Imitation Game

Film très attendu depuis qu’il a été annoncé et grand favoris des Oscars, The Imitation Game  est le genre de film évènement répondant à beaucoup de codes de la machine à remporter des prix: biographiques, avec apparemment un propos à défendre et un casting **** à commencer par son héros, Benedict Cumberbatch. Mais on ne peut s’empêcher de se demander si la réussite de cette catégorie de long-métrage n’est pas aussi dans la survente… et bien, un peu, mais pas tant que ça, en ce qui concerne l’histoire de d’Alan Turing.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Alan Turing était un génie anglais qui œuvra pendant la seconde guerre mondiale à créer une machine qui déchiffra les codes cryptés des allemands, réputés indéchiffrables. Mais voilà : en plus d’avoir les  problèmes de sociabilités et de relations humaines propres à tous les génies touchés par une forme d’autisme, Turing était homosexuel. Si le film se déroule avec une mise en scène assez classique et un récit assez efficace, si on est en empathie totale avec Alan – qui ne s’est jamais senti seul, incompris, mis de côté ? – quelque chose pêche dans le film. La thématique qu’un film est censé porté est ici double, et du coup, fausse la lecture du spectateur. On nous parle à  la fois des difficultés que cela représente d’être un génie, d’être toujours en marge de la société,… mais de se battre pour quelque chose dans lequel on croit car c’est ce qu’il faut faire ET des problèmes auxquels les homosexuels ont dû faire face, condamnation et répression policière, au cours du XXe siècle. Ce n’est pas tout à fait la même chose et cela ne nous atteint pas tout à fait de la même manière. Heureusement, les deux propos ne sont pas incompatible, mais du coup, on a l’impression de se balancer sur deux pieds qui ne sont pas tout à fait à la même hauteur et c’est un peu inconfortable… et du coup, on ne va pas tout à fait au fond des choses. Si le film est tout de même un divertissement efficace, calibré bonne pâte d’Hollywood, on regrette qu’il ne s’échappe pas des carcans pour traiter son vrai sujet… encore faut-il qu’il fut arrivé à le choisir.

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Top 10 Cinéma 2014

Il est arrivé, le joyeux temps des bilans de fin d’année ! Cette semaine, dernière avant la trêve de Noël, sera comme la tradition le veut un petit récapitulatif de ce que j’ai vu de mieux sur les écrans cette année. Bien sûr, ceci est un classement complétement subjectif, hein !

Cette année cinéma aura été un petit peu plus foisonnante que l’année dernière, ayant repris avec plaisir le chemin des salles plus souvent. Mais je ferais encore mieux l’année prochaine ! En attendant, je n’ai pas eu trop de mal à trouver un top 10…

Her : Si je place le film de Spike Jonze en première position, c’est tout simplement parce que cette histoire d’amour entre un homme très seul et une intelligence artificielle est belle, juste, émouvante et raconte beaucoup de choses sur notre société actuelle.

Grand Budapest Hotel : Wes Anderson nous a présenté un très bon cru cette année, l’histoire fantaisiste, drôle et ancré dans le son style d’un hôtel au fin fond de l’Europe de l’Est, de son propriétaire et son valet.

Twelve Years a Slave : s’il est distingué comme un film 2013 par les américains, le dernier film de Steve Mc Queen a une place dans mon classement – une superbe fresque sur l’esclavage, un film hollywoodien presque classique et très réussi.

Boyhood : en faisant ce top, je me suis rendue compte avec horreur que je n’avais pas fait de note sur Boyhood ! Pourtant, ce film qui retrace la vie d’un garçon de l’enfance à la sortie de l’adolescence, tourné pendant 12 ans en suivant les comédiens alors qu’ils grandissent, est une tranche de vie très réussie, on a l’impression de voir grandir un ami ou parfois nous-même.

Mommy : Le film de Xavier Dolan a démocratisé le réalisateur à juste titre. Le film est bruyant, dérageant, plein d’énergie, puissant, bref, c’est la marque d’un style qui bouscule le cinéma et qui fait du bien.

Insterstellar : le blockbuster de l’espace de l’année est une sacrée réussite visuelle mais aussi, malgré les quelques défauts, d’une belle histoire de connexion entre l’espace, le temps et la gravité, et le futur de l’Homme.

Lego movie : c’est le film d’animation de l’année. C’est fun, joyeux, bourrés de références, avec des personnages bien loufoques, bref, c’est légo et c’est Awesome !

Maps to the Stars : j’ai un peu hésité à mettre le dernier Cronenberg dans ce top 10, mais je garde un souvenir fort de ma séance de cinéma, plongée dans les méandres des déviances d’Hollywood – sujet certes pas très original mais traité à l’extrême.

Wish I was here : dans la série des retours attendus, Zach Braff a mis du temps à nous livrer son dernier film, très autobiographique, à la fois facile mais très touchant, décalé et drôle, qui mérite d’être mis en avant.

Les Combattants : il fallait bien qu’il y a un film français ! Je me suis décidé pour ce petit film de Thomas Cailley, une histoire d’amour par comme les autres, justement menée, la révélation de plusieurs talents.

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Les Combattants

C’est avec un peu de retard que j’ai découvert un jolie petit film de rentrée. Les Combattants, premier long métrage de Thomas Cailley, a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes cette année, où il a remporté quatre prix, à juste titre.

Arnaud s’apprête à passer l’été à travailler dans l’entreprise familiale de bois. Mais voilà qu’il rencontre Madeleine, une jeune femme un peu particulière, obsédée par la fin du monde et la survie. Elle ne lui demande rien, mais lui, sous le charme, la suit, l’aide, s’embarque dans un stage de préparation à l’armée. Leur relation se renforce et se transforme… pour donner une histoire d’amour assez particulière, loin des clichés habituels des romances des jeunes. Rien que pour ça, le film vaut d’être vu. Rien d’ambitieux, juste la volonté de suivre cette histoire et ces deux personnages, lui attachant, elle tellement dans son monde qu’on comprend pourquoi elle l’attire. Mise en scène simple et interprétation juste : tout ce qu’il faut pour faire un long-métrage qui nous emporte. Si ce n’est pas un chef d’œuvre, c’est une belle petite réussite, qui promet pour la suite.

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Films d’avion cuvée 2014

Pour supporter les longues heures de vol qui me séparent souvent de mes destinations estivales, je me console toujours à l’idée que je vais pouvoir rattraper les films que j’ai loupé au cinéma. Cette année n’a pas fait exception ! Voilà donc les longs-métrages que j’ai regardé cette année…

Wish I was here (Le rôle de ma vie) : de Zach Braff, avec Zach himself, Kate Hudson, Josh Gad,… Bien trop longtemps après Garden State, Braff nous emmène dans une histoire très personnelle, dans son intimité : comment réagir lorsqu’on se retrouve, à la trentaine bien passé, sans arriver à réaliser ses rêves de comédien, à devoir prendre soin d’une famille et faire face à la mort d’un de ses parents ? Avec toute la poésie et la loufoquerie dont il est capable, Zach dépasse rapidement les premières impressions un peu faciles de son histoire pour réussir à nous toucher au plus profond.

The Lego Movie : de Phil Lord et Chris Miler. Incroyable mais vrai : un film de légo qui raconte une histoire de légo dans un monde de légo hyper bien foutu, avec ce qu’il faut de dérision et de second degré, d’invention délirante et vraiment drôle. On s’attend à rien, on est plus qu’agréablement surpris, on devient vite fan d’Emmet, anti-héros joyeux, clamant avec lui qu’Everything is Awesome.

The Two Faces of January : de Hossein Amini avec Kristen Dunst, Viggo Mortensen, Oscar Isaac. Dans la lignée du Talentueux Mr Ripley, on retrouve l’ambiance un peu particulière des thrillers plus psychologiques et intimes de Amini. Ainsi, un jeune américain jouant aux guides touristiques en Grèce rencontre un couple de compatriotes à priori riche et heureux. Mais il ne faut pas se fier aux apparences… un meurtre les entraine dans une fuite sans fin. Bien interprété mais au rythme un peu bancale, assez classiquement réalisé dans le genre qu’il a déjà instauré, ce long-métrage fait le job sans pour autant être inoubliable.

Grace of Monaco : de Olivier Dahan avec Nicole Kidman, Tim Roth,… Non, décidément, Olivier Dahan n’est pas arrivé à dépasser Sissi. En terme de Princesse qui souhaite s’échapper de l’étiquette mais comprend qu’elle a un rôle à jouer dans la politique de son mari, cette Grace n’arrive pas à la cheville de notre Impératrice Autrichienne favorite. On s’ennuie un peu.

New-York Melody : de John Carney, avec Keira Knightley et Mark Ruffalo. Une comédie romantique au cœur de New-York autour d’une songwriter et d’un producteur. Le petit film indépendant américain typique qui serait plutôt une ode à la ville et à la musique qu’une véritable histoire. Sympathique à défaut d’être vraiment marquant.

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The Grand Hotel Budapest

Si vous ne connaissez pas le style particulier du cinéma de Wes Anderson, vous passez sans doute à côté d’un des plus grands cinéastes du moment. Certes, son avant-dernier long-métrage, Moonrise Kingdom, m’avait laissé un petit goût de déception du fait même de l’histoire. Mais dans son dernier film, The Grand Hotel Budapest, la déception n’a pas le temps ni la place de pointer le bout de son nez : la créativité la bat à plate couture.

Un écrivain va se ressourcer dans un hôtel qui sent la naphtaline et résonne des échos de splendeur passé. Il y rencontre le directeur solitaire qui lui raconte son histoire, et comment il est devenu le propriétaire de l’établissement. C’est parti pour un récit rondement mené, loufoque et surtout truffé d’effet visuel, sur un rythme assez semblable à Fantastic Mister Fox. Assez éloigné par certains aspects des thèmes habituels d’Andersen (les enfants incompris de leur parents, les ados tourmentés,…), c’est pourtant dans un style poussé à son paroxysme qu’on nage durant deux heures. Les couleurs, les formes, les inspirations sont un véritable musée d’idées de génie. On y retrouve pleins d’éléments des films précédents, les trains, le français, les comédiens bien sûr. Casting trois étoiles pour carnaval sucré et réjouissant. Du grand Wes !

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12 years a slave

C’est toujours compliqué d’écrire la critique d’un film qui fait l’unanimité. On a envie d’aller contre, bien sûr, dans un esprit de contradiction très français. Mais, là, il n’y a rien à faire : en ce qui concerne 12 Years a Slave, le dernier film de Steve McQueen, je ne peux qu’accorder mes violons sur l’avis ambiant. Ce film est magnifique.

Pourtant, je ne pouvais m’empêcher de nourrir un petit doute. J’avais été déçu par Shame, je n’ai pas honte de l’avouer, et Steve McQueen n’était pas à l’abri de rater sa cible pour ce drame historique racontant l’histoire vraie d’un homme libre noir vivant en 1841 qui se fait kidnapper et vendre comme esclave dans des plantations de la Nouvelle-Orléans. De plus, quand on voit le casting de supers comédiens qu’il a réuni, on a peur que parfois trop de stars cachent un scénario moyen. Je vous rassure tout de suite : ici, ce n’est pas du tout le cas. Le récit est puissant, filmé avec brio, dur, violent, prenant, très bien interprété (chapeau à Chiwetel Ejiofor tout particulièrement). Certes, le film dénonce l’esclavagisme, mais ne le fait pas avec les poncifs habituels ou un esprit moralisateur. C’est avec finesse qu’il nous fait nous demande ce qu’on aurait fait, nous, sachant très bien que le cinéma nous permet de regarder en face ce pour quoi nous aurions détournés les yeux dans la réalité, maitre ou esclave, blanc ou noir.

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Top 10 Cinéma 2013

Le Top Ten Cinéma de la fin de l’année est l’occasion de faire un bilan de ce que l’on a vu, de se rappeler de ce que l’on a pensé des films. Cependant, si vous vous rappelez, j’avais exprimé il y a quelque temps ma tristesse de ne plus aller aussi souvent au cinéma. C’est maintenant que l’impact se fait le plus ressentir et le choix est très difficile, non pas tant que tous les films se valent, mais bien parce qu’il faut trouver dix films vus assez bien pour rentrer dans le classement ! Si les six premiers ne font aucun doutes, les quatre derniers sont les plus marquants à défaut d’être les meilleurs. Et vous, vous avez vu quoi cette année ?

1. Le Passé : il aurait du avoir la palme d’or à Cannes. Le dernier film d’Asghar Farhadi est tout en finesse et en beauté.

2. Cloud Atlas : ambitieux et réussi, le dernier film des Wachowski est certainement très marquant..

3. Django Unchained : le western selon Quentin Tarantino vaut carrément le détour, il nous surprend toujours en bien.

4. Zero Dark Thirty : Kathryn Bigelow fait de la chasse au terrorisme un film implacable et puissant.

5. Le Congrés : Ari Folman ose tout : avec un mélange inédit d’animation et de prise de vue réelle, il nous emmène dans une réflexion sur l’industrie du cinéma.

6. Gravity : Alfonso Cuaron est un génie de l’image. On voyage avec lui dans l’espace jusqu’à vertige, dans une simplicité hyper efficace.

7. Star Trek Into Darkness : parmi tous les gros blockbusters et franchises américaines de l’année sous lequelles on a été noyé, c’est ce film là qui vaut le détour, grâce au magique JJ Abrams.

8. The Croods : le film d’animation sympathique de l’année.

9. Le Monde Fantastique d’Oz : Sam Raimi revisite Oz avec de beaux effets visuels et une histoire asses touchante pour faire du bon divertissement.

10. Your Sister’s Sister : le petit film que personne n’a vu de l’année. Trois personnages, une réflexion sur l’amour et l’amitié.

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