enfin un personnage, Walter White, professeur de chimie surdoué qui se découvre atteint d’un cancer du poumon à l’aube de sa cinquantième année alors que sa femme est enceinte et qu’ils n’ont pas de quoi payer le traitement. La solution choisi par Mister White ? Vendre de la drogue, plus précisément de la méthamphétamine, qu’il « cuisine » lui-même et qu’il vend avec l’aide d’un de ses anciens élèves devenu drogue dealer, Jesse.

Un savoureux mélange orchestré avec un sacré savoir-faire, Breaking Bad est une série à personnages, un drame auquel on devient accro, une comédie noire qui connait ses moments de jouissances tout autant que des moments de pauses, de réflexion des personnages et de mise en place d’enjeux toujours aussi fort. On rit, on pleure, on claque des dents. Récompensés à plusieurs reprises, les acteurs sont tous très bons, Bryan Cranston le premier. Je n’en suis qu’à la fin de la saison deux et je suis toujours impressionnée par la manière dont la série arrive à se renouveler sans perdre de vue la profondeur de ses personnages. Je vous en reparlerai plus en détail lorsque j’aurai fini tous les épisodes déjà diffusés et avant la diffusion de la deuxième partie de la cinquième et ultime saison.  Je vous conseille de lire les articles de Pierre Sérisier au fur et à mesure de votre visionnage… et on se donne rendez-vous très vite pour débattre de la fin de la série !