1, 2, 3… SOLEIL

Comme il y a les beaux petits films d’auteurs qui vous surprennent, il existe aussi les belles petites pièces de théâtre qui vous émeuvent. C’est le cas de la pièce Un, deux, trois… Soleil jouée en ce moment au théâtre du Ranelagh.

Claire (Delphine Depardieu, nièce de, tout en justesse) a décidé de fuir, il y a 12 ans, sa famille. Aujourd’hui, parce qu’elle n’en peut plus et qu’elle doit affronter son passer, Claire revient dans le village du nord qui l’a vu grandir, auprès de son père, sa sœur et son frère. Ce retour de la « grande » est l’occasion de faire face aux souvenirs d’enfance, aux rancœurs de sa sœur Marie, à la joie de son frère Julien, au mutisme de son père, aux non-dits devenus trop lourds à porter… car c’est bien de cela qu’il s’agit : de briser le silence, d’arriver, au fur et à mesure qu’on s’apprivoise à nouveau, de briser tous les tabous. Pas de chichi, pas de grandes phrases. Ici, les gens sont simples et réagissent avec le cœur. Son écriture sonne juste. L’auteur, Christelle Georges, nous embarque mine de rien au cœur des relations familiales, avec douceur. On en ressort à la fois triste de comprendre ce qu’on du traverser les personnages, mais heureux qu’ils se soient enfin retrouvés. N’hésitez pas à aller verser votre petite larme au Ranelagh, jusqu’à fin novembre !

La mise en scène est signée Michel Voletti, assisté de Valérie Rojan. Avec : Delphine Depardieu, Jérémie Duvall, Marie Tirmont & MichelVoletti.Lumières : Jacques Rouveyrollis assisté de Jessica Duclos. Décors : Isabelle Georges

Plus d’info : http://www.theatre-ranelagh.com/fr/saison-2015-2016/theatre/1-2-3-soleil

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Les Faux British

On a toujours tous un peu peur du théâtre amateur. Les comédiens qui se prennent pour des grands, le côté un peu cheap,… Mais lorsque tout ceci est tourné en dérision dans une véritable pièce de théâtre de boulevard, on arrive à un plaisant divertissement comme Les Faux British.

Le théâtre n’est pas que pour les intellectuels, c’est avant tout un lieux pour rire, un moment pour se changer joyeusement les idées, et c’est ce que nous rappelle Les Faux British. Sans prétention, avec un humour de situation qui fait parfois mouche (mais pas toujours), nous regardons avec plaisir des comédiens amateurs (qui, en vraie, ne le sont donc pas) exécuter laborieusement une pièce anglaise, entre mauvais jeux, décor qui tombe en pièce, oublie de texte, aléa du direct… Sans arriver au niveau de l’excellent Thé à la menthe ou t’es citron, on ressort de la pièce avec le sourire, si bien sûr on y comprend quelque chose au second degrés !

C’est au théâtre Tristan Bernard jusqu’au 2  janvier 2016.

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Soeurs

Une nouvelle œuvre de Wajdi Mouawad, c’est toujours la promesse de ressentir au plus profond de soi la peine, la douleur, la beauté et le pardon. Sa trilogie Littoral, Incendies et Forêts traitaient l’indicible avec une humanité poignante. Son premier roman, Anima, est une oeuvre unique, dure et époustouflante. C’est avec une nouvelle série qu’il revient : après Seuls, c’est Soeurs qui nous plonge encore une fois au cœur des thèmes récurrents de l’artiste.

Geneviève Bergeron est médiatrice. Les conflits, ça la connait. Alors qu’elle va donner une conférence à Ottawa, elle se fait prendre dans une tempête de neige et doit rester à l’hôtel. Mais, cette nui-là, elle va découvrir qu’elle est au bout du rouleau, que la coupe est pleine et qu’il est temps de régler les secrets et non-dit qui la pèse… et elle sera sauvée par une autre femme. Depuis quelques temps, la question des indiens natifs et de la façon dont le gouvernement canadien a traité leurs enfants parcourt l’oeuvre de Mouawad, se mêlant à l’histoire du Liban, s’inscrivant encore et toujours dans la question du lignage et de la généalogie. Nous portons tous le poids des horreurs qu’ont vécu nos parents, nous génération épargnée de trop de conflits. Comment alors faire avec les colères, les haines, les non-dits, les remords qui nous tombe dessus ? Soeurs remue encore et toujours ses questions, de manière peut-être un peu moins forte et prenante que dans d’autres oeuvres de Mouawad mais avec autant d’efficacité, et une mise en scène innovante, portée par la superbe performance d’Annick Bergeron, actrice que connait bien Mouawad. Un nouveau pari gagnant, et l’envie de vivre et de ressentir, toujours.

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Les toiles d’été

Lorsque le mois de juillet pointe le bout de son nez, soleil included, même à Paris on se prend à rêver de pique-nique, ballade au soleil couchant sur l’eau, soirée dansante et cinéma en plein-air… bonne nouvelle, la capitale nous permet de faire tout ça même en bossant la journée ! Tour d’horizon de ce qui pourra égayer vos soirées :

CINEMA

A la Villette, le Cinéma en plein air du 24 juillet au 28 août 2013

http://www.villette.com/fr/agenda/Cinema-en-plein-air-2013.htm

Dans Paris avec le forum des images, le Cinema au Clair de Lune du 1er au 11 août (entrée libre)

http://www.forumdesimages.fr/fdi/Festivals-et-evenements/Cinema-au-clair-de-lune

SPECTACLE

A Paris Quartier d’été, pleins de théâtre et de danse du 14 juillet au 11 aout

http://www.quartierdete.com/

CONCERT

Le Festival Soir d’été c’est cette semaine only

http://quefaire.paris.fr/fiche/58957_le_festival_soirs_d_ete_du_3e_oui_fm

DANSE

Pour danser, c’est sur les quais :

http://salsanewz.wordpress.com/2013/04/10/informations-concernant-les-quais-de-seine-salsa-a-paris-2013-paris-danses-en-seine/

PLAGE

Et le classique Paris Plage !

http://www.paris.fr/pratique/paris-plages/paris-plages-2013/rub_9925_stand_132525_port_24766

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Thé à la menthe ou t’es citron?

On oublie parfois à quel point on peut rire au théâtre. Le vaudeville reste un genre sûr en matière de comique de situation, quiproquo et autres jeux de mots plus ou moins fins. Alors, quand c’est une bande d’acteurs maladroit et mauvais qui s’emparent d’une telle création, la pièce devient vite calamiteuse… et hilarante. Bienvenue dans Thé à la menthe ou t’es citron !

Cette comédie, écrite par Patrick Haudecœur (dans le rôle du jeune premier) et Danielle Navarro-Haudecœur et récompensé par le Molière  du meilleur spectacle comique en 2011, fait salle comble tous les soirs. Et, chaque soir, les spectateurs sortent ravis, le sourire aux lèvres et repus de fou rire. Par quelle magie ? Celle d’une mise en scène superbement rodée, d’acteurs qui s’amusent à se parodier. Car c’est bien de théâtre dans le théâtre qu’il s’agit. Le rideau se lève sur un décor incomplet de salon du XIXe siècle où commence un Vaudeville qui nous paraît tellement mauvais qu’on prend peur. C’est ça, la pièce? Non! Lorsque la tasse de té se renverse sur la robe de la comédienne, c’est le pompon : la metteur en scène intervient, le chef déco continue sa mise en place, la costumière fait ses ajustement, les acteurs s’engueulent. S’enchaîne alors la répétition de plus en plus catastrophique de la futur pièce. Petit à petit, les acteurs révèlent leur potentiel comique et l’on se met à rire tellement ils sont mauvais. Les gags vont crescendo, les ratés aussi. Puis la répétition finie, on passe au soir de la première, et là, c’est un véritable feux d’artifice de loupés et de gags inattendus! Rien ne va plus, à la plus grande joie du public. Le rire est communicatif, le rythme soutenu comme il faut, on se détend complètement. On comprend alors pourquoi cette pièce a de beaux jours devant elle : on peut qu’en dire du bien en sortant !

Au Théâtre Fontaine

 
Thé à la menthe ou t'es citron au Théâtre Fontaine

Race

Il m’arrive parfois de sortir le nez de mon écran d’ordinateur pour aller au théâtre. La semaine dernière, je me suis laissée tenter par une pièce dont on m’avait dis beaucoup de bien. Mais de quoi parle vraiment Race, pièce de David Mamet qui se joue en ce moment au théâtre du Rond Point ?

Dans un décor de bureau d’avocat des plus explicites, un homme blanc et riche arrive : il est accusé d’avoir violé une jeune femme noire dans une chambre d’hôtel. L’affaire est liée au problème racial, qu’on le veuille ou non : or ce cabinet d’avocat est composé d’un pro du barreau blanc et d’un autre noir. Travaille aussi avec eux une jeune femme, noire elle aussi. La venue de ce client potentiel, le choix de le défendre ou pas, prouver ou croire en sa culpabilité ou son innocence, engendre un débat sans fond sur le sujet de la couleur de peau. Les blancs contre les noirs, mais tous menteurs, racistes, appliquant une discrimination positive. Si la pièce, américaine, datant des années 2009, est assez connotée culturellement, elle ne peut faire qu’échos dans notre société, surtout après l’affaire DSK et pendant des élections. Quoi qu’il en soit, le texte est des plus agréables à écoute, la rhétorique fait mouche et les retournements de situations plutôt bien trouvés. Les acteurs donnent de la chaire à leur propos et Yvan Attal, surtout, trouve une justesse dans ses répliques. On note aussi la présence de qualité de Sara Martins, qu’on a pu voir dans Pigalle la Nuit ou Death In Paradise. A voir, donc !