Crossbones

Cela faisait un moment que je l’attendais. Ce fut la première série sur la piraterie annoncée depuis longtemps, avant même Black Sails, avec en tête d’affiche l’immense star qu’est John Malkovitch et se penchant sur la plus connue des légendes pirates, Barbe Noire. Pour couronner le tout, c’est Neil Cross, à qui l’ont doit Luther, qui s’attelait à son écriture. Le tout sur NBC, ce n’est pas rien. Vendredi soir, le pilote de Crossbones a enfin été révélé au monde… et m’a énormément déçue.

Peut-être que mes espoirs étaient trop hauts, mais tout de même, de nombreux points jouent contre cette série. Tout d’abord, on nous vend l’histoire de Barbe Noire : or ce n’est pas lui le héros de l’histoire, mais Thomas Lowe, un chirurgien/espion qui a pour mission de le tuer. Seul bémol ici : ce personnage manque cruellement de profondeur et d’un véritable enjeux et cela se sent pendant tout l’épisode. Ensuite, ce fameux Barbe Noire, s’il est plutôt amusant de voir que le scénariste a joué avec les clichés et mélange cruauté et tourment (le coup de acupuncture est très drôle), on est encore trop près d’un cliché avec lequel Malkovitch se dépêtre tant bien que mal et avec un accent très étrange. Enfin, et c’est là le plus gênant, les ficelles scénaristiques sont plus grosses que des montagnes. Le héros arrive à tout faire d’un coup, trop fort, les obstacles sont minimes, tout est simplifié à l’extrême à tel point que le héros tombe amoureux de la première femme qu’il croise quand il arrive sur l’île caché de Barbe Noire. Sérieusement ? C’est navrant. Je ne parle même pas des dialogues complétement alambiqués et pas crédibles pour deux sous (ouh, le side-kick qui pose les bonnes questions au bon moment!). Alors, oui, appelez-ça déformation scénaristique, snobisme sériesque, injustice,… je suis cruelle mais c’est parce que cela méritait mieux ! Pour le coup, Black Sails est beaucoup plus intéressante, bien qu’elle se perde parfois dans ses trop nombreuses intrigues et considérations politiques, on y croyait à fond, c’était profond et ça vendait du rêve, c’était une vision enfin différente des pirates. Alors que là… on se croit revenu chez Pirates des Caraïbes.

Bon, bien sûr, je ne peux tout de même pas lui tourner le dos comme ça, et je regarderai la suite, puisque l’espoir fait vivre. Mais vraiment, ce n’est pour le moment pas passionnant, voir même parfois vraiment agaçant… La seule bonne nouvelle c’est qu’il y a surement encore de la place pour mon propre trois-mâts dans l’océan des séries de pirates !

crossbones-trailer-nbc

Publicités

Luther

J’ai entendu parlé de la série Luther il y a deux ans, lorsque la première saison a été diffusée sur BBC One. Je n’ai pas eu le temps de regarder le résultat à l’époque. Mais lorsque j’ai vu que ce polar psychologique allait être diffusé sur Canal + à partir du 23 avril, je me suis dis que vous souhaiteriez peut-être en savoir plus…

Luther, série anglaise donc, a été créé par Neil Cross, à qui l’on doit également Spooks. Elle raconte l’histoire de John Luther, policier brillant mais violent qui reprend le travail après une dépression suite à une enquête qui a mal tourné.  A priori, rien de bien original. Mais Idris Elba, vu dans The Wire, incarne ce flic inspiré de… Sherlock Holmes et Columbo, et oui ! Plus dans la méthode que le personnage en lui-même : on ne cherche pas le coupable, mais la façon dont il a effectué son crime. Ici, c’est Ruth Wilson (Jane Eyre dans la dernière version de la BBC) qui incarne la tueuse surdouée et très manipulatrice avec laquelle Luther va mener une danse dangereuse.  Ce duo s’affronte dans un jeu psychologique où ils vont découvrir qu’ils ont beaucoup plus en commun qu’ils ne le pensent. Cette relation, dérangeante et dérangée, est le lien majeur et axe dramatique principal de la série, du moins de cette première saison : Luther délaisse même sa femme (Indira Varma, vue dans Torchwood et Rome) pour son but.

Si Luther n’est en rien une révolution du genre, on remarque encore à quel point les séries anglaises axent leurs points forts sur un lien dans un duo ou un groupe, et travaillent à fond la psychologie de leurs personnages. De quoi vous assurer d’agréables soirées en cas de désert télévisuel.