Jonathan Strange & Mr Norrell

Les anglais n’ont décidément pas froid aux yeux en matière de création télé. S’attaquer à l’adaptation d’un livre aussi étrange, étonnant, formidable et foutraque que Jonathan Strange & Mr Norrell de Susan Clarke était un pari fou… et pourtant, ils l’ont fait. Dimanche soir, le 1e épisode de ce qui est devenu une mini-série en 7 épisodes (format inédit!) a été diffusé sur la BBC. Écrit par Peter Harness et réalisé par Toby Haynes (tous deux travaillant aussi sur Doctor Who), Strange et Norrell ont ainsi pris vie devant nos yeux… et c’est magique !

Au début du XIXe siècle, cela faisait bien au moins 300 ans que la magie n’était plus pratiquée en Angleterre. Pourtant, elle est sur le point de revenir, car Mr Norrell, lui, la pratique, et veut la mettre au service de la guerre qui sévit contre la France en Espagne. Mais voilà : une prophétie raconte qu’il n’y a pas un, mais deux magiciens en Angleterre. Le second, Jonathan Strange, n’est qu’au début de la découverte de son destin… En une heure de pilote, on est accroché à ces personnages so british mais tellement originaux, on se délecte du jeux des comédiens (Eddie Marsan fait mouche, comme toujours, et Bertie Carvel est touchant), on comprend rapidement des enjeux qui sont bien plus compliqués à saisir dans le livre, et surtout, on attend chaque moment de magie avec impatience… les choses se mettent en place très rapidement, on sent qu’une ombre plane, bref, on n’a plus envie de décrocher. C’est à la fois frais et avec pleins de petites références appréciables, de l’entertainment avec un style BBC reconnaissable et appréciable  : voilà un pilote bien réussi, et on a hâte de voir la suite !

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Dancing on the Edge

Les anglais n’ont pas fini de nous en mettre plein la vue avec leurs séries historiques. La dernière en date s’appelle Dancing on The Edge, elle est diffusée sur la BBC  et nous replonge dans les années 30 avec glamour et swing.

Pas facile de s’imposer dans la bonne société londonienne en 1930 lorsqu’on est noir et que l’on joue du jazz. Pourtant, c’est le destin fabuleux que va connaitre de Louis Lester Band qui, avec l’aide d’un jeune critique musical et ses connexions, va jusqu’à faire danser les princes. Mais la réalité les rattrape rapidement et plonge le groupe dans une sombre affaire. Crée et écrite par Stephen Poliakoff, c’est avec un visuel léché et une reconstitution brillante que nous sommes plongés dans les intrigues qui secouent le groupe. Si la mise en place est assez simple et le départ un peu cliché (tout le monde est beau, mais tout le monde est mystérieux) , les personnages décollent lorsqu’arrive le succès et les ennuis qui vont avec. Portés par un excellent casting de tête très connu du petit écran britannique (notamment Angel Coulby, l’ex Gwen de Merlin qui change complétement de registre, mais aussi Anthony Head, Chiwetel Ejiofor ou Matthew Goode), le premier épisode sur cinq de 90′ met en place les intrigues en se souciant d’offrir de belles scènes, quitte à creuser les enjeux et faire les révélations plus tard. Mais le boulot est fait : on a très envie de voir la suite !

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Christmas is in the air !

Parfois, je suis nostalgique de ma vie à Londres et de l’English way of life. Cependant, à Noël, je suis toujours soulagée de voir que la télévision anglaise est loin de moi : sinon, je passerais quatre jours devant la télévision, au détriment de ma famille et des fêtes de fin d’année. Pourquoi ? Parce que fin décembre est la période où la BBC, ITV, j’en passe et des meilleurs nous offrent des épisodes spéciaux de nos séries préférées. Cette année, l’habituel Doctor Who qui rencontrera son futur compagnon, Downton Abbey VS Call The Midwife et le final de la série Merlin. Beau programme, dont on se réjouit à la veille du début de ce mois de décembre :

 

The Hour is in trouble (saison 2)

Novembre 1957.  L’URSS s’apprête à lancer Spoutnik 2, avec à son bord la petite chienne Laïka. En Angleterre, on y voit un signe inquiétant de l’avancement du bloc communiste en armement nucléaireset on remet en cause la sécurité des populations occidentales. C’est bien sûr par la lucarne du petit écran que les gens s’informent désormais, notamment par l’émission The Hour, premier journal d’information de la BBC. Mais, un an après son lancement, ce n’est plus ce que c’était : le présentateur Hector Madden (Dominic West), devenu vedette, en fait de moins en moins, la concurrence d’ITV se fait sentir, et la productrice Bel Rowley (Romola Garai) doit se battre pour maintenir l’émission à flot. L’arrivée d’un nouveau rédacteur en chef (Peter Capaldi de The Thick of It) va-t-il leur permettre de redresser la barre? Ou serait-ce le retour de Freddie Lyon (Ben Whishaw), journaliste enragé, qui les sauvera?

La seconde saison de The Hour vient de commencer sur la BBC, et déjà cette série historique nous démontre qu’elle n’a rien perdu des qualités de sa première saison. Que ce soit dans l’esthétique élégante de l’univers dans lequel les personnages évoluent, dans les intrigues politiques, journalistiques et personnelles très bien mises en place ou encore par le casting impeccable, The Hour place la barre très haut pour les six épisodes à venir. Les thèmes abordés avec subtilité font quelque part encore écho aujourd’hui. De plus, on apprécie la reconstitution d’un Londres au tournant des années soixante, surtout les quelques images des cabarets de Soho. Bref, c’est un vrai plaisir à savourer quand on aime le style so british dans toute sa splendeur et sa décadence.

Downton Abbey : money makes the world go round

Attention, il vaut mieux avoir vu l’épisode sous peine de spoilers!

Ma série historique anglaise favorite a fait son grand retour dimanche soir sur ITV. Neufs longs mois après un épisode spécial Noël, Downton Abbey, dont je vous avais parlé ici, revient pour une saison 3 se déroulant durant l’été 1920, qui ne sera certainement pas de tout repos pour la famille Grantham et ses domestiques…

Quel plaisir de retrouver les habitants du domaine de Downton ! Ce première épisode nous replonge immédiatement dans l’ambiance et on retrouve les personnages comme on les aime, alors que de grands changements se préparent. En effet, il semble que l’intrigue principale de cette saison tourne autour de la fortune de de Lord Grantham qu’un mauvais placement lui a fait perdre. Comment va-t-il se relever? va-t-il être obliger de vendre Downton? Et si un héritage inattendu de Matthew Crowley, dont le mariage avec Mary est célébré à la fin de l’épisode, peut les sauver de la ruine… à condition que Matthew accepte d’en faire don à son nouveau beau-père ! Cette situation financière délicate risque d’impliquer beaucoup de monde à Downton, peut-être même la mère de Lady Grantham (la nouvelle venue Shirley McLane, rivale à la hauteur pour Maggie Smith!) venue de New-York pour la noce…

Bien sur, il ne faut pas oublier les nombreuses intrigues amoureuses qui semblent se dessiner. Edith s’entiche fort peu discrétement d’un homme plus vieux qu’elle, et Mary essaie de faire accepter à sa famille son mari chauffeur avec qui elle s’est enfuit et de qui elle est enceinte. Et les domestiques ne sont pas en reste. Bates est en prison, et Anna cherche à le faire innocenter par tout les moyens. Y arrivera-t-elle? Daisy semble vouloir faire des siennes également, et de nouveaux arrivants, à commencer par le neveu de Miss O’Brien, promettre de l’animation dans les cuisines.

Ce « season premiere » est donc très réussi, un peu plus long que la normale pour bien nous replonger dans l’atmosphère de la série. Des pistes intéressantes sont lancées, des drames se préparent dans l’atmosphère joviale du mariage (car, bien qu’on ne croit pas une seule seconde au fait que la querelle de dernière minute empêche les tourtereaux de convoler, on est quand même soulager que le mariage est bien lieu!). Les dialogues sont toujours aussi efficaces, l’ironie dramatique fait son effet, le casting est toujours parfait, bref, vivement la suite!