12 years a slave

C’est toujours compliqué d’écrire la critique d’un film qui fait l’unanimité. On a envie d’aller contre, bien sûr, dans un esprit de contradiction très français. Mais, là, il n’y a rien à faire : en ce qui concerne 12 Years a Slave, le dernier film de Steve McQueen, je ne peux qu’accorder mes violons sur l’avis ambiant. Ce film est magnifique.

Pourtant, je ne pouvais m’empêcher de nourrir un petit doute. J’avais été déçu par Shame, je n’ai pas honte de l’avouer, et Steve McQueen n’était pas à l’abri de rater sa cible pour ce drame historique racontant l’histoire vraie d’un homme libre noir vivant en 1841 qui se fait kidnapper et vendre comme esclave dans des plantations de la Nouvelle-Orléans. De plus, quand on voit le casting de supers comédiens qu’il a réuni, on a peur que parfois trop de stars cachent un scénario moyen. Je vous rassure tout de suite : ici, ce n’est pas du tout le cas. Le récit est puissant, filmé avec brio, dur, violent, prenant, très bien interprété (chapeau à Chiwetel Ejiofor tout particulièrement). Certes, le film dénonce l’esclavagisme, mais ne le fait pas avec les poncifs habituels ou un esprit moralisateur. C’est avec finesse qu’il nous fait nous demande ce qu’on aurait fait, nous, sachant très bien que le cinéma nous permet de regarder en face ce pour quoi nous aurions détournés les yeux dans la réalité, maitre ou esclave, blanc ou noir.

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