The OA

Il parait que c’est la série dont tout le monde parle en cette période de transition 2016/2017. C’est sur que The OA, dernière fiction originale de Netflix, est un ovni sur beaucoup de plans différents. Tout d’abord, on n’en a entendu parlé que la veille de sa diffusion. Aucune pub, mais un véritable buzz tardif. De plus, les créateurs Brit Marling et Zal Batmanglij sont aussi respectivement la comédienne principale et le réalisateur unique de ces 8 épisodes aux durées variables. Enfin, parce que The OA semble survoler les règles des séries classiques. Changement de point de vue, de décor, de temporalité, mystère non résolu, raccourcis scénaristiques, crédibilité douteuse de certaines choses… malgré tout cela, The OA fonctionne, car cette série arrive a allié fond et forme autour du même thème : qu’est-ce que nous sommes prêts à croire ? The OA, c’est l’autre nom de Prairie Johnson, celui qu’elle se donne depuis qu’elle a réapparu mystérieusement en ayant retrouvé la vue alors qu’elle a disparu il y a sept ans alors qu’elle était aveugle. Elle rassemble autour d’elle cinq personnes très différentes à qui elle choisit de raconter son histoire… et leur demande de l’aider à sauver des gens. On ne peut s’empêcher d’être intrigué tout du long, de voir où nous emmène Prairie, d’être en super empathie avec les cinq personnages qui l’écoutent et qui sont très réussi.  Dans une certaine mesure, elle fait un peu l’effet qu’a dû faire Twin Peaks à son époque. Est-ce que cela deviendra le même classique ? Pas sûr, mais en tout cas, ça reste une très bonne surprise !

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This is us

La série dont je vais vous parler aujourd’hui n’a rien d’extraordinaire. Pas de costumes (ou presque), pas d’espions, pas de dragons, pas d’éclats de rire ni de drame larmoyant. L’originalité de This is us, nouvelle série de Dan  Fogelman (à qui l’on doit l’excellent Galavant) a d’originale qu’elle ne cherche pas à raconter autre chose que le banal, la vie de tous les jours… en la sublimant d’humanisme.

C’est l’histoire de Kate, Kevin et Randall, qui sont nés le même jour, et qui passe aujourd’hui la barre des 34 ans. C’est l’histoire de leurs parents, qui trente-quatre ans plus tôt, ramenait chez eux des triplés. Entre remise en question de soi et du couple, et crise de la quarantaine, difficultés des relations familiales, que ce soit avec ses parents, ses enfants, ses frères et sœurs, This is us explore de manière douce et poignante des vies somme toute normales. Certes, la série est un peu bavarde, bien sûr il s’agit d’une Amérique bien particulière, aisée avec une petite excursion du côté du racisme. On peut aussi surement lui reprocher de dégouliner de bons sentiments et parfois, un peu, de facilité. Mais elle arrive toujours à nous surprendre et à nous cueillir quand on ne s’y attend pas, tous les personnages se révèlent touchants et justes, et c’est là – à moins qu’on ne soit vraiment aigri – où elle fait fonctionner sa magie. Parfaite à dévorer devant le sapin !

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Crazy Ex-Girlfriend

On n’est jamais à l’abri d’une petite découverte série qui, a priori, ne paie pas de mine. Crazy ex-Girlfriend n’est pas une nouveauté, c’est une série dont la saison 2 est en diffusion. Vendue comme une série « comédie romantique musicale », elle a de quoi en effrayer plus d’un. Quoi, c’est une nana qui parle d’amour et qui chante ? Très peu pour moi… et pourtant, c’est drôle, c’est léger et beaucoup plus fin qu’il n’y parait.

Rebecca est un peu particulière. Brillante, énergique, elle a besoin de se faire aimer. Elle a connu l’amour  dans une colo avec Josh, et depuis, pas grand chose. Lorsque, la trentaine arrivée, elle tombe sur Josh dans les rues de New York, elle décide de tout plaquer et de partir habiter là où Josh habite : Wes Covina, Caifornie. Bien sûr, elle raconte à tout le monde qu’elle n’est pas là pour Josh, alors qu’en réalité, elle veut le reconquérir. Mais Josh a une copine, et Rebecca n’est pas du genre à faire les choses simplement… Rebecca, c’est Rachel Bloom, la créatrice de la série, avec sa comparse Aline Brosh McKenna. Les épisodes de 40 minutes sont donc ponctués de numéros musicaux, véritable parodie de tous les genres de musique qui existent : rock, rap, raggae, comédie musicale… mettant le pied dans les poncifs, la série les secoue et les rends particulièrement drôles. Chaque épisode  est un petit bonbon acidulé à prendre à la légère, qui change du gris de tous les jours. Alors certes, on se dit que tout est très exagéré, mais le propos qui se cache derrière, les thèmes de société abordées, sont plus nombreux et profond qu’on pourrait le penser. Et puis, c’est pleins d’amour, et ça, ça ne fait jamais de mal !

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Westworld

Il est peu probable que vous n’ayez pas vu au moins un article ou une publicité pour la nouvelle série de HBO, Westworld. Annoncée partout comme le nouveau Game of Thrones, diffusée sur OCS avec les honneurs, cette création de Jonathan Nolan (frère  de) et Lisa Joy, produite par JJ Abrams était plus qu’attendue par les sériphiles. Que donne le pilote ?

Westworld, c’est le nom d’un parc d’attraction comme il n’en existe pas encore. Le principe ? Vous envoyer au Far West, dans une reconstitution plus vraie que nature, avec des robots qui ne savent pas qu’ils en sont et qui vivent tous les jours les mêmes lignes d’intrigues pour votre divertissement. Tout est permis aux touristes, pas grand chose aux robots. Mais, vous vous en doutez, un petit bug vient se cacher dans l’esprit des robots, qui leur fait se rendre compte au fur et à mesure de leur condition… et au QG de Westworld, la panique se propage, alors qu’une guerre de pouvoir se met en place entre les gens de la direction. Sans oublier un grand méchant qui veut découvrir une machination cachée…

On peut difficilement reprocher à Westworld d’y aller à moitié. Le but est vraiment de nous en mettre pleins la vue, de décors, d’éléments de science-fiction (les imprimantes 3D qui fabriquent des robots!), une maitrise d’un univers riche, des promesses de conflits à tous les coins de rues… le pilote, qui dure une heure vingt, semble maitrisé de bout en bout. Mais… mais le soucis, dans tout ça, c’est que c’est tellement maitrisé qu’on en oublié un élément essentiel : des personnages auquel on s’identifie et qu’on a envie de suivre ! Car ni les robots, ni les gens travaillant dans Westworld ne semblent pour le moment porté par de vrais conflits internes personnels et – aheum – humains. Certes, le casting, assez incroyable, est très bon. Mais à aucun moment on vibre pour les personnages. Du coup, difficile de s’attacher…. Alors bien sûr, ce n’est pas pour ça qu’on ne fera pas l’effort de voir l’épisode 2, car on ne sait jamais, mais il faut espérer que les scénaristes remettent un peu plus d’émotions dans cette machine pour l’instant un peu froide. Sinon, on ne sera pas emballé.

 

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Été frisson : Stranger Things VS The Living and the Dead

Petite parenthèse dans les séries classiques de l’été à rattraper pour vous faire découvrir deux nouvelles séries, l’une américaine, l’autre anglaise, pour vous faire frissonner sous la chaleur estivale, les soirées d’orage. Les deux se déroulent dans les années 80… à un siècle d’écart. Ne loupez pas Stranger Things, hommage au ciné US des années 1980, ni The Living and the Dead, renouveau du genre thriller supernaturel victorien, se déroulant en 1888.

Bien sur, je ne vous étonnerai pas en vous disant que mon coeur penche du côté de The Living and The Dead. Avec aux commandes Ashley Pharoah et Matthew Graham (co-createurs et scénaristes de Life On Mars et Ashes To Ashes) c’est Colin Morgan (Merlin)qui endosse le rôle de Nathan Appleby, un pionnier de la psychanalyse qui revient au domaine familiale et se heurte à de très étranges événements… fantômes, enfants possédés,… à chaque épisode, Nathan doit trouver des solutions à ses étrangetés qui menace son domaine. C’est subtil, effrayant, très british, les personnages semblent tout droit sortis de chez Dickens et Mary Shelley. Les six épisodes se dégustent comme une gourmandise. C’est sur la BBC, pas de diffusion française prévue pour le moment.

Changement de décor avec Stranger Things, qui semble la sensation du moment. Et pour cause : avec autant de références cinématographiques, avec des méchants bien méchants, un attrait conspirationniste, des personnages d’enfant avec qui on a envie d’être copains, un côté rétro so à la mode, Stranger Things a tout compris. Un laboratoire où il se passe des choses pas net dont s’échappe une étrange petite fille, un monstre qui mange les gens (et qui peut vraiment faire flipper), un petit garçon qui disparait, ses amis et sa mère qui partent à sa recherche. Doucement, toutes les pièces du puzzle se mettent en place, la narration étant très efficace malgré quelques moments d’essoufflement. Les frères Duffer, qu’on va désormais surveiller de près, ont réussi leur entrée en matière, c’est sur ! C’est sur Netflix.

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Series Summer Classics : 24h Chrono

Maintenant que vous avez bien ri avec Friends, il est temps de passer aux choses sérieuses. Le Series Summer Classics du jour est la palpitante, tendue et très jouissive 24h Chrono, dit 24.

Je suis sûre que le nom Jack Bauer vous dit quelque chose. Même si vous ne connaissez pas la série, Bauer est un peu le superman des temps modernes, sans les pouvoirs en moins, le genre de type qui a des journées très, très fatiguante, passant son temps à sauver le monde ou, en tout cas dans la première saison, le premier candidat afro-américain à l’élection présidentielle. Lorsqu’elle est sortie, en 2001, elle était très inédite. Le principe d’avoir une temporalité réelle, soit un épisode = une heure (et donc une saison de 24 épisode = une journée), et un candidat noir, était assez révolutionnaire. D’autant plus qu’ils s’en passent des vertes et des pas mûrs, en une heure ! Entre Jack Bauer, sa fille kidnappée, les terroristes, les problèmes du candidat…  le tout devient assez addictif, même si le but n’est pas de faire dans la finesse, au contraire ! Plus c’est efficace, mieux c’est, et tant pis pour la cohérence. De quoi binge-watcher votre ennuie d’été !

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Series Summer Classics : Friends

Contrairement aux apparences, la période estivale est un super moment pour rattraper ses classiques. Que ce soit les vieux films en plein airs, les romans cultes sur la plage… ou les séries dont tout le monde parle et que vous n’avez jamais vu ! En tout cas, mon été est consacré à combler quelques brèches, car non, je suis loin d’avoir tout vu 😉 Mes critiques de séries des semaines à venir seront donc consacrées aux classiques ! On commence par the sitcom…

Friends, bien sûr ! 6 amis, 2 appartements, 10 saisons, des tonnes de vannes et de séquences cultes. C’est étrange car, quand j’étais ado, Friends passait sur France2 et je ne trouvais pas ça drôle. J’ai redécouvert la série en Angleterre, et donc en VO, un peu plus tard. Bien que je la trouvais déjà plus drôle, je n’avais pas envie de me jeter dedans. Mais là, ça a fait tilte. Une question d’âge ? Surement : rien de mieux que d’avoir l’âge des personnages et de passer par les mêmes questionnements qu’eux pour être en empathie. Bien sûr, leur petit côté loufoque, sympathique, touchant, aide beaucoup, et on en vient vite à se comparer à eux, pour s’apercevoir qu’on est un peu chacun d’entre eux, finalement. Quoi qu’il en soit, Friends est la première sitcom du genre, toujours imitée, jamais inégalée. Un Must See qui égaiera votre été sans aucun doute !

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Roadies

Guilty Pleasure Alerte ! Si vous êtes en rade d’une série qui n’est pas terrible mais que vous ne pouvez pas vous empêcher de regarder, comme un plaisir coupable, les chaudes nuits d’été, sans le dire à personne, alors Cameron Crowe est votre sauveur. Sa nouvelle série, Roadies, diffusée sur Showtime, va devenir votre meilleur mauvaise série, au cas où vous ne vous seriez pas remis de l’annonce de l’annulation de Nashville (qui n’est d’ailleurs plus annulé!)

Cameron Crowe s’est déjà intéressé au monde de la musique rock et des tournées, avec son très beau film Almost Famous. Il y avait une pointe de magie, d’idéalisation, un vraie propos, dans son film. Avec Roadies, il repart dans les coulisses d’un concert d’un groupe en tournée, en s’intéressant donc à ceux qui prépare la scène, qui gère les grosses équipes que demande une tournée d’un groupe de rock, l’arrivée de la premier partie (The Head and the Heart!)  mais…. beaucoup de personnages, pour l’instant plutôt archétypal, en particulier la petite jeune hipster so hype qui veut aller faire du cinéma à New-York (assez insupportable, loin d’une image de la jeunesse qui soulève les coeurs), pas de propos bien définis, des intrigues qui partent un peu dans tout les sens… on est loin d’un pilote renversant. Et pourtant… et pourtant, cet épisode a un capitale sympathie qui sort maladroitement d’on ne sait où. Le genre qui va vous faire regarder l’épisode deux, même si vous savez d’avance qu’il ne sera pas tout à fait à la hauteur. C’est aussi ça, parfois, la magie des séries !

Peter Cambor as Milo, Colson Baker as Wes, Finesse Mitchell as Harvey, Rafe Spall as Reg, Imogen Poots as Kelly Ann, Luke Wilson as Bill Hanson, Carla Gugino as Shelli Anderson and Keisha Castle-Hughes as Donna in Roadies. Photo: Courtesy of SHOWTIME
Peter Cambor as Milo, Colson Baker as Wes, Finesse Mitchell as Harvey, Rafe Spall as Reg, Imogen Poots as Kelly Ann, Luke Wilson as Bill Hanson, Carla Gugino as Shelli Anderson and Keisha Castle-Hughes as Donna in Roadies. Photo: Courtesy of SHOWTIME

 

Mercy Street

Pas facile, quand on a eu du succès dans une série avec un personnage emblématique, d’embrayer sur un rôle complétement différent et d’être crédible. C’est le challenge dans lequel s’est lancé Josh Radnor, le Ted de How I Met Your Mother. Dans Mercy Street, period drama qui se passe pendant la guerre de Sécession, il incarne un médecin désillusionné…

Crée par David Zabel (un ancine de ER) et Lisa Wolfinger, Mercy Street raconte donc l’histoire de deux jeunes femmes, l’une soutenant les confédérés, l’autre les yankees, s’improvisant infirmière dans un même hôpital de fortune en pleine guerre d’indépendance. Le pilote, qui se passe sur une journée, est assez intense en informations, personnages, conflits,… mais le tout restant encore assez superficiel, quoi qu’assez inattendu. On sent à travers la narration foisonnante le potentiel d’une série sympathique, dans la veine  de Docteur Queen Femme Médecin. On se demande seulement parfois à quel point ce qu’on nous raconte est crédible d’une part, si la série va arriver à se débarrasser de ce côté un peu gentillet et si les héroïnes vont réussir à perdre ce côté un peu oie blanche qui, pour l’instant, met une certaine distance entre le spectateur et leurs enjeux. On n’est pas encore assez happé, ni conquis, mais cette série pourrait bien devenir un petit plaisir coupable… et on a envie de savoir si Josh Radnor peut se détacher de Ted Mosby, ce qui n’est pas encore tout à fait le cas !

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Flesh and Bone

L’année dernière, le film Whiplash avait beaucoup fait parler de la manière dont on peut atteindre l’excellence dans un art (en l’occurrence la musique). Cette fois, c’est une série diffusée sur Starz, Flesh and Bone, qui reprend ce thème en explorant l’univers des danseurs professionnels d’un prestigieux ballet de New-York… et jusqu’où ces artistes sont prêts à aller pour dépasser leurs limites.

Les séries sur le monde de l’art et son apprentissage new-yorkais sont de plus en plus nombreuses. La très bonne Mozart in the Jungle voit à travers la comédie un grand orchestre, là où le soap l’emportait dans Smash !. Ici, le ton tend vers quelque chose de plus noir, dans l’histoire de Claire qui fuit un univers familial très compliqué et glauque pour venir à New-York passer l’audition pour entrer dans un des ballets les plus réputés des USA. Mais voilà : la petite, ne vivant que pour la danse, ne faisant des efforts et se torturant que pour oublier les blessures intérieurs, est pris dans les griffes du directeur artistique, un pervers bien gratiné comme on les imagine… A la vision du pilote, Flesh and Bone, crée et écrit par Moira Walley-Beckett (une ancienne de la writers room de Breaking Bad) nous donne les clés du conflit par petite touche, pose les jalons de l’univers mais ne décolle pas vraiment des clichés qu’on a déjà vu ailleurs, surtout avec des échos de Black Swan. Le personnage principale de la jeune danseuse est assez secret et mystérieux, elle ne parle pas beaucoup et est assez agaçante la plupart du temps… sauf quand elle agit au lieu de subir. Alors on sent percer quelque chose, une promesse qui ne demande qu’à décoller à l’épisode deux. Du coup, il faut donner sa chance à la suite, car on s’attend à de fortes émotions et pas des plus gais… à voir comment la série va arriver, on l’espère, à nous faire aimer cette héroïne, lui donner de la profondeur, sortir des clichés, traiter ses personnages avec force et maitriser leur destin, qui s’annonce assez tragique.

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