Bye-Bye BB

Toutes les bonnes choses ont une fin. Pour avoir de la place pour toutes les nouvelles séries, il faut que les autres s’arrêtent un jour. C’est avec une grande tristesse que l’on a dit au revoir, ce dimanche, à Breaking Bad.

SPOILER ALERT !

Si la série dans son entier contient, comme toutes séries qui se respectent, quelques longueurs et imperfections, personne ne pourra dire que le showrunner et créateur de BB Vince Gilligan n’a pas soigné sa cinquième et ultime saison jusqu’à la perfection. Son héros, Walter White, est à son apogée, il a tout vaincu, le cancer, les dealers de drogues, sa propre famille. Il se prend pour le roi, avec un paradoxe qui envoûte et surprend et nous accroche à lui tout au long : il fait le mal avec cruauté et sans remord avec des intentions terriblement bonnes. Ce paradoxe atteint sa force et son paroxysme dans ces seize épisodes, car même dans sa chute, il rebondit, il maîtrise tout, il est sans coeur… mais terriblement humain. Bien sûr, cela ne pouvait pas finir autrement. Il était impossible qu’il survive. A la question qui ou quoi va l’achever, cependant, les paris n’étaient pas tombés sur ça. Pourtant, cela semble d’une évidence incroyable. Il faut dire au revoir à tout le monde, régler les derniers comptes, être enfin honnête. Emmener le spectateur une dernière fois et, surtout, réussir son coup. L’emmy awards qui a consacré la série est amplement justifié : Breaking Bad est déjà dans le top ten des séries cultes et on n’oubliera pas de si tôt Walter ni Jesse.

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It’s a Hard Life in a Bocal

Vous savez ce qu’on dit de ces quelques minutes de folie, d’insouciance, où l’on ne pense qu’au plaisir et que les conséquences sont souvent synonymes d’une vie à devoir s’occuper de petits êtres fragiles, à devenir responsables ? Et bien, ne me demandez pas comment, mais ça m’est arrivée. Et oui, on a beau se savoir prudent, parfois ça nous tombe dessus. Depuis, ma vie a changé du tout au tout, car il faut penser à la place de quelqu’un d’autre, sans quoi ce quelqu’un est en danger. Car, oui, je le dis désormais au grand jour : nous sommes les heureux propriétaires de poissons rouges !

Je vous entends déjà rire  : quoi, tout ce foin pour de petites bêtes qui tournent dans un bocal et ont une mémoire de dix secondes top chrono ? Ah, mais j’aimerais vous y voir, face à ces poissons qui se révèlent bien plus retords qu’on ne le pense. D’abord, le mythe de l’animal facile d’entretien tournant en rond dans à peine cinq litre d’eau est synonyme, dans le langage marin, de torture… croyez-moi, quand on apprend que pour survivre, un poisson a en fait besoin de trente litres d’eau minimum par poisson, on se sent très cruel ! Ainsi, nous avons fait un peu de place dans notre petit appartement pour offrir à Walter White et Jesse Pinkman un aquarium digne de ce nom. Bien sûr, je passe sur le fait qu’il faille traverser Paris en métro avec le dit grand aquarium, qu’il fait dépenser quelques euros en accessoires en tout genre et qu’il faille trouver une table ikéa capable de supporter tout ce poids d’eau (et ce n’est pas si simple). Après avoir bataillé pour leur nouveau foyer, nous avons à nos deux cyprinidae un joyeux Noël… sans savoir que le mal rongeait déjà.

Il faut savoir que, lorsque l’on décide sur un coup de folie pure, d’acheter un poisson rouge « pour voir », on a tendance à en choisir un au pif. Or il existe plusieurs races de poissons rouges et, à la loterie du bubulle, tout le monde ne tombe pas sur les meilleurs spécimens. Ainsi, nous avions sans le savoir fait l’acquisition de deux « japonnais », certes d’apparence les plus enjôleuses, mais avec des caractères de cochons, et très sales. Ce n’est pourtant pas en voyant l’aquarium se transformer rapidement en porcherie que nous avons compris… c’est en observant du harcèlement moral, une véritable chasse à l’ennemi que Jesse Pinkman faisait à Walter White. Vous me direz, avec des noms de personnages de série aussi dérangés, on l’avait un peu cherché ! Mais tout de même, le constat était là : Jesse Pinkman est un agressif. Un mâle dominant. Du genre chiant. Et apparemment, son petit jeu durait depuis longtemps… car un soir neigeux, nous avons retrouvé Walter Whie le ventre à l’air, usé par ce constant harcèlement. Après l’avoir jeté dans la Seine avec émotion, nous avons décidé de ne pas nous laisser abattre : c’est pas un poisson qui allait faire sa loi !

La première étape fut de trouver un nouveau compagnon, ou devrais-je dire adversaire, à la hauteur de Jesse. C’est sans hésiter que nous avons alors acheté Hector Salamanqua aux gros yeux méchants, puis puissant qu’il n’y parait. La deuxième étape fut la plus délicate : trouver un stratagème pour mettre une séparation au milieu de l’aquarium pour que les poissons ne puissent pas se toucher, juste se dévisager et s’apprivoiser. Et là, on a dû faire plusieurs essais avant de trouver la bonne formule : filets de pécheurs tendus, ventouses magiques, cadre en bois… finalement, c’est désormais une plaque de verre, calée par une tasse Tardis, qui permet à nos deux lardons de ne pas s’entretuer. Pour l’instant, donc, on se contente de nourrir les morfales en redoutant le jour prochain où il faudra changer l’eau. Mais on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’ils vont nous inventer, la prochaine fois. Finalement, vu comme on a du mal à s’occuper des poissons, on se dit qu’on est vraiment pas prêt pour une tortue, ni un chat, loin d’un chien… ou pire, d’un-petit-être-vivant-à-deux-jambes-et-deux-bras-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-mot. Non, on a bien compris la leçon ! Quoi que, peut-être qu’un potentiel Gustavo Fring viendrait balancer l’univers de l’aquarium…oh, allez, et si nous faisions une nouvelle folie?

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