The Crown VS Victoria

Deux reines. Deux séries télés de grande envergure. La première, dans l’ordre chronologique, est Victoria, qui fut appelée à régner dans les années 1830 et qu’ITV fait renaitre sous la plume de Daisy Goodwin. La seconde, que nous connaissons bien, n’est autre qu’Elisabeth II qui fait ses premiers pas de reine dans The Crown, sur Netflix, dans une série créée par Peter Morgan (a qui l’on doit les scénarios de The Queen, Frost/Nixon,…). Alors, est-ce que je suis plus Jenna Coleman ou Claire Foy ?

J’en étonnerai peut-être plus d’un en disant que mon coeur de sériephile balance du côté de… The Crown. Car bien que le créateur et scénariste de la série soit anglais, pour une fois, en terme de fiction historique, et bien, les américains ont fait mieux. Les deux séries sont bien différentes, qu’on ne s’y méprenne pas. D’un côté, Victoria se concentre vraiment sur la très jeune reine, à peine 18 ans, qui se voit propulsée sur le trône, qui est convaincu d’être entouré d’ennemi et va passer tout son temps à se battre, parfois comme l’enfant dans son monde qu’elle est. Du moins, c’est ce que la série laisse entrevoir, ce qui lui donne malheureusement un côté quelque peu agaçant, m’empêchant personnellement d’être en empathie avec elle et de la trouver vraiment touchante. Alors il est vrai que n’étant pas hyper fan de Jenna de manière générale et ayant du mal avec son jeu, cela me gâche un peu l’affaire. Mais n’empêche : Victoria est ultra classique dans son écriture et sa réalisation, un peu lourde pour tout dire, ou du moins trop déjà vu. Pour le coup, la télé britannique ne nous a pas surprise.

Cela permet à The Crown de tirer son épingle du jeu. Car il ne s’agit pas tant d’Elisabeth que de « la couronne », cette institution, ce poids, cette monarchie si chère aux anglais, et de ce que cela signifie de l’incarner. Ainsi, il s’agit aussi bien d’Elisabeth II que de son père, son mari, toute sa famille, mais aussi Churchill (la série commence en 1947), le gouvernement anglais, bref, tout un pays qui vit à travers Buckingham Palace. Bien sûr, on sent que le budget n’est pas le même, qu’on peut se permettre d’aller en Afrique filmer des éléphants et renforcer l’esprit carte postale que peuvent donner certaines séries Netflix. Mais tout de même, le personnage de Georges IV puis d’Elizabeth sont admirablement dignes, les personnages gravitants autour d’eux se battent pour exister (notamment un extraordinaire Matt Smith), et c’est une vraie curiosité de comprendre ce qui se trame dans les couloirs de cet étrange pouvoir. On sent bien sûr que le scénariste est le même que The Queen, dans l’atmosphère, les dialogues, ce personnage énigmatique de reine qui est encore là plus de 50 ans après. Mais les épisodes se dévorent sans réfléchir, sans se lasser. On a presque l’impression de faire partie de la famille, à force. C’est là qu’on sait qu’une série est réussite.

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The Durrells

Downton Abbey vous manque ? Vous n’avez plus votre dose de Lakerise to Candleford et autre Call the Midwife ? Pas de panique : la télévision anglaise a toujours, toujours sous la main la série familiale historique chaleureuse et attachante. La dernière en date ? The Durrells, sur ITV.

Adapté par le scénariste Simon Nye de la trilogie The Corfu Trilogy de Georges Durrells, la série raconte l’histoire d’une mère et de ses quatre enfants. Complétement dépassé par les dettes et les problèmes d’éducation, Mrs Durrells décide de quitter Porthsmouth pour l’île grecque de Corfu. A l’époque, à Corfu, il n’y avait ni béton, ni électricité : seulement la vie sauvage, de quoi défriser nos petits anglais. Le pilote nous montre de façon efficace, quoi que parfois un peu grossière, les caractérisations des personnages, nous laissant entrevoir quels vont êtres leur problématiques et leurs évolutions. C’est un sentiment presque nostalgique qui émerge pourtant, comme lorsqu’on se souvient des vacances en famille lorsqu’on était enfant. C’est donc vers un guilty pleasure que se dirige cette série, dont une saison deux a été commandé.

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Houdini & Doyle

Il n’y a bien que les anglo-saxons pour oser s’amuser à ce point avec une série télé. Une série ludique, légère, efficace. Dans la veine de Death In Paradise ou encore The Librarians (dont David Titcher est aussi co-créateur), ITV, Fox et la chaine canadienne Global présentent Houdini & Doyle.

Vous l’aurez compris, tout est dans le titre : il s’agit d’une série dont les personnages principaux sont Harry Houdini, le magicien, et Arthur Conan Doyle, l’écrivain père de Sherlock Holmes. La paire se retrouve pour… résoudre des meurtres ! Mais pas n’importe lesquels : ceux entourés d’une aura mystérieuse, qui semblent dépasser la logique et l’entendement… Doyle croit au surnaturel, Houdini, en bon magicien, le réfute complétement. Petit côté X-Files, vous dites ? On en est loin, mais il y a un peu de ça ! Accompagnée par une femme policier, très rare à l’époque, ils vont d’aventures en aventures. Le pilote vend vraiment bien l’affaire : c’est plaisant, il y a une dose correcte de suspens, les comédiens s’amusent (le plaisir de retrouver Stephen Mangan d’Episodes) et on ne s’ennuie pas. L’écriture menée par  David Shore (House),  David Hoselton et David Titcher se compléte avec la réalisation de Stephen Hopkins (Californication, 24). Pas vraiment original, mais le genre de série à garder au chaud pour les dimanches soirs !

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Christmas Specials are coming !

Le compte à rebours est lancé ! Dans un peu plus de 20 jours, ce sera Noël. Quand on est sériphile, à Noël, en plus du chocolat et du fois gras, ce qu’on attend en trépignant, ce sont les épisodes spéciaux de nos séries favorites que nous offre la télé anglaise ! Véritable religion outre-manche, ce programme des fêtes évitent les innombrables rediffusions des classiques que l’on a déjà vu en masse pour de la fiction de qualité inédite. Cette année encore, nous allons être gâtés :

Sur la BBC :

Doctor Who : bien sûr, cet épisode est très très attendu, car ce sera le dernier du Doctor Matt Smith.

Call the Midwife : elles nous manquent, les sage-femmes de la BBC. On les retrouvera avec plaisir cette année !

Death Comes to Pemberley : les amateurs de Jane Austen ne sont jamais en reste à Noël ! Cette année, la BBC adapte la suite de Pride and Prejudice, écrit par PD James… de quoi vous mettre l’eau à la bouche : http://www.dailymail.co.uk/femail/article-2516159/Downton-Darcy-Let-battle-begin-Cool-Mary-faces-prim-Lizzie-clash-Christmas-TV-titans.html

– Pour le 1e janvier, histoire de commencer l’année en beauté, c’est la 3e saison de l’excellente série Sherlock qui débarque sur les écrans.

Sur ITV :

– la série phare de la chaîne, Downton Abbey, revient pour un épisode spécial de deux heures ! Une bonne dose de la famille Crwaley qui nous permettra de tenir l’année.

Vivement Noël !

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Broadchurch

La tendance des polars venus du froid, où l’ambiance est toujours terne et dont l’enquête, qui court sur une saison, concerne souvent le meurtre d’un mineur, est toujours d’actualité. La dernière création du genre est anglaise, elle a commencé lundi sur ITV : Broadchurch.

Créée par Chris Chibnall (que les whovians connaissent bien), cette série commence lorsque le corps d’un petit garçon de 11 ans est retrouvé sans vie sur la plage du petit village de Broadchurch, où tout le monde se connait. Commence alors l’enquête menée par le patibulaire et secret nouvel inspecteur Alec Hardy (David Tennant, plus sombre que jamais). Mais on s’intéresse surtout aux répercussions du deuil, à la psychologie de la famille, aux bouleversements qu’un meurtre peut entrainer dans une petite communauté, tout comme au rôle de la presse dans ce genre de cas. Le casting, sans reproche, porte l’histoire aux ficelles un peu trop visibles et réussit à nous faire suivre jusqu’au bout un épisode pilote à l’atmosphère parfois un peu lourde. Mais il semble que ce soit le prix à payer pour que le tout soit efficace et touchant. A voir si la suite gagne en subtilité et surtout si elle ne s’enlise pas en nous emportant dans le passé du personnage de David Tennant qui semble en avoir beaucoup à raconter.

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Ripper Street VS Mr Selfridge

En Angleterre, il est légion pour les deux grandes chaînes BBC et ITV de faire des séries abordant les mêmes thèmes ou le même genre. Ainsi, l’une et l’autre nous assaillent de nouveautés dans un genre moribond en France mais ultra-populaire outre-manche : l’historique.

D’un côté, chez BBC, c’est avec Ripper Street qu’on replonge dans les années 1890, alors que Londres semble s’être débarrassé de Jack l’Éventreur. Mais voilà qu’on retrouve une nouvelle femme assassinée selon le modus operandi du serial killer… est-il de retour? C’est ce que l’inspecteur Reid (Matthew MacFayden) va tenter de découvrir. Si on regrette que l’intrigue en elle-même ne soit pas assez complexe pour un épisode pilote, on est cependant bien accroché par les personnages et le contexte est prometteur pour la suite. Pas très original à première vue, dans la lignée du récent Copper américain, mais assez efficace pour qu’on veuille voir ce qu’il va arriver au héros.

De l’autre côté, chez ITV, on nous présente Mr Selfridge, série retraçant l’histoire du dit monsieur, à l’origine d’un des plus luxueux magasins de Oxford Street en 1909. Ce Londres là est beaucoup plus glamour, les personnages plus nombreux, mais le résultat bien plus fouillis et un peu plus téléphoné. Créée par Andrew Davies, un vieux de la vieille à qui l’on doit Little Dorrit, ce pilote se place directement en concurrence avec The Paradise, l’adaptation de la BBC d’Au Bonheur des Dames de Zola. Le casting est bien sûr impeccable, mais pour l’instant ça manque un peu de piment. On ne manquera quand même pas de lui laisser une seconde chance avec l’épisode deux.

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Christmas is in the air !

Parfois, je suis nostalgique de ma vie à Londres et de l’English way of life. Cependant, à Noël, je suis toujours soulagée de voir que la télévision anglaise est loin de moi : sinon, je passerais quatre jours devant la télévision, au détriment de ma famille et des fêtes de fin d’année. Pourquoi ? Parce que fin décembre est la période où la BBC, ITV, j’en passe et des meilleurs nous offrent des épisodes spéciaux de nos séries préférées. Cette année, l’habituel Doctor Who qui rencontrera son futur compagnon, Downton Abbey VS Call The Midwife et le final de la série Merlin. Beau programme, dont on se réjouit à la veille du début de ce mois de décembre :

 

Downton Abbey : money makes the world go round

Attention, il vaut mieux avoir vu l’épisode sous peine de spoilers!

Ma série historique anglaise favorite a fait son grand retour dimanche soir sur ITV. Neufs longs mois après un épisode spécial Noël, Downton Abbey, dont je vous avais parlé ici, revient pour une saison 3 se déroulant durant l’été 1920, qui ne sera certainement pas de tout repos pour la famille Grantham et ses domestiques…

Quel plaisir de retrouver les habitants du domaine de Downton ! Ce première épisode nous replonge immédiatement dans l’ambiance et on retrouve les personnages comme on les aime, alors que de grands changements se préparent. En effet, il semble que l’intrigue principale de cette saison tourne autour de la fortune de de Lord Grantham qu’un mauvais placement lui a fait perdre. Comment va-t-il se relever? va-t-il être obliger de vendre Downton? Et si un héritage inattendu de Matthew Crowley, dont le mariage avec Mary est célébré à la fin de l’épisode, peut les sauver de la ruine… à condition que Matthew accepte d’en faire don à son nouveau beau-père ! Cette situation financière délicate risque d’impliquer beaucoup de monde à Downton, peut-être même la mère de Lady Grantham (la nouvelle venue Shirley McLane, rivale à la hauteur pour Maggie Smith!) venue de New-York pour la noce…

Bien sur, il ne faut pas oublier les nombreuses intrigues amoureuses qui semblent se dessiner. Edith s’entiche fort peu discrétement d’un homme plus vieux qu’elle, et Mary essaie de faire accepter à sa famille son mari chauffeur avec qui elle s’est enfuit et de qui elle est enceinte. Et les domestiques ne sont pas en reste. Bates est en prison, et Anna cherche à le faire innocenter par tout les moyens. Y arrivera-t-elle? Daisy semble vouloir faire des siennes également, et de nouveaux arrivants, à commencer par le neveu de Miss O’Brien, promettre de l’animation dans les cuisines.

Ce « season premiere » est donc très réussi, un peu plus long que la normale pour bien nous replonger dans l’atmosphère de la série. Des pistes intéressantes sont lancées, des drames se préparent dans l’atmosphère joviale du mariage (car, bien qu’on ne croit pas une seule seconde au fait que la querelle de dernière minute empêche les tourtereaux de convoler, on est quand même soulager que le mariage est bien lieu!). Les dialogues sont toujours aussi efficaces, l’ironie dramatique fait son effet, le casting est toujours parfait, bref, vivement la suite!