Mehdi Ben Attia

Cette semaine parait dans l’hebdomadaire Jeune Afrique un portrait sur le réalisateur tunisien Mehdi Ben Attia que j’ai écrit. Voici quelques extraits, l’article entier est par .

« Natif de Tunis, aîné d’une fratrie de trois, Ben Attia fréquente le lycée français de La Marsa. Bon élève, un peu timide, il ne rêve que d’une chose : faire du cinéma. Notamment depuis que ses parents ont acheté un magnétoscope qui lui permet de se « structurer l’esprit » avec les films du vidéoclub. Elle vient de là, cette cinéphilie classique et variée qui le nourrit encore aujourd’hui.

Rester en France

Pour son « épanouissement personnel », Mehdi Ben Attia souhaite se rendre en France. « Il n’était pas question de dire à mes parents qu’ils devaient me payer des études de cinéma, se souvient-il. Ce n’était pas une perspective réaliste. » Armé d’un bac B, « celui de l’élève moyen en tout et pas trop bosseur », il traversera donc la Méditerranée pour étudier l’économie. « Il n’a jamais été question de vivre ailleurs », avoue-t-il. Pour rester en France, tous les moyens sont bons. Le premier : de longues études. « Au bout de quatre années, j’avais changé. Je n’avais plus d’accent, j’avais presque perdu ma langue maternelle, je m’habillais comme un Parisien modèle… Il me semblait que pour devenir un bon Français il me fallait me dépouiller de mon identité passée. » Personnellement, il ne ressent pas le racisme. « Le discours sur les Arabes, les musulmans, l’intégration en général est très souvent agressif, peu généreux. Mais je n’ai jamais vraiment souffert de discrimination. Même si chercher un appartement a toujours été un sale quart d’heure à passer, comme faire la queue à 5 heures du matin pour renouveler des papiers face à des fonctionnaires désagréables… Je sais bien que j’habite à Paris, que je suis cinéaste, que ce n’est pas la même chose pour tous. Mais personne ne m’a jamais insulté. Je connais des gens qui se font contrôler assez souvent ! C’est une question de gueule : si j’avais eu la peau plus brune et les cheveux plus bouclés, ç’aurait été différent. »

À son grand étonnement comme à celui de sa famille, il réussit à intégrer Science-Po tout en fréquentant assidûment la cinémathèque. « D’un coup, j’avais l’air plus sérieux ! raconte celui qui, à l’époque, pense devenir journaliste. J’avais une vision vague du métier, qui consistait pour moi à écrire des articles où je donnerais mon avis, ce qui me paraissait très bien. Mais c’est surtout écrire que je voulais. » Stages, piges, Ben Attia tente même de s’inscrire en thèse, sans aller plus loin que la formulation du sujet. « Il fallait travailler, alors… » Il préfère écrire des scénarios de courts-métrages avec des amis, pour voir. C’est celui qu’il rédige avec Zina Modiano, En face, qui accroche un producteur français, puis un producteur tunisien. « On a eu plus de financement que je n’en ai jamais eu pour un long-métrage ! »

Absurdités

Cette adaptation d’une nouvelle du XIXe siècle dans la Tunisie contemporaine agit comme un véritable tremplin. « Rétrospectivement, je vois ça comme la chance du débutant, mais je me suis enfin senti légitime. » Ensuite, Ben Attia doit s’accrocher pour tourner ses propres longs-métrages. Avec deux projets, Le Fil et Je ne suis pas mort, il travaille sur la première saison de la série H (Canal+) et pour le réalisateur français André Téchiné. Le Fil sera son premier film, remarqué, sur la question de l’homosexualité.

La production de Je ne suis pas mort s’avère plus compliquée. Le côté fantastique du film, où un Occidental se réveille dans le corps d’un jeune Maghrébin, n’est pourtant qu’un dispositif pour donner à voir la réalité différemment. « Le surnaturel permet de renouveler les approches. On a tellement répété la même chose sur les problèmes d’intégration, genre « on est des victimes », « c’est difficile », sans rendre compte du réel. » Je ne suis pas mort aborde ainsi le thème de l’identité avec un décalage pertinent. « C’est le point de tension qui m’intéresse : Yacine ne supporte pas d’être arabe, alors que c’est ce qui le rend plus sympa aux yeux des autres. Ça leur fait plaisir de voir un jeune homme de l’immigration avoir de l’ambition et faire des études brillantes. Lui, ça le rend malade d’avoir l’air sympa ! Il vit une haine de soi, socialement construite, qu’il ne parvient pas à dépasser. C’est une folie fréquente, ces gens qui disent : « Si je n’étais pas arabe, ce serait mieux. » Mais c’est absurde ! » »

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Abdel Raouf Dafri

Voici un extrait de mon article paru dans Jeune Afrique sur le scénariste Abdel Raouf Dafri :

« À 48 ans, ce fils d’immigrés est l’un des scénaristes les plus en vue aujourd’hui. À peine a-t-il écrit les épisodes de la saison 3 de la série Braquo que le tournage commence, Caplan et sa bande de flics tentant de s’en sortir dans un polar grinçant aux allures de western. Du pur Dafri : un regard sociologique anxiogène, de l’action à l’américaine et une bonne dose de vécu.

Lorsque ses parents, illettrés, débarquent d’Algérie en 1962, ils tiennent à donner à leurs sept enfants une éducation solide. « Ils ne m’ont pas cassé les pieds avec l’Algérie. Je sais d’où je viens, je parle l’arabe, je connais la mentalité par coeur, mais ce n’est pas mon pays. Je paie mes impôts ici, ma fille est française. » Enfant, il préfère la lecture des bandes dessinées à la discipline scolaire. Et apprend à aimer les histoires avec Dumas et Hugo. « Le système français n’est pas bâti pour les originaux, alors je ne me suis pas intéressé au système. » Pourtant son père, ouvrier, veut qu’il ait un métier : un CAP de chaudronnier-soudeur fera l’affaire. À 16 ans, l’apprenti Dafri regarde les westerns de Sergio Leone et y retrouve l’ambiance de sa cité. « Les mecs avec qui j’ai grandi, c’étaient des gangsters. Moi, je n’avais pas les couilles pour être comme eux. J’avais un cerveau, ils avaient des tripes. » Les sujets de ses futurs films sont là…

Rythme

Coup de chance : l’avènement des radios libres, en 1981, lui permet de devenir journaliste. Il apprend à rédiger et à se fabriquer une « horloge interne » du phrasé. « La base du scénario, c’est le rythme. En France, on le néglige, mais pour moi il faut que ça swingue ! Clouer les gens à leur fauteuil, je sais faire. » Malgré quelques premières rencontres avec des sociétés de production, Dafri attend son heure. Être « scénariste à louer », très peu pour lui. « Yves Saint Laurent n’est pas devenu Yves Saint Laurent en faisant la couturière, mais en devenant patron de collection. »

Galères, RMI, tout en continuant à écrire les histoires qui germent dans sa tête. Une série, La Commune, et un film, Un prophète. L’arrivée de François Cognard à la tête de Canal+ Écriture va provoquer les rencontres nécessaires. Marco Cherqui décide de produire Un prophète et en confie la réalisation à Jacques Audiard. Le film obtient le grand prix du jury au Festival de Cannes et le césar du meilleur scénario. Dafri rencontre aussi un jeune producteur, Thomas Langmann, dont le projet de biopic sur le criminel Jacques Mesrine est en train de prendre l’eau, et qui lui demande de revoir le scénario. Le sujet n’emballe pas Dafri : « Pour moi, un mec qui abandonne sa famille pour devenir un fantasme de lui-même, c’est un connard. Le véritable héros, c’est celui qui se lève le matin et va bosser pour que sa femme et ses gosses puissent avoir un toit. » C’est parce que Langmann réussit à convaincre Vincent Cassel et que Jean-François Richet est à la réalisation que Dafri signe. Nouveau succès. »

L’article entier est visible ici : http://www.jeuneafrique.com/ArticlePersonnalite/JA2729p070.xml0/Type:Parcours/algerie-france-culture-cinemaabdel-raouf-dafri-des-tripes-et-des-lettres.html

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The Rendez-vous

Avoir un blog, ça sert aussi à présenter un peu son travail.Voilà donc la publicité du mois de mars pour l’école de langue que j’ai écrite avec le réalisateur Krishna Bagadiya :

De plus, pour ceux qui l’ont manqué, la semaine dernière est paru dans l’hebdomadaire Jeune Afrique mon article sur l’acteur David Baiot :

http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2719p058_059.xml0/france-gabon-portrait-televisiontelevision-david-baiot-ainsi-soit-il.html

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Enjoy !