One day at a time

Les sitcoms tournent souvent autour de deux grandes thématiques. Je suis plutôt habituée à regarder celles tournant autour de l’amitié, des trentenaires, Friends, Big Bang Theory et compagnie. Mais il y a aussi celle autour de la famille, qui jusqu’à présent n’était pas vraiment mon truc. Jusqu’à ce que Netflix remette au goût du jour une sitcom américaine des années 80 : One day at a time (Au fil des jours). Je ne m’attendais pas à autre chose que le récent retour de La Fête à la Maison, qui m’ennuie profondément… et j’avais tord.

Dans One day at a time, il n’y a en apparence rien d’extraordinaire. Une mère célibataire, ancienne infirmière de l’armée, doit se débrouiller pour élever ses deux enfants ados avec l’aide de sa mère qui vit de ses racines cubaines. Elle peut compter sur l’aide du propriétaire de son appartement en cas de pépin. Cette joyeuse troupe traverse les petits soucis de la vie, normale, quoi. Mais voilà, il y a quelque chose en plus, ici. Est-ce par les thématiques assez engagées que la série aborde en ces temps troublés (féminisme, immigration, homosexualité,…) ou bien parce que les comédiennes (Justina Machado et Rita Moreno en tête) sont particulièrement fantaisistes et touchantes ? Surement un savant mélange des deux, qui fait que One day at a time devient vraiment attachante. Elle se dévore en un rien de temps, et on se retrouve à avoir hâte de retrouver un peu de magie cubaine dans nos journées.

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The OA

Il parait que c’est la série dont tout le monde parle en cette période de transition 2016/2017. C’est sur que The OA, dernière fiction originale de Netflix, est un ovni sur beaucoup de plans différents. Tout d’abord, on n’en a entendu parlé que la veille de sa diffusion. Aucune pub, mais un véritable buzz tardif. De plus, les créateurs Brit Marling et Zal Batmanglij sont aussi respectivement la comédienne principale et le réalisateur unique de ces 8 épisodes aux durées variables. Enfin, parce que The OA semble survoler les règles des séries classiques. Changement de point de vue, de décor, de temporalité, mystère non résolu, raccourcis scénaristiques, crédibilité douteuse de certaines choses… malgré tout cela, The OA fonctionne, car cette série arrive a allié fond et forme autour du même thème : qu’est-ce que nous sommes prêts à croire ? The OA, c’est l’autre nom de Prairie Johnson, celui qu’elle se donne depuis qu’elle a réapparu mystérieusement en ayant retrouvé la vue alors qu’elle a disparu il y a sept ans alors qu’elle était aveugle. Elle rassemble autour d’elle cinq personnes très différentes à qui elle choisit de raconter son histoire… et leur demande de l’aider à sauver des gens. On ne peut s’empêcher d’être intrigué tout du long, de voir où nous emmène Prairie, d’être en super empathie avec les cinq personnages qui l’écoutent et qui sont très réussi.  Dans une certaine mesure, elle fait un peu l’effet qu’a dû faire Twin Peaks à son époque. Est-ce que cela deviendra le même classique ? Pas sûr, mais en tout cas, ça reste une très bonne surprise !

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The Crown VS Victoria

Deux reines. Deux séries télés de grande envergure. La première, dans l’ordre chronologique, est Victoria, qui fut appelée à régner dans les années 1830 et qu’ITV fait renaitre sous la plume de Daisy Goodwin. La seconde, que nous connaissons bien, n’est autre qu’Elisabeth II qui fait ses premiers pas de reine dans The Crown, sur Netflix, dans une série créée par Peter Morgan (a qui l’on doit les scénarios de The Queen, Frost/Nixon,…). Alors, est-ce que je suis plus Jenna Coleman ou Claire Foy ?

J’en étonnerai peut-être plus d’un en disant que mon coeur de sériephile balance du côté de… The Crown. Car bien que le créateur et scénariste de la série soit anglais, pour une fois, en terme de fiction historique, et bien, les américains ont fait mieux. Les deux séries sont bien différentes, qu’on ne s’y méprenne pas. D’un côté, Victoria se concentre vraiment sur la très jeune reine, à peine 18 ans, qui se voit propulsée sur le trône, qui est convaincu d’être entouré d’ennemi et va passer tout son temps à se battre, parfois comme l’enfant dans son monde qu’elle est. Du moins, c’est ce que la série laisse entrevoir, ce qui lui donne malheureusement un côté quelque peu agaçant, m’empêchant personnellement d’être en empathie avec elle et de la trouver vraiment touchante. Alors il est vrai que n’étant pas hyper fan de Jenna de manière générale et ayant du mal avec son jeu, cela me gâche un peu l’affaire. Mais n’empêche : Victoria est ultra classique dans son écriture et sa réalisation, un peu lourde pour tout dire, ou du moins trop déjà vu. Pour le coup, la télé britannique ne nous a pas surprise.

Cela permet à The Crown de tirer son épingle du jeu. Car il ne s’agit pas tant d’Elisabeth que de « la couronne », cette institution, ce poids, cette monarchie si chère aux anglais, et de ce que cela signifie de l’incarner. Ainsi, il s’agit aussi bien d’Elisabeth II que de son père, son mari, toute sa famille, mais aussi Churchill (la série commence en 1947), le gouvernement anglais, bref, tout un pays qui vit à travers Buckingham Palace. Bien sûr, on sent que le budget n’est pas le même, qu’on peut se permettre d’aller en Afrique filmer des éléphants et renforcer l’esprit carte postale que peuvent donner certaines séries Netflix. Mais tout de même, le personnage de Georges IV puis d’Elizabeth sont admirablement dignes, les personnages gravitants autour d’eux se battent pour exister (notamment un extraordinaire Matt Smith), et c’est une vraie curiosité de comprendre ce qui se trame dans les couloirs de cet étrange pouvoir. On sent bien sûr que le scénariste est le même que The Queen, dans l’atmosphère, les dialogues, ce personnage énigmatique de reine qui est encore là plus de 50 ans après. Mais les épisodes se dévorent sans réfléchir, sans se lasser. On a presque l’impression de faire partie de la famille, à force. C’est là qu’on sait qu’une série est réussite.

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The Get Down

Avant de crouler sous les nombreuses nouvelles séries qui débarquent chaque année à la rentrée, revenons quelques semaines en arrière. Dans les turpitudes de la chaleur estivale, Netflix a fait un nouveau « coup » en dévoilant la première saison de la première série du réalisateur de cinéma Baz Luhrmann : The Get Down.

Avec Luhrmann, il ne faut pas s’attendre à quoi que ce soit de sage. Son style est bien connu pour être extravagant, énergique, foisonnant. Après sa trilogie du rideau réussie et quelques films ratés, on l’attendait au tournant. Bien sûr, avec un sujet comme le hip hop et la naissance du rap à la fin des années 70′ dans le Bronx, il se facilite la tâche : un univers musicale, du street-art, des guerres de gang, la misère, l’espoir. Pour aborder tout ça, il a choisi de raconter l’histoire d’un jeune garçon, avec un don inouï pour les mots, qui veut séduire une jeune fille, qui a une voix magnifique. Histoire d’amour la plus banale, mignonne, fleur bleue. Mais rien n’est simple, et si on mélange au cocktail un grand maitre DJ, un chef de bande qui fait à la fois du kung-fu et du scratch, des bandits, des politiciens véreux, un pasteur stricte, j’en passe et des meilleurs, on arrive très vite à… l’indigestion. Il y a pleins de jolis choses dans The Get Down, mais les choix de mis en scène parfois un peu trop extrêmes et kitchs, les méandres du scénario devant lesquels on en vient parfois à s’ennuyer pendant le pilote d’une heure et demie font qu’on peut vite se décourager. Pourtant, au fur et à mesure qu’on avance dans les épisodes, les choses se posent, cessant de compter sur la première impression, essayant d’aller un peu plus loin dans le parcours des personnages qui en deviennent attachants. La série trouve son beat, un peu tard certes, mais qu’on apprivoise et qu’on se met à apprécier.

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Été frisson : Stranger Things VS The Living and the Dead

Petite parenthèse dans les séries classiques de l’été à rattraper pour vous faire découvrir deux nouvelles séries, l’une américaine, l’autre anglaise, pour vous faire frissonner sous la chaleur estivale, les soirées d’orage. Les deux se déroulent dans les années 80… à un siècle d’écart. Ne loupez pas Stranger Things, hommage au ciné US des années 1980, ni The Living and the Dead, renouveau du genre thriller supernaturel victorien, se déroulant en 1888.

Bien sur, je ne vous étonnerai pas en vous disant que mon coeur penche du côté de The Living and The Dead. Avec aux commandes Ashley Pharoah et Matthew Graham (co-createurs et scénaristes de Life On Mars et Ashes To Ashes) c’est Colin Morgan (Merlin)qui endosse le rôle de Nathan Appleby, un pionnier de la psychanalyse qui revient au domaine familiale et se heurte à de très étranges événements… fantômes, enfants possédés,… à chaque épisode, Nathan doit trouver des solutions à ses étrangetés qui menace son domaine. C’est subtil, effrayant, très british, les personnages semblent tout droit sortis de chez Dickens et Mary Shelley. Les six épisodes se dégustent comme une gourmandise. C’est sur la BBC, pas de diffusion française prévue pour le moment.

Changement de décor avec Stranger Things, qui semble la sensation du moment. Et pour cause : avec autant de références cinématographiques, avec des méchants bien méchants, un attrait conspirationniste, des personnages d’enfant avec qui on a envie d’être copains, un côté rétro so à la mode, Stranger Things a tout compris. Un laboratoire où il se passe des choses pas net dont s’échappe une étrange petite fille, un monstre qui mange les gens (et qui peut vraiment faire flipper), un petit garçon qui disparait, ses amis et sa mère qui partent à sa recherche. Doucement, toutes les pièces du puzzle se mettent en place, la narration étant très efficace malgré quelques moments d’essoufflement. Les frères Duffer, qu’on va désormais surveiller de près, ont réussi leur entrée en matière, c’est sur ! C’est sur Netflix.

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Master of None

Quand on entend le pitch de la (plus si) nouvelle série comédie de Netflix, Master of None, on ne peut s’empêcher de douter un peu. Qu’est-ce qui peut être drôle dans la vie d’un acteur indien new-yorkais d’une trentaine d’année ? Hé bien la surprise est de taille : beaucoup de choses !

Aziz Ansari ne paie pas de mine. Certains le connaisse de la série Parks and Recreation, mais il n’est pas vraiment une figure notable. Mais Aziz est sympathique, il a  la repartie facile et porte une bonhommie joyeuse. C’est de là qu’il tire le jus de sa comédie : les situations du quotidien sont vues avec beaucoup de douceur et ce recul moqueur et second degré dont les trentenaires d’aujourd’hui sont capables (et je sais de quoi je parle !). Chaque épisode porte un thème bien précis, délayé dans un verbe qui fait agréablement penser à Woody Allen. Master of None se révèle ainsi très plaisant, un peu inégal parfois mais tellement cool (dans le sens hippy du terme) qu’on lui pardonne. Aziz va devenir votre nouveau meilleur copain !

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Narcos

Pablo Escobar, trafiquant de drogue colombien, est une source de mythe et d’imagination comme le sont les hommes qui marquent fortement l’Histoire de leur pays. Il n’est ainsi pas étonnant que Netflix ai décidé de faire une série autour de son histoire, Narcos, crée entre autre par Chris Brancato. Les scénaristes ont décidé de raconter l’histoire de Pablo avec un parti pris fort… au risque de ne pas plaire à tout le monde.

C’est toute la subtilité de la voix-off. Dans Narcos, tout au long du pilote et du second épisode (donc probablement de la série), l’histoire d’Escobar nous est narré par la voix d’un flic, le Sergent Murphy, qui va combattre Escobar. Une voi-off très présente qui nous explique tout ce qu’on voit à l’écran. Il est vrai que pour les spectateurs, ce n’est pas simple d’arriver à comprendre tous les enjeux complexes politiques, économiques, personnels qui se jouaient en même temps dans la vie d’Escobar. Mais voilà : tout va trop vite, et les quelques séquences clés nous donnent à peine le temps de nous attacher à ce qu’on nous raconte. Certes, la série réussi malgré tout à donner au personnage d’Escobar une bonne prestance et un magnétisme certain qui titille et donne un goût de reviens-y. Mais quand on n’est pas particulièrement fan de la voix-off, cette dernière fini par nous taper sur les nerfs, et ça va tellement vite qu’on finit par se lasser un peu du déballage. C’est dommage, et je suis sûre que certains apprécieront et trouveront la série à leur goût – je vous conseille paradoxalement d’y jeter un oeil, d’ailleurs… mais, moi, je passe mon chemin.

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Sense8

Nous sommes tous reliés les uns aux autres, que nous le voulions ou non. Influencés par ce que les autres disent, aiment, ressentent, leurs émotions, leurs sensibilités, leurs goûts, leurs touchés… Cette connexion, Lana et Andy Wachowski l’ont poussé à l’extrême dans leur première série, Sense8, diffusé sur Netflix. Et ils ne font pas les choses à moitié…

8 personnes différentes un peu partout dans le monde. Tous jeunes, beaux, mais différents : une DJ islandaise à Londres, un chauffeur de bus Kenyan, une businesswoman au japon,… gay, bi, tradi, voleur, gentils, méchants (mais pas trop quand même), ces huit personnages se réveillent un jour un peu différents, sous le coup d’une vision, celle d’une grande femme blonde. Ils ignorent encore qu’ils viennent de se fondre l’un dans l’autre, de se connecter à une nouvelle échelle, une nouvelle dimension. En voilà, un sujet de série foisonnant, un peu fou, voire même délirant ! Pourtant, c’est dans la lignée du cinéma des Wachowski, qui avaient abordé ces thèmes dans Cloud Atlas. Ici, ils ont 12 épisodes pour dérouler les fils, et prennent leur temps : il faut installer tous les personnages, qui ils sont, leur problématique, tout en les mêlant l’un à l’autre. Le résultat est de très bonne facture. Outre le côté technique brillant (casting, réalisation,…), c’est surtout du super divertissement. Ça part dans tous les sens mais on s’en fiche, on aime un personnage, puis l’autre, on s’attache, on a envie de savoir, bien que certains parcours ne soient pas des plus originaux et que les questions humaines, politiques ou philosophiques peuvent paraître bateau ou de la simple vulgarisation, bien que ce soit souvent too much, c’est scotchant. De la coolitude incarnée. Et plus on avance dans les épisodes, plus les pièces du puzzle se mettent en place, et moins on a envie de décrocher. C’est bien la première fois que la tentation du binge watching est si forte, au risque de s’en faire exploser  les neurones. Bref, si vous accrochez au pilote, vous êtes partis pour une belle aventure !

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Daredevil

Cela fait quelques années que les super héros en tout genre envahissent nos écrans. Cela a commencé par le cinéma, mais il n’a pas fallu bien longtemps pour que cela se propage aux séries. Il est vraie qu’un univers comme celui de Marvel est très riche… mais ne fait pas tout le temps de bonnes adaptations. Cependant, Netflix frappe un grand coup avec sa version de Daredevil.

Comme tout bon super héros masqué, Daredevil, aka Matt Murdoch, a une double identité : avocat le jour, justicier la nuit. Mais sa particularité, c’est qu’il est aveugle, rien que ça ! Ce qui a bien sûr décuplé ses autres sens et lui a surtout donné une féroce envie de foutre de sacrées raclées aux méchants de New-York, plus particulièrement ceux qui sévissent dans le quartier de Hell’s Kitchen. Dans cette version (on oubliera celle, au cinéma, avec Ben  Affleck), les choses ne sont pas faites à moitié : sombre, stylisé, avec quelques airs de Batman, des ambiances très americano-américaine… et pourtant, on se laisse prendre, au fur et à mesure, par le côté humain de ce super héros et, au bout du deuxième épisode, on se dit qu’il est quand même vraiment super fort, tout comme ces créateurs qui ont réussi à nous attraper dans leur filer. Bien sûr que c’est un peu tape-à-l’œil, mais après tout, du bon divertissement de super héros, de cette qualité là, on ne va pas bouder notre plaisir !

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Bloodline

On ne peut pas nier que Netflix adopte un rythme assez soutenu dans la sortie de nouvelles séries originales. Et non content d’être dans la quantité, la plateforme de VOD nous surprend en étant souvent dans la qualité. C’est le cas avec sa dernière née, le drame familial Bloodline.

Une réunion de famille dans les Keys, aux Etats-Unis. Entre soleil et la menace constante d’une tempête, la chaleur et le vent, les Rayburn se réunissent. Dés le départ, les tensions entre les quatre enfants sont mis en exergue, notamment avec l’ainé, le mouton noir ou le fils prodige, c’est selon. Plus l’épisode pilote avance, plus on comprend que tout cela va très mal tourner… Les créateurs, à qui l’ont doit la série Damages (Todd A. Kessler, Glenn Kessler et Daniel Zelman), semblent avoir tissé une histoire fratricide frisant la tragédie grecque. Quoi qu’il en soit, l’ambiance lourde et les non-dits nous attirent comme un aimant, le casting impeccable (surtout Kyle Chandler) donne du corps à un récit tout en lenteur, bref, le pilote est une belle promesse de ce qui nous attend par la suite.

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