Series Summer Classics : 24h Chrono

Maintenant que vous avez bien ri avec Friends, il est temps de passer aux choses sérieuses. Le Series Summer Classics du jour est la palpitante, tendue et très jouissive 24h Chrono, dit 24.

Je suis sûre que le nom Jack Bauer vous dit quelque chose. Même si vous ne connaissez pas la série, Bauer est un peu le superman des temps modernes, sans les pouvoirs en moins, le genre de type qui a des journées très, très fatiguante, passant son temps à sauver le monde ou, en tout cas dans la première saison, le premier candidat afro-américain à l’élection présidentielle. Lorsqu’elle est sortie, en 2001, elle était très inédite. Le principe d’avoir une temporalité réelle, soit un épisode = une heure (et donc une saison de 24 épisode = une journée), et un candidat noir, était assez révolutionnaire. D’autant plus qu’ils s’en passent des vertes et des pas mûrs, en une heure ! Entre Jack Bauer, sa fille kidnappée, les terroristes, les problèmes du candidat…  le tout devient assez addictif, même si le but n’est pas de faire dans la finesse, au contraire ! Plus c’est efficace, mieux c’est, et tant pis pour la cohérence. De quoi binge-watcher votre ennuie d’été !

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Series Summer Classics : Friends

Contrairement aux apparences, la période estivale est un super moment pour rattraper ses classiques. Que ce soit les vieux films en plein airs, les romans cultes sur la plage… ou les séries dont tout le monde parle et que vous n’avez jamais vu ! En tout cas, mon été est consacré à combler quelques brèches, car non, je suis loin d’avoir tout vu 😉 Mes critiques de séries des semaines à venir seront donc consacrées aux classiques ! On commence par the sitcom…

Friends, bien sûr ! 6 amis, 2 appartements, 10 saisons, des tonnes de vannes et de séquences cultes. C’est étrange car, quand j’étais ado, Friends passait sur France2 et je ne trouvais pas ça drôle. J’ai redécouvert la série en Angleterre, et donc en VO, un peu plus tard. Bien que je la trouvais déjà plus drôle, je n’avais pas envie de me jeter dedans. Mais là, ça a fait tilte. Une question d’âge ? Surement : rien de mieux que d’avoir l’âge des personnages et de passer par les mêmes questionnements qu’eux pour être en empathie. Bien sûr, leur petit côté loufoque, sympathique, touchant, aide beaucoup, et on en vient vite à se comparer à eux, pour s’apercevoir qu’on est un peu chacun d’entre eux, finalement. Quoi qu’il en soit, Friends est la première sitcom du genre, toujours imitée, jamais inégalée. Un Must See qui égaiera votre été sans aucun doute !

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Irresponsable

Il y a deux choses qu’il faut tout de suite vous enlever de la tête à propos d’Irresponsable. Tout d’abord, bien que son créateur, Fédéric Rosset, sorte de la première promotion de la nouvelle formation série TV à la Femis, c’est loin d’être le seul endroit en France où l’on apprend l’écriture sérielle de manière sérieuse et efficace… le CEEA d’une part, des Masters d’autre part (dont le Master Pro Scénario et Ecritures Audiovisuelles de Paris X que j’ai suivi) le font aussi bien et depuis plus longtemps. Bien, ça, c’est dit.

Le deuxième point, c’est qu’à mon avis, les louanges méritées des critiques envers cette série de 26 minutes vient du faite qu’elle est avant tout différente. Vraiment, ça fait du bien de voir une série française qui ne se prend pas la tête, qui ose des personnages qu’on ne voit pas chez les diffuseurs traditionnels. Merci donc, OCS (et je vous conseille de vous abonner si vous ne l’avez pas déjà fait) et merci à Tétra Média Productions pour avoir osé. Bon, ça, c’est dit aussi.

Maintenant, vous allez me dire, ça raconte quoi, Irresponsable ? C’est tout simple : À 31 ans, Julien, plus d’emploi, ni argent, est contraint de retourner vivre chez sa mère, dans sa ville, que dire, banlieue natale. Là, il tombe par hasard sur Marie, son premier grand amour, qui lui annonce qu’elle a un fils. Jacques. Il a 15 ans. et Julien en est le père… L’étrange impression que c’est une série qui parle d’une certain jeunesse qui nous ressemble, sans se prendre la tête. Alors, bien sûr, le ton, pour être drôle, oblige parfois les personnages a être trop dans l’excès,  à en faire un peu des tonnes. Mais le personnage de Julien est rapidement terriblement attachant. Celui de Jaques aussi, qui a des airs de Vincent Lacoste dans Les Beaux Gosses. Alors, oui, il faut regarder. Peut-être aussi parce qu’avec son succès, Irresponsable ouvrira un peu la voie à la différence !

 

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Hap and Leonard

Il y a des séries qui n’ont peur de rien. Transcender les genre, en faire des tonnes, toujours à la recherche du divertissement malin : personne n’a vu venir Hap and Leonard. Adapté du roman du même nom de Joe R. Lansdale, créée par Nick Damici et Jim Mickle pour SundanceTV, la série est sur une fine frontière.

Hap (James Purefoy) est ouvrier blanc qui a passé du temps dans une prison fédérale pour avoir refusé d’être enrôlé de servir durant la guerre du Viêt Nam. Avec son pote Leonard (Michael K. Williams), homosexuel noir vétéran de la guerre du Viêt Nam, il tente de survivre dans le Texas des années 80, ambiance True Detective du bayou à la clé. Mais ces deux là se font enrôler par Trudy (Christina Hendricks) pour aller repêcher au fond d’une rivière un million de dollars. Lors d’un pilote à la cool, ces deux personnages sont bien implantés, deviennent rapidement attachants, et on sent avec délice qu’ils vont tomber dans tous les pièges qui vont se présenter sur leur route… d’autant que la dernière séquence du pilote, étonnante et détonante, nous promet de verser dans un côté tarantinesque qui devrait venir pimenter tout ça.  La série, déjà renouvelée pour une saison deux, ne semble en tout cas pas avoir son pareil dans le paysage actuelle des séries télés !

 

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Feed the beast

Il n’y a pas dire, la cuisine est à la mode dans les séries télés. A la fois visuel et réveillant chez le spectateur des sens autrement impossible à réveiller via un écran, c’est un décor qui revient régulièrement. Dernière en date, Feed the Beast, la série américaine d’AMC est adaptée par Clyde Phillips (Dexter) d’une série danoise.

L’un sort de prison mais est encore inquiété par les mafieux qui le poursuivent. L’autre a perdu sa femme, est alcoolique et n’arrive plus à s’occuper de son petit garçon. Ils sont meilleurs amis, ils avaient un restaurant, de grands plans pour le futur. Ils vont être obligés de se remettre en business, mais avec les casseroles qu’ils se trainent, ça risque de ne pas être une partie de plaisir. Voilà ce que nous raconte le pilote de Feed the Beast, de manière assez rangée malgré la recherche d’une réalisation assez poussée. Les bases sont posées, il va falloir que le récit se développe de manière originale et s’éloigne un peu des rouages archétypales qu’il met en place. Heureusement, les deux interprètes principaux, Schwimmer et Sturgess, se donnent à fond et, rien que pour eux, on a envie de continuer. En espérant que leurs personnages prennent la profondeur attendue.

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The Durrells

Downton Abbey vous manque ? Vous n’avez plus votre dose de Lakerise to Candleford et autre Call the Midwife ? Pas de panique : la télévision anglaise a toujours, toujours sous la main la série familiale historique chaleureuse et attachante. La dernière en date ? The Durrells, sur ITV.

Adapté par le scénariste Simon Nye de la trilogie The Corfu Trilogy de Georges Durrells, la série raconte l’histoire d’une mère et de ses quatre enfants. Complétement dépassé par les dettes et les problèmes d’éducation, Mrs Durrells décide de quitter Porthsmouth pour l’île grecque de Corfu. A l’époque, à Corfu, il n’y avait ni béton, ni électricité : seulement la vie sauvage, de quoi défriser nos petits anglais. Le pilote nous montre de façon efficace, quoi que parfois un peu grossière, les caractérisations des personnages, nous laissant entrevoir quels vont êtres leur problématiques et leurs évolutions. C’est un sentiment presque nostalgique qui émerge pourtant, comme lorsqu’on se souvient des vacances en famille lorsqu’on était enfant. C’est donc vers un guilty pleasure que se dirige cette série, dont une saison deux a été commandé.

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Billions

J’ai beau être en retard dans les nouveautés de cette année, je ne pouvais pas passer à côté de Billions. D’une part car je ne manque aucune série avec Damian Lewis, d’autre par car Showtime nous réserve souvent de belles surprises.

Bien que le pitch ne m’attirait pas plus que cela, un thriller sur fond de finance, le pilote de Billions est assez bien fichu. On nous présente les personnages de manière claire et avec une bonne caractérisation (quoi que pour l’instant manquant un peu de profondeur) : un procureur qui ne veut pas se faire manipuler et un roi de la finance bien décidé à ne voir personne se mettre en travers de son chemin. On peut dire que l’enjeu entre les deux antagonistes est tout de suite présent. Le personnage féminin, qui semble d’ambler plus intéressant et qui aura surement à faire le choix le plus fort, intrigue. Certes, dans les dialogues, ils n’y vont parfois pas avec le dos de la cuillère, et l’esprit très américain de Wall Street et du 11 septembre sont au coin de la ruie. On se demande d’ailleurs comment ils vont faire pour alimenter toute la saison sans tomber dans trop de soap. Mais c’est plaisant, et notre curiosité est piquée !

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Houdini & Doyle

Il n’y a bien que les anglo-saxons pour oser s’amuser à ce point avec une série télé. Une série ludique, légère, efficace. Dans la veine de Death In Paradise ou encore The Librarians (dont David Titcher est aussi co-créateur), ITV, Fox et la chaine canadienne Global présentent Houdini & Doyle.

Vous l’aurez compris, tout est dans le titre : il s’agit d’une série dont les personnages principaux sont Harry Houdini, le magicien, et Arthur Conan Doyle, l’écrivain père de Sherlock Holmes. La paire se retrouve pour… résoudre des meurtres ! Mais pas n’importe lesquels : ceux entourés d’une aura mystérieuse, qui semblent dépasser la logique et l’entendement… Doyle croit au surnaturel, Houdini, en bon magicien, le réfute complétement. Petit côté X-Files, vous dites ? On en est loin, mais il y a un peu de ça ! Accompagnée par une femme policier, très rare à l’époque, ils vont d’aventures en aventures. Le pilote vend vraiment bien l’affaire : c’est plaisant, il y a une dose correcte de suspens, les comédiens s’amusent (le plaisir de retrouver Stephen Mangan d’Episodes) et on ne s’ennuie pas. L’écriture menée par  David Shore (House),  David Hoselton et David Titcher se compléte avec la réalisation de Stephen Hopkins (Californication, 24). Pas vraiment original, mais le genre de série à garder au chaud pour les dimanches soirs !

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SOAP Editions

Les séries, c’est pas que dans la télé ! Pour les fans du format sériel, pour les passionnés qui veulent aller plus loin dans la compréhension des personnages, de la structure, des genres et j’en passe, il existe désormais des émissions de radios, des podcasts et, depuis quelques mois, un magazine, ou plutôt un MOOK : Soap.

Kezako ? Un mook c’est un mélange entre un magazine et un book. Soap editions vous propose un mook tous les quelques mois. Quelques 150 pages qui poussent la culture des séries à un autre niveau, Soap vous invite à découvrir des chroniques, des billets d’humeur, des interviews, des portraits, des enquêtes. Que vous soyez passionnés de séries US, UK ou Frenchie, vous devriez y trouver votre bonheur.

Et peut-être, au détour des pages du quatrième numéro, tomber sur un article sur un de mes projets !…. (pss : page 57, sur The Magnifique’s Bride – merci à Dominique pour avoir pensé à moi! )

Pour en savoir plus c’est par ici, ou par, et là aussi.

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Baron Noir

En politique, on n’est jamais au bout de nos surprises. En série non plus. Rassemblant les deux, la nouvelle création de Canal +, Baron Noir, crée par Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon, réalisée par Ziad Doueiri, fait fort en nous embarquant dans un duel sans merci.

Élection présidentielle, entre les deux tours. Le candidat de gauche (Niesl Arestrup) affronte le candidat de droite dans un débat télévisuel. Pendant ce temps, un de ses proches conseillers (Kad Merad) doit nettoyer vite fait son QG de député dans le Nord quand les flics menacent de débarquer regarder de plus près les comptes… C’est ce qui met le feu au poudre entre les deux hommes. Et la guerre n’aura, semble-t-il, pas de fin avant que les deux soient détruits… Si on rapproche souvent la série de House Of Cards, on en est en fait assez loin. D’une part car le machiavélisme froid des Underwood n’est pas présent, ici, on réagit face au coup de l’autre, tel un jeux d’échec où il faut parer le moindre coup. D’autre part, parce que pour une fois, on comprend tout au système politique dont on nous parle, et cela nous permet d’exorciser, de comprendre, de fouiller, de mettre des claques à certaines valeurs, certains évènements, de manière frénétique et complexe. La série devient au fil des minutes de plus en plus organique, avec un côté western pas désagréable. On comprend les ambitions et les folies des deux héros qui promettent de belles batailles. Avec un sentiment de malaise qu’on espère voir durer : oui, ça se passe vraiment comme ça, la politique. Bref, une série à regarder, ne serait-ce que par conscience citoyenne (et aussi parce que c »est du bon drama français et qu’il serait bête de s’en priver!)

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