Interstellar

Cela fait assez longtemps que cela ne m’était pas arrivé, de vraiment voyager au cinéma. D’être cueillie et emporter dans l’espace. Mais voilà que je suis allée voir Interstellar, le dernier film de l’homme aux blockbuster de qualité aka Christopher Nolan. Que ce soit dans Inception, dans ses Batman, on a toujours loué Nolan pour son savoir-faire d’action, d’agencement efficace des scénarios, sans jamais fondre le spectateur à son monde. Mais cette fois, c’est mission accomplie.

Attention, c’est un avis que beaucoup, je pense, ne partagerons pas. Le truc, avec Interstellar, c’est qu’il doit y avoir autant de ressenties que de personnes dans la salle. Entre le degrés d’appréciation des films de science-fiction, déjà, certains spectateurs ne comprendront pas les nombreuses références aux classiques du genre, d’autres crieront au plagiat général. Certains n’y verront qu’une expérience cinématographique à la Gravity, d’autres loueront le côté écologique de l’histoire. Moi, j’ai juste trouvé ça génial. Sauf les 10 dernières minutes, entendons-nous bien : Nolan a fait une faute assez incroyable de mauvais goût avec un final moralisateur à l’américaine. Mais pour le reste ? Des images magnifiques, un père déchiré avec qui j’ai pleuré à chaque fois (et moi qui pensait en avoir marre de McConaughey !), des faits scientifiques qui retournent le cerveau, un voyage certes long mais qui m’a sortie de ma réalité. Pour une fois, la déformation professionnelle de remarquer les faiblesses du scénario ne m’a pas gâcher l’expérience. Alors, je vous conseille d’aller le voir ne serait-ce que pour vous faire votre idée qui sera surement différente de la mienne. Mais quand même, c’est très fort.

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Helix

La dernière née des séries de science-fiction vient de débarquer aux Etats-Unis, très attendue par les amateurs du genre. Pourquoi ? Parce qu’elle est produite par Ronald D. Moore, créateur de Battlestar Galactica qui a marqué la télévision lors de sa diffusion. Moore revient avec Helix, sur la chaîne Syfy, et plonge dans les secrets d’une base scientifique…

Lors d’un pilote en deux parties, Helix nous dévoile un dispositif et une histoire des plus simples. Dans le huit-clos d’une base où sont conduites des expériences médicales, génétiques et scientifiques, un virus fait son apparition et tue ou transforme les corps atteints, animaux ou humains, en monstres. Une équipe va venir enquêter sur ce qu’il se passe et surtout empêcher que le virus ne se propage à la population entière… tout en comptant bien sûr sur le fait que tous les personnages, bons comme méchants, ont leur secret, leurs objectifs cachés, bref, que rien ne parait simple. On sent l’effort des scénaristes pour injecter un maximum de tension, notamment entre les personnages. Mais tout cela a parfois un peu de mal à décoller. Bien qu’on ne s’ennuie pas, l’intrigue prend son temps et se perd parfois dans les clichés du genre qu’on aurait voulu éviter, et quelques incohérences dans la caractérisation et les réactions des personnages, peut-être à cause de dialogues parfois poussifs. Ce n’est pas grave, mais c’est parfois un peu agaçant, nous sortant de l’histoire. Certes, on sent que la série à le potentiel de se développer et de devenir un parfait divertissement prenant et puissant. On espère juste que les scénaristes trouveront de quoi passer ce petit cran dans les épisodes suivants pour vraiment nous prendre aux tripes et abandonner les côtés attendus et surfaits.

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Jack Vance

J’ai appris que Jack Vance, grand auteur américain de science-fiction, surtout du sous-genre que l’on appelle le space-opéra, s’est éteint dimanche. Si vous aimez les voyages dans l’imaginaire ou si vous souhaitez découvrir la SF littéraire avec des histoires abordables et bien écrites, les romans de Vance vous sont tout particulièrement destinés.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Jack Vance est intégré, en 1942, dans la marine marchande. Il met à profit cette période pour écrire ses premières nouvelles, qui seront rassemblées dans le recueil Un monde magique. Il publie sa première nouvelle, The World-Thinker, en 1945 dans le magazine Thrilling Wonder Stories. En 1997, la Science Fiction Writers of America lui accorde la distinction honorifique de « Grand Maître ». Il avait été auparavant le gagnant de nombreux prix. Ses « cycles » sont très célèbres : La Terre Mourante, Les Aventuriers de la planète géante, Le Cycle de Tschaï. Pour finir, il fut lauréat des Hugo 2010 avec son autobiographie: « C’est Moi, Jack Vance! ». Un grand auteur à découvrir si vous ne le connaissez pas déjà !

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Defiance

La nouvelle grande série de science-fiction a été annoncé sur la chaine SyFy pour la mi-avril. Defiance, crée par trois poids-lourds de la SF télé dont Rockne S. O’Bannon, se déroule dans un mode post-apocalyptique et est accompagnée d’un jeu vidéo multijoueur en ligne. De quoi étendre un univers qui, à défaut d’être original, parait plutôt sympathique.

Plus de planète Terre telle qu’on la connait : des extra-terrestres (les Voltans) ont débarqué, ont fait la guerre aux humains, les radiations ont détruit les paysages. Maintenant, c’est une terre sauvage sauf dans la ville de Defiance où toutes les nouvelles races apprennent à vivre ensemble. La belle mairesse y veille, tout comme le shérif, la patronne du bordel et les deux puissantes familles ennemis de la ville. Au milieu de tout ça débarque un ancien militaire désormais libre loubard et sa fille adoptive, et, forcément, il va devenir le héros de tout ce petit monde. A la fin de ce double pilote, on se dit que Defiance a pompé sur toutes les séries de science-fiction pré-existante tant on retrouve des thèmes, des schémas que l’on connait : Star Wars, Farscape, Battlestar Galactica,… tous sont des références dont Defiance ne peut se cacher. Pire encore : les scénaristes n’ont pas hésité à faire appel à Roméo et Juliette ! Ainsi, on sent arriver beaucoup des rebondissements bien à l’avance, certaines intrigues paraissent vraiment superflus et certains personnages sont hyper déjà-vus. Mais… mais peut-être par nostalgie, peut-être par amusement, peut-être parce que les acteurs sont tout de même touchant (surtout Grant Bowler de True Blood et Julie Benz de Dexter), on finit quand même par se laisser prendre au jeu et passer un bon moment. Les décors et les effets spéciaux ne sont pas trop mal, quoi que la bataille finale pêche un peu. Surtout, on ne prend pas trop la série au sérieux : point de lecture philosophique  ni d’interprétation nécessaire. Ici, c’est le divertissement qui prime. On attend cependant de la suite de la saison qu’elle aille un peu plus loin si elle ne veut pas rapidement nous ennuyer : il faut que les intrigues se complexifient et se densifient un peu, surtout l’arche principale dont on a finalement tout de suite la clé… La chance que Defiance devienne une bonne série est mince, mais elle est bien là, à elle de saisir la chance du petit intérêt suscité par le pilote.

Defiance - Season 1

Les Intergalactiques

La science-fiction est de plus en plus considérée en France, comme véritable genre artistique dans tous les domaines. Pour la deuxième année consécutive, un Festival lui est dédié à Lyon, organisé par l’association AOA Production. Sortez vos agendas, LES INTERGALACTIQUES auront cette année lieu du 24 au 27 octobre 2013, pour proposer rétrospective cinéma, conférences, salon littératures imaginaires en compagnie de nombreux partenaires et invités. Le thème 2013 : CYBERPUNK !

Voici le planning :
8 Mars 2013 : Ouverture des inscriptions du Salon de la Science-Fiction
28 Avril : Ouverture de l’appel à courts-métrages
5 Mai : Lancement Prix Barjavel, concours de nouvelles

Plus d’informations à venir sur le site http://www.intergalactiques.net/

SF2013

Battlestar Galactica

Je me suis toujours considérée comme une grande amatrice de science-fiction, surtout à la télévision et au cinéma. Âpres tout, biberonnée à Star Wars, je ne peux qu’avoir envie de vaisseaux spatiaux et robots à tout bout de champ. Mais on m’a dit qu’on ne pouvait être une vraie fan de SF si on ne connaissait pas Battlestar Galactica. Je ne me suis donc pas faite prier et j’ai jeté un œil sur cette intrigant programme…

Le rattrapage de série culte a encore une fois eu du bon ! Battlestar Galactica est une série américaine crée en 2004 par Ronald D. Moore. C’est une « modernisation » de la série originelle Galactica de 1978. Elle est composée d’un pilote de 2×90′, de 4 saisons, de mini-sodes, de téléfilm, bref, d’un déroulement assez complet et un peu complexe. Tout à fait à l’image de la série, en fait, qui recrée avec brio un univers qui nous est dévoilé au fur et à mesure.

L’histoire se déroule dans un monde où l’homme a crée des robots, les Cylons, qui se sont retournés contre leur créateur. Les Cylons, après une guerre sanglante, avait disparu de l’univers connu depuis quarante ans, laissant aux humains un répit pour se reconstruire dans leurs Douze Colonies. Le Battlestar Galactica est un vaisseau de combat, vestige de la première guerre contre les Cylons. Son équipage le prépare pour une transformation en musée. Mais voilà que les Cylons reviennent et ravagent littéralement les douze colonies, dont Caprica. Seuls les gens à bord du Galactica et quelques autres vaisseaux civils échappent au massacre. Ensemble, ils sont ce qu’il reste de l’Humanité : il faut survivre à tout prix et continuer à échapper aux Cylons. Mais ceux-ci ont également évolué : ils ont désormais l’apparence d’humain. Certains ignorent même qu’ils sont des robots… et ils semblent avoir déjà infiltré la flotte.

La force de BSG réside, pour moi, dans deux choses : une mythologie forte et des personnages bien construits. Je n’en suis qu’à la saison 1, mais je sens déjà que je ne suis pas au bout de mes surprises. Le sentiment que des choses se trament sans que le spectateur soit au courant est forte, mais on est trop occupé à suivre les aventures des pilotes et techniciens du BSG pour y penser plus avant. De plus, tout est travaillé pour donner une lecture métaphysique, voire philosophique, de la situation. Bien sûr, on pense au 11 septembre, l’attaque non prévue et violente, le soupçon, le choc. Enfin, le fait de ne pas savoir qui peut être un Cylon, d’avoir plusieurs vaisseaux, plusieurs planètes, ouvrent un champ de possibilité infini.

Mais BSG ne s’éparpille pas, bien au contraire. C’est avec quelques personnages forts et identifiables que la série va arriver à tenir les longues intrigues qu’elle nous prépare. Un vieux commandant héroïque et son fils avec qui il entretient une relation conflictuelle ; une présidente de remplacement atteinte d’un cancer ; un scientifique influencé par une Cylon sexy ; une pilote émérite qui n’a pas sa langue dans sa poche, entre autres originaux pourtant bien humains. Certains sont particulièrement énervants, d’autres bien plus émouvants, mais c’est la diversité qui fait l’humanité. Encore une fois, je n’en suis pas bien loin, et certains personnages semblent encore assez superficiels. Mais en quelques épisodes, les nombreux scénaristes ont déjà sauvé le personnage de Starbuck du cliché, j’ai donc bon espoir pour les autres.

Si parfois, tout de même, la série pèche par quelques facilités scénaristiques que permet le genre et qu’on lui pardonne donc, je comprend au fur et à mesure des épisodes pourquoi elle est devenue une référence pour beaucoup : efficacité de la narration et profondeur à venir des intrigues. Et des robots méchants, ce qui n’a pas de prix ! Je vais donc continuer à regarder tout ça avec attention et ferai quelques pongées dans des épisodes en particulier rien que pour vous.