The Affair

Certains pilote de série vous conquièrent dès le premier regard. The Affair, la nouvelle série drama de Showtime, créée par Hagai Levi et Sarah Treem, fait son petit effet, non pas par l’histoire qu’elle raconte, mais par le mystère dont un judicieux et jouissif choix de mise en scène l’entoure.

Un père de famille (le toujours excellent Dominic West) part en vacances au bord de la mer avec sa famille nombreuse, chez son beau-père. Se cachant à lui même qu’il frôle la crise de la quarantaine, il rencontre une serveuse (Ruth Wilson) qui semble lui faire de grosses avances… du moins, c’est ce qu’il croit, et ce qu’il raconte au policier qui l’interroge. Seulement, un habile changement de point de vue nous fait nous rendre compte que la vérité dépend beaucoup de celui qui la raconte… ainsi, quand c’est la serveuse qui témoigne, les faits sont différents. Mais alors, s’agit-il d’une « affair » amoureuse, ou d’une « affair » criminelle ? Le spectateur balance sans cesse entre les deux hypothèses, imaginant à chaque fois de nouvelles solutions, aimant tour à tour les personnages, les détestant aussi. On a l’impression que The Slap rencontre True Detective. On n’a qu’une envie : regarder la suite pour comprendre tout les tenant et aboutissant des douleurs qu’on nous raconte. Heureusement, la série sera diffusée sur Canal + bientôt.

1-cable-tv-new-returning-art-gq0u6heo-1tv-the-affair-2-jpg-700x350

Publicités

Luther

J’ai entendu parlé de la série Luther il y a deux ans, lorsque la première saison a été diffusée sur BBC One. Je n’ai pas eu le temps de regarder le résultat à l’époque. Mais lorsque j’ai vu que ce polar psychologique allait être diffusé sur Canal + à partir du 23 avril, je me suis dis que vous souhaiteriez peut-être en savoir plus…

Luther, série anglaise donc, a été créé par Neil Cross, à qui l’on doit également Spooks. Elle raconte l’histoire de John Luther, policier brillant mais violent qui reprend le travail après une dépression suite à une enquête qui a mal tourné.  A priori, rien de bien original. Mais Idris Elba, vu dans The Wire, incarne ce flic inspiré de… Sherlock Holmes et Columbo, et oui ! Plus dans la méthode que le personnage en lui-même : on ne cherche pas le coupable, mais la façon dont il a effectué son crime. Ici, c’est Ruth Wilson (Jane Eyre dans la dernière version de la BBC) qui incarne la tueuse surdouée et très manipulatrice avec laquelle Luther va mener une danse dangereuse.  Ce duo s’affronte dans un jeu psychologique où ils vont découvrir qu’ils ont beaucoup plus en commun qu’ils ne le pensent. Cette relation, dérangeante et dérangée, est le lien majeur et axe dramatique principal de la série, du moins de cette première saison : Luther délaisse même sa femme (Indira Varma, vue dans Torchwood et Rome) pour son but.

Si Luther n’est en rien une révolution du genre, on remarque encore à quel point les séries anglaises axent leurs points forts sur un lien dans un duo ou un groupe, et travaillent à fond la psychologie de leurs personnages. De quoi vous assurer d’agréables soirées en cas de désert télévisuel.