Master of None

Quand on entend le pitch de la (plus si) nouvelle série comédie de Netflix, Master of None, on ne peut s’empêcher de douter un peu. Qu’est-ce qui peut être drôle dans la vie d’un acteur indien new-yorkais d’une trentaine d’année ? Hé bien la surprise est de taille : beaucoup de choses !

Aziz Ansari ne paie pas de mine. Certains le connaisse de la série Parks and Recreation, mais il n’est pas vraiment une figure notable. Mais Aziz est sympathique, il a  la repartie facile et porte une bonhommie joyeuse. C’est de là qu’il tire le jus de sa comédie : les situations du quotidien sont vues avec beaucoup de douceur et ce recul moqueur et second degré dont les trentenaires d’aujourd’hui sont capables (et je sais de quoi je parle !). Chaque épisode porte un thème bien précis, délayé dans un verbe qui fait agréablement penser à Woody Allen. Master of None se révèle ainsi très plaisant, un peu inégal parfois mais tellement cool (dans le sens hippy du terme) qu’on lui pardonne. Aziz va devenir votre nouveau meilleur copain !

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Mr Robot

Si vous ne devez regarder qu’une nouvelle série pendant les vacances, je vous conseille celle-là. Mr Robot est la nouvelle création d’un petit network qui monte, USA Network. Créée par Sam Esmail (qui porte donc bien son nom), la série plonge dans l’univers de hackers et la théorie du complot.

Eliott est un petit génie de l’informatique et inapte au monde qui l’entoure. Dans un New-York où les bas-fonds côtoient les grandes sociétés, Eliott regarde la vie des gens sur Facebook et, la nuit, dénonce les pédophiles et les dealers. Mais voilà qu’un mystérieux Mr Robot lui propose un plus gros poisson : la multinationale qui gère dans l’ombre tant de firmes qui contrôlent la vie des gens… A l’issu d’un pilote d’un peu plus d’une heure, on est convaincu par le rythme de cette série, son ton à la fois thriller et dramatique, et surtout son personnage principal, l’étrange Eliott, qui dit tout haut ce qu’on pense parfois tout bas. Critique de la société menée par l’argent, envie d’envoyer balader le système… si la théorie du complot est simplifiée pour les besoins de la fiction et passe parfois par des chemins un peu lourd, le thème est bien traité et on a très envie de savoir jusqu’où Eliott va aller et si, in fine, les hackers peuvent vraiment nous sauver du système… réponse à la fin de la saison 1 ?

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The Newsroom

Il y a certaines séries que les connaisseurs attendent toujours avec impatience. The Newsroom en faisait partie. Diffusée en juin sur HBO, la nouvelle création du scénariste Aaron Sorkin, connu pour le film facebookien The Social Network mais aussi la série The West Wing ( A la Maison Blanche) nous promettait monts et merveilles. Pourtant, elle en a déçue plus d’un… coup râté ou question de goût?

The Newsroom, c’est la salle principale de la chaîne d’information en continu où toute l’équipe qui fait l’émission phare du soir travaille. Parmi elle, le présentateur vedette, Will McAvoy (Jeff Daniels de Dumb & Dumber), sa nouvelle productrice (la géniale Emily Mortimer) et une floppée d’assistants (dont Alison Pill et Dev Patel). Un super casting, donc, pour raconter les coulisses du journalisme télévisé du soir, en mettant en avant le personnage de Will qui oscille entre nécéssité de s’adapter à un nouveau monde et rançon de la célébrité.

Alors, c’est quoi le problème? Ce n’est certainement pas la caractérisation des personnages, car, pour un épisode pilote, on capte très vite quelle est la place de chacun et surtout quel rôle ils devraient être amenés à jouer dans la suite. Bien qu’ils soient un peu tous typés petits génies pas vraiment doués pour les relations humaines (écho classiquement sorkinien), on s’attache assez facilement à leurs intrigues. Il y a de l’humour, du suspens, bref, on y croit.

Par contre, là où le bas blesse, c’est bien dans la façon dont les personnages sont dans la constante agitation et dans le constant bavardage, parfois inutile. Encore une fois, on sait que Sorkin aime les dialogues sans fin, mais c’est le meilleur moyen pour faire sortir le spectateur de l’intrigue, en lui faisant un peu peur et en lui donnant surtout l’impression qu’il ne pourra pas tout suivre. On dirait un exercice de style tournant sur lui-même, oubliant parfois le spectateur qui ne serait pas un fanna du genre sur le côté. On en prend un peu trop plein les oreilles et le cerveau : l’impression persiste que The Newsroom n’est pas une série à regarder à la légère. C’est peut-être cependant là la raison qui doit nous forcer à regarder une telle série : sa qualité est indéniable malgrè une facilité du propos et un petit côté donneur de leçon. Il faut alors accepter de se faire un peu secouer et ne pas avoir peur de ne pas aimer, car c’est quand même un produit de bonne qualité ou plutôt, dans tous les sens du terme, une série d’auteur.