Roadies

Guilty Pleasure Alerte ! Si vous êtes en rade d’une série qui n’est pas terrible mais que vous ne pouvez pas vous empêcher de regarder, comme un plaisir coupable, les chaudes nuits d’été, sans le dire à personne, alors Cameron Crowe est votre sauveur. Sa nouvelle série, Roadies, diffusée sur Showtime, va devenir votre meilleur mauvaise série, au cas où vous ne vous seriez pas remis de l’annonce de l’annulation de Nashville (qui n’est d’ailleurs plus annulé!)

Cameron Crowe s’est déjà intéressé au monde de la musique rock et des tournées, avec son très beau film Almost Famous. Il y avait une pointe de magie, d’idéalisation, un vraie propos, dans son film. Avec Roadies, il repart dans les coulisses d’un concert d’un groupe en tournée, en s’intéressant donc à ceux qui prépare la scène, qui gère les grosses équipes que demande une tournée d’un groupe de rock, l’arrivée de la premier partie (The Head and the Heart!)  mais…. beaucoup de personnages, pour l’instant plutôt archétypal, en particulier la petite jeune hipster so hype qui veut aller faire du cinéma à New-York (assez insupportable, loin d’une image de la jeunesse qui soulève les coeurs), pas de propos bien définis, des intrigues qui partent un peu dans tout les sens… on est loin d’un pilote renversant. Et pourtant… et pourtant, cet épisode a un capitale sympathie qui sort maladroitement d’on ne sait où. Le genre qui va vous faire regarder l’épisode deux, même si vous savez d’avance qu’il ne sera pas tout à fait à la hauteur. C’est aussi ça, parfois, la magie des séries !

Peter Cambor as Milo, Colson Baker as Wes, Finesse Mitchell as Harvey, Rafe Spall as Reg, Imogen Poots as Kelly Ann, Luke Wilson as Bill Hanson, Carla Gugino as Shelli Anderson and Keisha Castle-Hughes as Donna in Roadies. Photo: Courtesy of SHOWTIME
Peter Cambor as Milo, Colson Baker as Wes, Finesse Mitchell as Harvey, Rafe Spall as Reg, Imogen Poots as Kelly Ann, Luke Wilson as Bill Hanson, Carla Gugino as Shelli Anderson and Keisha Castle-Hughes as Donna in Roadies. Photo: Courtesy of SHOWTIME

 

Billions

J’ai beau être en retard dans les nouveautés de cette année, je ne pouvais pas passer à côté de Billions. D’une part car je ne manque aucune série avec Damian Lewis, d’autre par car Showtime nous réserve souvent de belles surprises.

Bien que le pitch ne m’attirait pas plus que cela, un thriller sur fond de finance, le pilote de Billions est assez bien fichu. On nous présente les personnages de manière claire et avec une bonne caractérisation (quoi que pour l’instant manquant un peu de profondeur) : un procureur qui ne veut pas se faire manipuler et un roi de la finance bien décidé à ne voir personne se mettre en travers de son chemin. On peut dire que l’enjeu entre les deux antagonistes est tout de suite présent. Le personnage féminin, qui semble d’ambler plus intéressant et qui aura surement à faire le choix le plus fort, intrigue. Certes, dans les dialogues, ils n’y vont parfois pas avec le dos de la cuillère, et l’esprit très américain de Wall Street et du 11 septembre sont au coin de la ruie. On se demande d’ailleurs comment ils vont faire pour alimenter toute la saison sans tomber dans trop de soap. Mais c’est plaisant, et notre curiosité est piquée !

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Penny Dreadful

Dans le lot des nouvelles séries que les chaînes câblées américaines nous préparait cette année, Penny Dreadful avait à la fois un effet attirant et repoussant. Pas fan des séries d’horreur genre American Horror Story dont Penny Dreadful semblait suivre la lignée, j’étais pourtant irrémédiablement intriguée par non seulement les références à la littérature romantico-gothique anglaise (Frankenstein, Dorian Gray) et surtout impressionnée par le nom du scénariste, John Logan, à qui l’on doit le dernier James Bond (Penny Dreadful est d’ailleurs produite par Sam Mendes).

J’ai donc pris mon courage à deux mains et vu le pilote de Penny Dreadful, m’attendant à devoir me cacher les yeux sous la couette toutes les cinq minutes…. ben en fait, pas du tout. Cette série, diffusée sur Showtime, ne joue pas tant sur l’angoisse que sur un récit finalement assez classique de chasse aux vampires dans le Londres Victorien. Un vieil aristocrate (Timothy Dalton) cherche à retrouver quelle sale bestiole a enlevé sa petite fille avec l’aide d’une étrange séductrice possédée (Eva Green) et d’un cow-boy (Josh Hartnet). Avec un casting pareil, difficile de ne pas être impressionné… par contre, on se rend compte assez rapidement qu’on n’est pas tout à fait passionné. Le récit, très clairement mené, est presque trop sage pour nous attraper complétement : ni le mystère installé ni la peur grisante d’avoir peur ne nous satisfait complétement. De plus, les dialogues sont parfois un peu lourds et les références un peu trop usées. Bref, je dois avoué que, peut-être parce que les attentes étaient grandes, cette série m’a un peu fait l’effet d’un pétard mouillé. Je ne doute pas que ce soit tout de même un divertissement plus que correct et que ça vaut le coup de lui donner une seconde chance en regardant le second épisode… mais c’est loin d’être la série marquante à laquelle je m’attendais. Pour le moment.

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Masters of sex

La première série qui inaugure cette nouvelle saison 2013/2014 n’y va pas de main morte. Rien que son nom : Masters of sex ! La dernière née de Showtime  n’est pourtant pas du tout une série porno, quoi que son pilote nous promette une suite plutôt jouissive.

Le docteur Masters (génial Michael Sheen), homme à l’apparence froide et intègre, veut comprendre comment fonctionne le corps lorsqu’il est soumis a des stimulations… du moins, c’est ce qu’il fait croire à son patron. En fait, il veut tout simplement comprendre physiquement comment fonctionne le sexe et l’orgasme. Cliniquement. Scientifiquement. Pour ça, il recrute une secrétaire particulière, Virginia Johnson (Lizzy Caplan). C’est une histoire vraie : ces deux personnes furent des pionniers en matière de recherche sur les comportements et dysfonctionnements sexuels, des années 1960 à 1990. La série est adaptée de la biographie que l’auteur Thomas Maier leur a consacrée.

Michelle Ashford, la créatrice de la série, s’ingénue à lui donner un petit côté Mad Men, mais pourtant on est loin de cette ambiance : ici, c’est la légèreté qui prime, quoi que jamais futile. Il y a de l’émotion quand il en faut, une complexité fine dans la narration et franchement, pour un pilote aussi long, on ne s’ennuie pas. La question reste de savoir si l’histoire ne va pas rapidement tourner en rond par la suite, car finalement, on a parfois l’impression de s’être embarqué dans un long-métrage, et non pour 12 épisodes. Quoi qu’il en soit, on a hâte de voir la suite.

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Ray Donovan

La richesse nécessite parfois une assistance un peu particulière. Ray Donovan, héros de la nouvelle série éponyme de Showtime, est ainsi un « nettoyeur » un peu particulier. Travaillant avec un influent cabinet d’avocat, il répare les boulettes des stars du show-biz avant que leurs frasques ne soient repérées par les tabloïds. Côté vie personnelle, Ray semble plus ou moins s’en sorti avec sa femme et ses deux enfants… ainsi que ses deux frères qui semblent très marqués par la vie. Ce sont eux qui nous mettent la puce à l’oreille : tout n’est pas si rose chez Mister Donovan…

Cette nouvelle série dramatique crée par Ann Bidermann (NYPD Blue et Southland) cache en fait bien son jeux. Si le côté vie de star à Los Angeles nous passionne assez moyennement, on sent que ce pilote nous fait part des faux semblants pour, dans une seconde partie, nous plonger dans la noirceur de ce qu’ils cachent : pour Ray, c’est un père qui sort de prison plus tôt que prévu et qui jette sur sa vie une ombre pleine de tension et d’angoisse. Tout à coup, cela devient malsain, pesant, on s’éloigne vite d’un nouveau Scandal. Qu’est-ce que cela cache ? C’est bien la question qui nous donne envie de voir la suite, à défaut des autres histoires. C’est aussi le casting qui nous donne envie de revenir en épisode deux, Liev Schreiber en tête, mais aussi Jon Voight en paternel mafieux ou Paula Malcomson (Deadwood) que l’on retrouve toujours avec plaisir. Si la série creuse donc l’histoire d’une famille aux lourds secrets et aiguise encore les relations entre les personnages, elle peut devenir un thriller dramatique intéressant, loin du côté ultra américain de LA.

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RIP The Borgias

Alors que la troisième saison est en cours de diffusion sur Showtime,  The Borgias ne sera pas conduite pour une quatrième saison. C’est ce qu’a annoncé hier Neil Jordan, le créateur de la série. Il semble que trois saisons suffisent à raconter et épuiser le sujet de la célèbre famille italienne, car Canal + a annoncé que sa propre version de l’histoire mené par Tom Fontana n’aurait peut-être pas, elle non plus, de saison supplémentaire.

Pourtant, ni la qualité de la série version américaine ni ses audiences ne baissent. Dans cette saison, nous assistons au renforcement des relations entre Cesare et Lucrecia Borgia qui s’unissent avant de se séparer pour chacun trouver un mariage qui plaise à leur pape de père. Si la série doit se finir dans deux épisodes, cela signifie-t-il un happy end, ou la chute rapide et efficace de cette famille aux mœurs plus que dissolues ? Neil Jordan envisageait un téléfilm de 2 heures pour offrir un épilogue à son show mais Showtime a décidé de ne pas le commander. Malgré ça, Jordan semble trouver la conclusion déjà mise en place satisfaisante. On espère que cette décision ne viendra pas gâcher la fin d’une série qui va certainement nous manquer.

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Episodes Saison 2

La saison deux de la série Episodes vient de se terminer en nous livrant un dernier épisode où les secrets sortent au grand jour. L’occasion de faire un petit bilan des aventures de deux scénaristes anglais dans la jungle hollywoodienne.

! SPOILERS !

Rappelez-vous, j’ai déjà dis quelques mots d’Episodes, nouvelle création de David Crane (Monsieur Friends) pour Showtime dont la première saison avait très bien marché outre-manche. Un couple de scénariste, Sean et Beverly, arrivait à LA pour faire une adaptation américaine de leur série télé avec pour star Matt Leblanc. A la fin de la saison une, le couple, à la veille de la première diffusion du pilote, est brisé à cause d’une infidélité de Beverly avec… Matt, bien sûr.

Cette nouvelle saison tourne autour de deux intrigues principales : le couple Sean/Beverly, donc, qui bien qu’encore amoureux essaye tout de même d’aller voir ailleurs sans trop savoir comment se comporter; et l’echec de la série qui fait des scores catastrophiques et met le producteur, Marc, en danger. Tout cela sans se détacher un instant des frasques de Matt Leblanc qui, non content de remettre sa « stalkeur » dans sa vie, a aussi une aventure avec la femme de Marc, des problèmes d’acteurs vieillissants et autres joyeusetés. Encore une fois, le casting est impeccable et c’est d’ailleurs rien que pour les acteurs qu’on regarde la série avec autant d’attention. Les intrigues perdent en effet de leur mordant et, tout en continuant de faire sourire, sont loin de celles de la première saison qui jouaient beaucoup plus sur les décalages culturelles américains/anglais. On apprécierait que les personnages se mettent un peu plus en danger, surtout lors d’épisodes qui ne font un peu que tourner autour du pot sans qu’il ne se passe rien de marquant. Mais la série reste tout de même appréciable, ne manque jamais de dérision et mange tout le monde à la même sauce. On espère qu’elle sera renouvelée pour une troisième saison, le verdict ne devrait pas tarder à tomber !

Nurse Jackie

Série de rattrapage de l’été version 30 minute, Nurse Jackie m’a toujours un peu fait peur. Bien qu’irrémédiablement attirée par une série dont le personnage principale est interprété par l’immense Edie Falco (Mme Tony Soprano herself), j’ai toujours été très réticente envers les séries médicales depuis les traumatismes vécus devant Urgence. J’adore Urgence, ne vous méprenez pas, mais j’étais jeune lorsque j’ai commencé et l’hémoglobine réaliste m’a bien trop marqué… et depuis {SPOILER} la scène du fou qui poignarde Carter et sa collégue Lucy se font poignarder, je crois que je suis vaccinée.

Bref, Nurse Jackie, j’avais peur que ce soit un peu la même chose et je n’ai jamais eu le courage de m’y coller. Mais voilà qu’on m’a montré la voie en m’avouant que finalement, si l’hôpital était bien le lieu de l’action, les malades et les cas n’étaient que très secondaires, et que les personnages valaient tellement le coup qu’on passait facilement outre. Et puis, une série Showtime, c’est souvent gage de qualité.  Je me suis donc laissée tenter, enfin, car il me fallait une série format 26′ pour mes déjeuners d’été.

Je dois avouer, qu’après les trois premiers épisodes de la saison une, je suis vraiment intriguée, en bien. Conquise, pour le moment, c’est beaucoup dire, mais je vais certainement regarder toute la saison une avec attention. Cette double vie que mène Jackie, nurse douée au grand coeur mais franchement cynique, plutôt décalée et accro aux médocs en tout genre, semble rondement bien menée. Si les intrigues semblent pour le moment un peu légères, elles amènent une mise en place efficace du personnage et de son environnement : l’hôpital d’un côté, sa famille de l’autre. Les gens qui l’accompagnent sont également bien traité quoi que pour l’instant un peu cliché, comédie oblige. Mais l’humour noir teintée d’une indéniable humanité rend le tout assez efficace. J’attend maintenant de devenir aussi accro à la série que Jackie à ses médicaments. Voyons comment les scénaristes réussissent à nous embarquer au côté de l’infirmière pour les 5 saisons à venir !

Très bon article sur la genèse de la série ici

The Borgia – saison 2

Alors que la chaîne américaine Showtime vient d’annoncer qu’elle renouvelait la série The Borgias pour une troisième saison, je suis plongée dans la saison 2 diffusée en ce moment sur ce même chanel. On a atteint la mi-saison : l’occasion parfaite de vous rafraichir la mémoire et de faire un petit bilan.

Rappelez-vous, il y a environs deux ans, la course qui s’était crée lorsque furent annoncées deux séries relatant l’histoire on ne peut plus passionnante de la famille Borgia, qui sévit à Rome et en Italie au début de la Renaissance. Lors de leurs diffusions, j’avais déjà marqué ma préférence pour la version américaine crée par Neil Jordan pour Showtime, qui avait déjà marqué un certain savoir-faire en matière de série historique avec The Tudors. La saison 2 est-elle pour le moment à la hauteur?

Il est préférable d’être à jour dans les épisodes pour lire sans risque de spoiler !

Nous avions laissé le pape Alexandre VI, Rodrigo Borgia (Jeremy Irons, toujours génial) donc, en guerre contre le roi de France et ses enfants dans des drames amoureux divers (surtout Lucrèce et son enfant adultérin). Bref, du conflit en veux-tu en voilà, avec tout juste ce qu’il faut de sang et de passion. La première partie de la saison 2 s’inscrit, surtout au début, dans la lignée de cette saison 1, avec cependant deux premiers épisodes assez sages, où l’on se contente d’intrigues un peu moins profondes (mais qui restent assez appréciables). Il faut régler son compte aux « boulets » de la saison une, que ce soit le jeune Paolo, l’amour partie au couvent ou la peste napolitaine. Une pointe de déception, mais la querelle entre les deux frères sauvent en partie le tout.

Une fois le troisième épisode arrivé, les choses prennent de l’ampleur, enfin, et on a un très bon épisode, avec du suspens à souhait, où les pions mis en place dans les deux épisodes précédents font enfin sens. On redevient alors accro, surtout au personnage de Cesare (François Arnaud) qui prend vraiment une grande place dans les épisodes à venir, volant presque la vedette à Rodrigo. Les femmes ne sont pas en reste, et on a hâte de les voir secouer vraiment les cardinaux dans leur quête d’assainissement des finances. Le nouvel ennemi, une femme elle-aussi, Lady Sforza (brillante Gina McKee) apporte ce qu’il faut de nouveauté pour redonner du souffle à la série. Le pape enfin est bien sûr la cible d’un nouveau complot qui  devrait aussi s’épaissir dans la deuxième partie de la saison. On sent que les scénaristes ont opté pour des intrigues à construire et à mettre en place qui nous font attendre un feux d’artifice pour la seconde partie de la saison, ils ont en tout cas tout mis en place pour. De plus, les évènements sombres qui marquent la fin de cette mi-saison sont de bonnes augures pour la suite : quitter la légèreté du début pour plonger complétement dans le vif du sujet. L’épaisseur arrive, portée surtout par Cesare, en espérant que Neil Jordan ai tout donné et ne retiennent rien pour la 3e saison !