Cucumber, Banana and Tofu

Cela faisait longtemps qu’on attendait le retour du scénariste Russel T. Davies. Créateur de la série Queer as Folk, Davies est surtout connu pour avoir remis la série Doctor Who au goût du jour et relancé avec brio la franchise. Depuis qu’il a laissé sa place à Steven Moffat, il avait disparu des radars… et pour cause : il nous concoctait Cucumber, Banana et Tofu, non pas une mais trois séries. Vous avez dit transmédia ?

Vous l’aurez peut-être deviné, avec ces séries, c’est de sexe dont on nous parle ici. Cucumber, Banana et Tofu, ce sont trois différents stades de l’érection masculine. Car plus que de sexe, c’est d’homosexualité qu’il s’agit, à différents âges et stades de la vie. Cucumber, série 52′ diffusée sur Channel 4, se concentre sur le personnage de Henry qui, en pleine crise de la quarantaine, est coincé dans le tofu. A la fois tendre et un peu méchant, ce récit autour d’un homme qui sent le monde aller trop vite autour de lui possède ce qu’il faut de fantaisie et de décalage pour fonctionner parfaitement. Notre héros a beau être casé, l’excitation n’est plus là, malgré les tentations…. tentations dont on retrouve les histoires dans Banana, une série 26′ diffusée sur E4. Chaque épisode se concentre sur un personnage secondaire – et principalement jeune – de Cucumber. Ici, c’est beaucoup d’humour, un regard amusé sur une jeunesse, des côtés so British, c’est accrocheur, cru. Cru, c’est aussi ce qu’on pourrait utiliser pour Tofu, une série documentaire présente uniquement en ligne, qui interroge le sexe sans tabou. Car plus que cru, c’est une remise en question honnête de la place, l’image et surtout le négativisme que nos sociétés peuvent encore avoir sur les pratiques sexuelles. Pour une fois qu’on en parle normalement !

Vous l’aurez compris, en plus d’histoires efficaces et qui peuvent parler à tous, Davies frappe encore fort en créant un mécanisme de séries complémentaires à grande échelle assez rare et efficace pour être souligné. Pas besoin d’être pervers pour y jeter un oeil !

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Ripper Street VS Mr Selfridge

En Angleterre, il est légion pour les deux grandes chaînes BBC et ITV de faire des séries abordant les mêmes thèmes ou le même genre. Ainsi, l’une et l’autre nous assaillent de nouveautés dans un genre moribond en France mais ultra-populaire outre-manche : l’historique.

D’un côté, chez BBC, c’est avec Ripper Street qu’on replonge dans les années 1890, alors que Londres semble s’être débarrassé de Jack l’Éventreur. Mais voilà qu’on retrouve une nouvelle femme assassinée selon le modus operandi du serial killer… est-il de retour? C’est ce que l’inspecteur Reid (Matthew MacFayden) va tenter de découvrir. Si on regrette que l’intrigue en elle-même ne soit pas assez complexe pour un épisode pilote, on est cependant bien accroché par les personnages et le contexte est prometteur pour la suite. Pas très original à première vue, dans la lignée du récent Copper américain, mais assez efficace pour qu’on veuille voir ce qu’il va arriver au héros.

De l’autre côté, chez ITV, on nous présente Mr Selfridge, série retraçant l’histoire du dit monsieur, à l’origine d’un des plus luxueux magasins de Oxford Street en 1909. Ce Londres là est beaucoup plus glamour, les personnages plus nombreux, mais le résultat bien plus fouillis et un peu plus téléphoné. Créée par Andrew Davies, un vieux de la vieille à qui l’on doit Little Dorrit, ce pilote se place directement en concurrence avec The Paradise, l’adaptation de la BBC d’Au Bonheur des Dames de Zola. Le casting est bien sûr impeccable, mais pour l’instant ça manque un peu de piment. On ne manquera quand même pas de lui laisser une seconde chance avec l’épisode deux.

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Christmas Specials, cru 2012

Noël est passé et nous a livré, de l’autre côté de la Manche, sa cuvée d’épisodes spéciaux des séries les plus populaires. Voilà ce que j’en ai pensé..

Attention, beaucoup de spoilers !

Doctor Who : The Snowmen

Ce n’est pas une nouveauté, j’ai toujours été assez sceptique quant aux épisodes de Noël écrit par Steven Moffat. De plus, après la petite déception quant à la première partie de cette septième saison, je ne m’attendais pas à être un peu agréablement surprise. Si l’intrigue principale n’est pas vraiment passionnante, l’introduction de Clara, la nouvelle compagnon, apporte ce qu’il faut de fraîcheur et de distraction pour oublier les faiblesses du scénario et l’état d’esprit assez peu crédible du Doctor. Et puis c’est sûr que si on ajoute un sontaran et une silurian, ça met un peu d’exotisme qui manquerait cruellement sinon… Ce n’est pas un super épisode, donc, mais on s’accroche à ce qu’on peut en attendant la suite et toutes les promesses pour cette année anniversaire.

Downton Abbey : A Journey to the Highlands

C’est le second épisode de Noël que nous offre la série historique la plus populaire du moment. L’année dernière, l’épisode avait été nécessaire pour finir quelques intrigues et déblayer du terrain pour la suite. Ici, c’est une toute nouvelle intrigue qui prend place. La famille Crawley va passer quelques jours dans les Highlands pour chasser, avec une Marie enceinte jusqu’aux dents et des problèmes de couple pour les parents de Rose. Reste à Downton les domestiques qui en profitent pour aller à la foire du village. Si l’ambiance typique de la série est bien présente et agréable, on regrette cependant qu’en une heure et demie, toutes les intrigues traitées ne soient que mineurs, voir même inintéressantes. Beaucoup d’intrigue amoureuses, forcément, certaines un peu inutiles, voir même peu crédibles. Si celle tournant autour de Brandson nous fait un peu plus aimer le personnage, on y croit pas vraiment. Bref, tout cela serait quand même très bien passé si la fin ne venait pas tout gâcher. C’est bien la première fois que je suis déçue par Downton ! Premièrement, on voit venir la chute avec des sabots plus gros que moi, à voir le nom de Matthew prononcé si souvent et surtout l’amour et la joie qu’ils semblent apporter à tous. De plus, si c’est l’acteur qui souhaitait quitter la série à la fin de cette saison, il y aurait peut-être eu des manières un peu moins évidente et facile, surtout si proche de la mort de la cadette de la famille. Comment la série va-t-elle réussir à rebondir, ne pas tomber dans le déjà vu et surtout retenir les fans après la destructions d’un des couples phares de la série? Vous l’aurez compris, je suis perplexe.

Call the Midwife : Christmas Special

Call the Midwife a eu la chance d’avoir, dés sa première saison, un épisode de Noël. Pour une première, c’est plutôt une réussite : on reste complètement dans le ton de la série, et hors mis le décorum de Noël, on se croirait dans un épisode tout ce qu’il y a de plus normal. Toutes les générations sont présentes, tous les bons sentiments aussi, les deux intrigues principales assez bien menées et, même si l’on s’étonne de l’accouchement solitaire d’une jeune fille, on apprécie l’histoire à sa juste valeur. Pas d’intrigues personnelles, juste des histoires touchantes. Finalement, c’est la petite dernière qui tiens encore le meilleur Christmas Special, pet-être parce que les attentes sont moindres. En tout cas, cela ne nous empêchera pas d’attendre la suite des trois séries avec impatience !

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Call the Midwife

En regardant la bande-annonce des réjouissances de Noël de la BBC, je me suis rendue compte que j’étais complètement passée à côté d’une série historique, ou period drama cette année, obnubilée que j’étais par Downton Abbey. Mais, en janvier, sur la BBC, était diffusée Call The Midwife, série concurrente directe de la star d’ITV et qui a même réussi à faire plus d’audience qu’elle lors de la diffusion de son quatrième épisode. Je profite donc de l’accalmie hivernale des séries pour rattraper mon retard…

Nous nous retrouvons dans l’est de Londres, les quartiers pauvres, en 1957. Jenny Lee vient d’obtenir son diplôme de sage-femme et vient officier à la Nonnatus House, où se côtoient infirmières et religieuses. La jeune femme, un peu naïve, va découvrir les conditions déplorables de vie et d’hygiène des populations les plus défavorisées et se retrouvera vite dépassée par les situations aussi rocambolesques que dramatiques dans lesquelles sa nouvelle vie va l’amener.

Créée par Heidi Thomas et s’inspirant des mémoires de Jennifer Woth, cette série dépeint la société anglaise de l’époque, la différence des classes et des mentalités, des progrès en cours de la médecine également, tout ce que ce milieu de siècle va apporter comme changements. Les personnages sont attachants, et bien que la majorité sont des femmes (Jessica Raine, Miranda Hart, Jenny Agutter, Pam Ferris et Judy Parfitt), on est emporté par des moments drôles ou émouvants, tristes ou cocasses. Bien sûr, l’atmosphère est tout de même assez différente de Downton Abbey, il y a moins de personnages et les intrigues ne sont pas les mêmes. De plus, on est plus tourné ici vers le conventionnel et bien-pensant  dans  les leçons de vies que tirent l’héroïne.  Mais on voit que le savoir-faire anglais est similaire : chaque patient ou personnage secondaire est un personnage fouillé, un soin tout particulier est accordé au décors et aux costumes, quoi que les images sont un peu trop propres sur elles, défaut de formatage de la BBC. Le charme opère malgré tout : on se laisse prendre dans l’univers de ces sages-femmes. L’audience ne s’y est pas trompée : la série est renouvelée pour une seconde saison, et il y aura un Christmas Special… même jour, même heure que Downton, sur les deux chaines concurrentes. Les amateurs ne vont plus savoir où donner de la tête !

Pour ceux qui aime les period dramas anglais, je vous conseille de faire un tour par là !

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Les nouveautés sitcom : récap’

Parmi les quelques nouveautés de cette rentrée série, je n’ai pas eu de grandes révélations pour le moment. Voici cependant une petite sélection, des sitcoms d’abord, qui se laissent assez bien regarder et qui méritent qu’on leur donne une petite chance :

The Mindy Project, Fox, de et avec Mindy Kalling. Bridget Jones s’est trouvée une petite soeur américaine, pétillante, marrante, assez bavarde mais tout aussi touchante. Mindy, la trentaine, médecin, croit au prince charmant et aux bonnes résolutions… qu’elle a forcément du mal à tenir. Cela fait sourire, c’est léger, un peu girly mais on ne décroche pas, ce qui est plus que beaucoup d’autres !

Cuckoo, BBC3 avec Greg Davies  et Andy Samberg. Chez les anglais, c’est Cuckoo qui fait sensation, un original qui débarque dans une famille so british lorsque la fille rentre de Thaïlande mariée. Bien sûr, c’est surtout avec le père que ça coince avec cet hippie qui a la grosse tête… Pour Greg Davies – le père – très drôle!

Ben & Kate, Fox, Dana Fox. La créatrice s’est inspirée de son propre frère pour cette comédie assez bien ficelée : Ben et Kate sont frère et soeur, l’un s’incrustant dans la vie de l’autre alors que Kate ne rêve que d’une relation amoureuse stable… c’est plutôt bien joué, c’est plus fin que d’autres bien que ce ne soit pas la plus originale. On verra si ça tient la distance.

Moone Boy, Sky One, Chris O’Dowd. Ce n’est pas une sitcom à proprement parlé, mais les aventures de ce petit garçon irlandais dans les années 80, avec son ami imaginaire (joué par Chris O’Dowd himself), sont touchantes et font sourire, surtout le gang des pères dépassés. La saison une est déjà terminée, mais cela ne vous empêche pas d’y jeter un coup d’oeil !

Et bien sûr Go On qu’on continue à regarder avec plaisir et qui nous accroche jusqu’au bout. Mais de toute façon, comme on a déjà The Big Bang Theory et 30 Rock de retour, il va falloir faire des choix!