Grand Central

Cela fait toujours un drôle d’effet quand un film encensé par la critique vous laisse froid comme le marbre. J’avais pourtant de l’espoir en allant voir Grand Central, le dernier film de Rebecca Zlotowski dont le passage au festival de Cannes cette année avait fait l’unanimité. Mais les radiations annoncées n’ont pas réussi à m’atteindre.

Gary vient travailler dans une centrale nucléaire dans le sud de la France, un petit boulot comme un autre, ou presque. La vie tourne au rythme des radiations que  les ouvriers se reçoivent à longueur de journée. Mais Gary est touché par un coup de foudre pour la fiancée d’un de ses voisins et collègue. Amour impossible et ravageur ? C’est ce que les jolies images de ce film à la réalisation pourtant empreinte d’un je ne sais quoi de belle mélancolie veut nous faire croire. Mais voilà : cette histoire d’amour ne réussi pas à décoller, ne fait rien vibrer, pas plus que les problématiques des personnages. Les réactions des seconds rôles sont plus intéressantes que les coucheries en plein air des deux amoureux. Non pas que le casting n’est pas bon : c’est juste que tout cela semble trop surfait, à distance. Certes, on apprend pas mal de choses sur le fonctionnement des centrales nucléaires, mais dans un ennui poli.

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Le Passé

La cuvée cannoise 2013 commence sous de bons augures. Cette semaine est sorti dans les salles en même temps que sa projection au Festival le dernier film d’Asghar Far­hadi, Le Passé. Drame surprenant et fort, ce long-métrage nous embarque au cœur d’un triangle de personnages à l’heure des révélations.

Bérénice Bejo incarne magnifiquement Marianne, française qui fait revenir de Téhéran son ex-mari (l’inconnu et délicat Ali Mosaffa) pour qu’il signe les papiers du divorce afin qu’elle puisse se remarier avec son nouveau mec (Tahar Rahim). Ce dernier est cependant toujours marié, sa femme étant dans le coma depuis des mois à la suite d’une tentative de suicide. Le récit, qui s’étale sur quelques heures, quelques jours, condensé mais pleins de rebondissements, va nous faire découvrir les raisons du geste de cette femme, présence qu’on ne voit jamais mais dont l’acte a des conséquences sur tous les personnages. On s’étonne, au début, de la simplicité de ce qu’on nous présente, mais très vite la très belle réalisation nous embarque dans le noeud des relations entre une mère qui se cherche, le poids de la culpabilité d’une fille, le retour du mari et les confrontations, les silences. C’est un film très fin, quoi qu’un peu long, que le réalisateur iranien nous livre. Un beau film qui ferait, ma foi, une bonne palme d’or.

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