Crazy Ex-Girlfriend

On n’est jamais à l’abri d’une petite découverte série qui, a priori, ne paie pas de mine. Crazy ex-Girlfriend n’est pas une nouveauté, c’est une série dont la saison 2 est en diffusion. Vendue comme une série « comédie romantique musicale », elle a de quoi en effrayer plus d’un. Quoi, c’est une nana qui parle d’amour et qui chante ? Très peu pour moi… et pourtant, c’est drôle, c’est léger et beaucoup plus fin qu’il n’y parait.

Rebecca est un peu particulière. Brillante, énergique, elle a besoin de se faire aimer. Elle a connu l’amour  dans une colo avec Josh, et depuis, pas grand chose. Lorsque, la trentaine arrivée, elle tombe sur Josh dans les rues de New York, elle décide de tout plaquer et de partir habiter là où Josh habite : Wes Covina, Caifornie. Bien sûr, elle raconte à tout le monde qu’elle n’est pas là pour Josh, alors qu’en réalité, elle veut le reconquérir. Mais Josh a une copine, et Rebecca n’est pas du genre à faire les choses simplement… Rebecca, c’est Rachel Bloom, la créatrice de la série, avec sa comparse Aline Brosh McKenna. Les épisodes de 40 minutes sont donc ponctués de numéros musicaux, véritable parodie de tous les genres de musique qui existent : rock, rap, raggae, comédie musicale… mettant le pied dans les poncifs, la série les secoue et les rends particulièrement drôles. Chaque épisode  est un petit bonbon acidulé à prendre à la légère, qui change du gris de tous les jours. Alors certes, on se dit que tout est très exagéré, mais le propos qui se cache derrière, les thèmes de société abordées, sont plus nombreux et profond qu’on pourrait le penser. Et puis, c’est pleins d’amour, et ça, ça ne fait jamais de mal !

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The Carrie Diaries VS My Mad Fat Diary

Il y a souvent un monde entre les séries anglaises et américaines. Lundi soir nous l’a prouvé : deux séries, ayant pour héroïne une adolescente écrivant un journal intime, ont été diffusé de chaque côté de l’Atlantique. The Carrie Diaries sur The CW et My Mad Fat Diary sur Channel 4 présentent deux jeunesses durant les années 80 à l’opposé l’une de l’autre. Et les anglais l’emportent haut la main.

Fort du succès de l’excellente série Sex and the City sur HBO entre 1998 et 2004, la chaîne The CW a décidé de s’attaquer à un prequel en racontant l’adolescent de Carrie Bradshaw, en se basant toujours sur les romans de Candace Bushnell. Malheureusement, on est loin de la qualité de S&TC : cette Carrie là est plate et déjà vue. Les thèmes abordés se veulent profond – la mort d’un parent, le deuil, la découverte de l’amour,… – mais leur traitement est facile et peu crédible. Carrie se met à évoluer dans deux mondes : celui de son lycée, et celui de Manhattan, où son père l’envoie en stage. La grande ville, pour elle, c’est tout de suite le luxe, la mode, l’argent, la facilité. Carrie est loin d’être l’incarnation du rêve américain : à part parler d’elle, elle n’a jamais entreprit grand chose. Bref, si la série sera tout à fait au goût des nostalgique de Gossip Girl, The Carrie Diaries n’offre même pas cette lecture un peu acide et second degrés. Bref, il y a encore du boulot pour que cette série arrive à la cheville de sa grande soeur, ou de My Mad Fat Diary.

My Mad Fat Diary part d’un personnage beaucoup plus intéressant et complexe : une ado obèse qui sort d’une lourde dépression. Ici, rien n’est doré ni facile, surtout quand on vit seule avec une mère en quête constante d’un homme, qu’on s’est toujours senti rejeté d’une société difficile et qu’on est très mal dans sa peau. Pourtant, Rae (très justement jouée par Sharon Rooney) doit retrouver sa place dans le monde, peu importe le nombre de chocolate bar qu’elle devrait engloutir pour faire face. A la fois fraiche et grave, rigolote et touchante, résonnant en chacun de nous, voici l’adolescence comme on l’ a connu, où la musique tient une place importante, où l’on doit faire face à la honte de changer. On s’identifie beaucoup plus aux chagrins de Rae qu’au problème de robe de Carrie, et c’est sans hésiter qu’on suivra jusqu’à bout cette histoire. De plus, la série a le mérite de soulever la question de la dépression chez les ados, un phénomène dont on n’ose encore peu parlé. Après SkinsThis is England 86, Channel 4 continue donc à explorer l’adolescence avec succès.

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