Prometheus

C’était un des films les plus attendus de cette année. Ridley Scott, après quelques ratés, devait revenir dans toute sa splendeur avec PROMETHEUS, grosse machine de science-fiction se présentant comme un prequel d’Alien, un des films qui a propulsé Scott au rang de grand et qui est désormais un grand classique du genre. Le films est-il à la hauteur?

J’ai entendu beaucoup d’avis différents avant de découvrir Prometheus, ce qui fait que mon jugement n’est peut-être pas des plus objectif. Mais je suis pourtant tombée d’accord avec l’avis de beaucoup de mes collègues scénaristes : l’histoire est trop pleine d’incohérences, et cela gâche le plaisir. Car on ne peut pas nier que le film est bien fait visuellement et que Scott a bel et bien un certain savoir faire dés qu’il s’agit de vaisseaux spatiaux, d’extra-terrestre et de suspens. Mais pourquoi refaire le même film pour que ce soit moins bien? Car si Alien semblait couler de source et s’accrochait surtout au personnage de Ripley, que l’on ne quittait pas d’une semelle et avec laquelle on était en empathie du début à la fin, nous avons à faire dans Prometheus à de multiples personnages qui essayent chacun de se détacher et de prendre un rôle qui n’est pas le leur. Du coup, on n’est jamais complétement dans l’histoire, et les actions se succèdent sans que l’on s’attache aux informations qu’on nous délivre. Si quelques scènes sont en passe de devenir culte, elles sont très indépendamment du reste du film qui prête limite à rire, tant les ficelles sont grosses, improbables et même parfois contradictoires. Enfin, il est clair qu’il est intéressant de soulever des questions, mais parfois il est bon d’y répondre au moins un minimum. On reste beaucoup dans le flou. Certes, il a fallu que Scott se laisse des cartouches pour le deuxième opus, mais il ne faut pas non plus exagérer. Enfin, on ne peut pas dire qu’il ne s’est pas donné tous les moyens, notamment un casting plutôt éclectique, où Fassbender étonne en robot parfois un peu trop calé en la matière. Quand à Noomie Rapace, elle s’en sort bien mais n’arrive pas à la cheville de Sigourney Weaver. On se demande un peu ce que Charlize Theron fait ici. Enfin, on retrouve quelques acteurs de séries, Idris Elba par exemple (Luther) ou Sean Harrys (The Borgias). Mais même eux n’arrivent pas vraiment à donner sens à cette quête des origines qui n’y va pas avec le dos de la cuillère. Bref, de l’ennui là où Alien nous passionnait, Prometheus n’est pas à la hauteur.

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Luther

J’ai entendu parlé de la série Luther il y a deux ans, lorsque la première saison a été diffusée sur BBC One. Je n’ai pas eu le temps de regarder le résultat à l’époque. Mais lorsque j’ai vu que ce polar psychologique allait être diffusé sur Canal + à partir du 23 avril, je me suis dis que vous souhaiteriez peut-être en savoir plus…

Luther, série anglaise donc, a été créé par Neil Cross, à qui l’on doit également Spooks. Elle raconte l’histoire de John Luther, policier brillant mais violent qui reprend le travail après une dépression suite à une enquête qui a mal tourné.  A priori, rien de bien original. Mais Idris Elba, vu dans The Wire, incarne ce flic inspiré de… Sherlock Holmes et Columbo, et oui ! Plus dans la méthode que le personnage en lui-même : on ne cherche pas le coupable, mais la façon dont il a effectué son crime. Ici, c’est Ruth Wilson (Jane Eyre dans la dernière version de la BBC) qui incarne la tueuse surdouée et très manipulatrice avec laquelle Luther va mener une danse dangereuse.  Ce duo s’affronte dans un jeu psychologique où ils vont découvrir qu’ils ont beaucoup plus en commun qu’ils ne le pensent. Cette relation, dérangeante et dérangée, est le lien majeur et axe dramatique principal de la série, du moins de cette première saison : Luther délaisse même sa femme (Indira Varma, vue dans Torchwood et Rome) pour son but.

Si Luther n’est en rien une révolution du genre, on remarque encore à quel point les séries anglaises axent leurs points forts sur un lien dans un duo ou un groupe, et travaillent à fond la psychologie de leurs personnages. De quoi vous assurer d’agréables soirées en cas de désert télévisuel.