Duo

La série Duo est un petit cas d’école en ce qui concerne la fiction française et la politique de diffusion des chaines. Écrite et tournée il y a quatre ans, ce 6×52′ de comédie policière va être enfin diffusé à partir du 2 juillet sur France 2… à 23h. Un beau moyen de faire durer un cliché à la vie dure, soit celui que les fictions françaises ne font pas assez d’audience.
Pourtant, cette série n’a pas que des défauts, au contraire. S’il est vrai que la réalisation et l’image ne mettent pas vraiment en valeur le produit, les acteurs sont bons et incarnent des personnages attachants. L’histoire est celle d’un duo, donc, un flic et une gendarme, plus occupés à se draguer qu’à résoudre les affaires policières qu’on leur amène.
C’est d’ailleurs grâce à l’humour que la série fonctionne : pas de prise de tête malgré le cadre policier, ici, on est loin du sérieux de PJ. Ces deux séries sont pourtant les créations d’un même scénariste, Frédéric Krivine, qui avoue d’ailleurs que le mélange des genres (comédie et policier) ne fonctionnent pas dés qu’ils sont mis sur un pied d’égalité. Mais malgré le manque de crédibilité de quelques situations, on apprécie l’effort et on ne doute pas qu’avec un horaire de diffusion décent et surtout une bonne campagne de pub, la série aurait eu une chance.
Pour la petite histoire, la série avait été testé sur un panel de spectateur test alors que les épisodes n’étaient pas finalisés. Le directeur de la fiction de l’époque a donc refusé de diffuser la série, et ceux qui se sont succéder n’ont pas été enclin à la regarder. Les droits de diffusion s’arrêtent pourtant en décembre, et il semble que c’est pour cela que la série soit mis à l’antenne la semaine prochaine. Plus d’infos ici : http://www.a-suivre.org/levillage/filinfo.php?date=2012-05
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Festival International des Scénaristes

Beaucoup d’entre vous le savent déjà, la semaine prochaine, je migre à Valence pour le Festival International des Scénaristes. Et oui : même les scénaristes ont le droit à leur semaine de regroupement massif ! Quant à savoir en quoi ça consiste et qu’est-ce que je vais faire là-bas, ce n’est pas bien compliqué…

Le Festival Scénario au long court fête cette année sa 15e édition. Préalablement à Bourges, il a fallu migrer cette année à Valence pour la première fois. Pendant 4 jours, du 4 au 7 avril, des masterclasses, ateliers, rencontres et autres joyeusetés sont organisés pour permettre aux scénaristes de tous les pays de se rencontrer et de partager la passion du métier qui les anime. L’invité d’honneur est Charles Berling. Si vous êtes pas loin, voici le programme : ICI

Une des missions du Festival est également de mettre en avant de jeunes auteurs qui débutent et qui ne demandent qu’à être découvert, un peu comme moi quoi. J’ai donc été pour ma part sélectionnée pour participer au « Workshop des bibles de séries ». Kesako? Pendant la durée du festival, moi et sept autres jeunes scénaristes allons plancher sur un projet personnel, guidés par Frédéric Krivine (créateur de P.J. et d’Un Village Français). Ce projet de série donc est déjà assez développé, avec ce qu’on appelle en jargon scénaristique une bible, c’est à dire un document regroupant fiches personnages, histoires, décors, arches,… Pendant trois jours intenses, nous allons donc penser des améliorations de notre série pour la rendre plus palpitante et mieux construite, dans l’optique qu’elle apparaisse un jour sur vos écrans! Le vendredi matin à 11h45, nous ferons une séance publique de « pitch », de présentation oral du projet. Beaucoup de boulot et de fun en perspective donc! Voilà mon profil sur le catalogue du festival : ICI

J’essaierai tout de même de poster une note par jour. Si j’ai le temps, je vous parlerai un peu de Valence, sinon, j’ai quelques notes en stock sur d’autres sujets. Quoi qu’il en soit, vous aurez un compte-rendu à la fin, promis!

 

Un Village Français – S04E01/2

Ah! Le genre historique! Un de mes péchés mignons, que ce soit en tant qu’auteure ou de (télé)spectatrice. Livres, films et surtout séries télés, je ne m’en lasse pas. Bien que je ne puisse pas tout regarder, je suis assez exigeante, surtout lorsque mes modèles absolus sont Rome ou Ken Follett. En France, ce genre a une place bien particulière, l’Histoire de notre pays étant assez riche pour fournir à nos imaginations des heures de fictions. Mais trop souvent, le résultat est un peu décevant, même là où on attendait des miracles.

Parfois, cependant, il y a des séries qui ne font pas beaucoup de bruit mais qui valent plus qu’elles n’y paraissent. C’est le cas de la série Un Village Français dont France 3 diffuse depuis hier soir la saison 4. Crée par le scénariste Frédéric Krivine, le réalisateur Philippe Triboit et le producteur Emmanuel Daucé, ce programme de 4 saisons de 12 épisodes de 52 minutes s’intéresse à la vie d’un village du Jura sous l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale. La 4e saison, diffusée en ce moment, se déroule pendant l’été 1942, alors que rafles de juifs s’intensifient. S’attachant donc au point de vue des civiles, toutes classes sociales confondues, Un Village est une des séries françaises les plus solides du moment, surtout sur une chaine du service publique.

Bien sûr, la série n’a pas les moyens de grosses productions américaines comme Band Of Brother. Mais la méthode américaine n’est pas loin : Un Village est en effet écrit à plusieurs mains, en atelier que Krivine dirige. Bien que le récit soit linéaire, on ne s’attarde que sur les moments clés et les enjeux charnières, ici un seul été. Enfin, les scénaristes font appels à des consultants historiques et psychologiques pour pouvoir donner à leurs personnages la profondeur nécessaire pour que le spectateur s’accroche. Cliffhangers bien maitrisés, structure solide et pas de clichés : personne n’est tout blanc ni tout noir. Surtout, personne ne sera sauvé, surtout dans cette nouvelle saison dont les deux premiers épisodes commencent forts : des arrestations, une radicalisation effrayante. Le parti pris de la série semble être de respecter les lois de l’Histoire : autant de personnages meurent que survivent.  Ainsi, la rigueur de la construction des personnages et des intrigues, portée par un casting (qui, quoi que parfois inégale, s’en sort plutôt bien) et par une réalisation fluide, fait bonne effet. Il faut donc se laisser tenter et ne pas avoir peur de se pencher encore une fois sur la WWII : les dilemmes qu’elle a posé à l’humanité résonnent encore, surtout aujourd’hui. Une piqûre de rappel aussi bien faite n’est jamais désagréable.