Séries Maniac !

D’habitudes, les sériphiles sont scotchés derrière leur écran de télé ou d’ordinateur, chacun chez soi, partageant leur avis sur les réseaux sociaux. Mais, deux semaines par an, cette étrange faune dont je fais partie accepte de sortir de chez soi pour aller squatter le Forum des Images à Paris. Oui ! L’heure du Festival Séries Mania est arrivée !

Pour cette cinquième édition, le Festival des Séries du monde entier a fait très fort en invitant notamment le créateur de LA série de 2014 : Nic Pizzolatto, auteur de la géniale True Detective. Mais ce n’est pas tout ! Seront présents également tout pleins d’équipes de séries pour des débats, la part belle est faite aux séries françaises et c’est une très bonne chose : Résistance, Ceux de 14, Ainsi Soient-ils,… La rencontre que j’attends le plus ? Celle avec Bryan Eslsey, créateur des très british et intelligentes séries Skins et Dates. Enfin, on pense à ceux qui s’empêche de dévorer les premiers épisodes de Game of Thrones pour les découvrir sur grands écrans, ceux qui se payeront des tranches de rires aux marathons comédies ou qui viendront en zombie voir The Walking Dead.

Bien sûr, Série Mania est aussi une super occasion pour rencontrer tout plein de gens aussi fan et perché que nous et de passer des heures à discuter de la fin de How I Met Your Mother ou encore des théories autour des séries qu’on adore autour d’un verre. Bref, ça va être bien !

Le programme par là : http://series-mania.fr/

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Les premiers retours de mi-saison

Quelles sont nos séries favorites qui sont revenues avec de nouvelles saisons depuis janvier ? Petit guide non-exhaustif des aventures dans lesquelles j’ai replongé avec plaisir depuis le début du mois : BEHOLD, SPOILERS !

– SHERLOCK saison 3 : il n’a pas fallu cinq minutes pour que ces trois épisodes des nouvelle aventures du Sherlock de Steven Moffat rallume la flamme. Si les deux premiers épisodes peuvent surprendre dans leur construction, assez éloigné des intrigues policières uniques et recentré sur les méandres de l’esprit de Sherlock, c’est pour mieux nous épater dans le dernier épisode. Sherlock est au top, pour revenir, si la rumeur est vraie, pour au moins deux saisons.

EPISODES saison 3 : la vie des scénaristes n’a pas fini d’inspirer la fiction et surtout Episodes, où notre petit couple de scénariste anglais va une nouvelle fois se frotter aux méandres de la production d’une série à Los Angeles – et surtout aux méfaits involontaires de son héros, Matt Leblanc. Toujours aussi réjouissant, on espère que les petites histoires de couple seront un peu laissé de côté pour les vraies histoires des coulisses de la série, toujours dans cet esprit acide et décalé.

CALL THE MIDWIFE saison 3 : c’est un nouveau départ pour les sage-femmes de la BBC officiant dans un quartier défavorisé de Londres dans les années 1950. On retrouve celles qui sont désormais de bonnes copines faire face à de nouveaux cas délicats au milieu de bouleversement de leur époque. Un début de saison sage qui fait des records d’audiences outre-manche.

DEATH IN PARADISE saison 3 : le choc ! Ce début de saison commence fort pour qui n’était pas prévenu du changement de personnage principal. Exit notre bien aimé Richard Poole, bienvenue Humphrey Goodman incarné par le délicieux Kris Marshall qui cherche encore ses marques avant de vraiment pouvoir nous embarquer dans des enquêtes un peu plus fine. On lui donne en tout cas sa chance.

– KABOUL KITCHEN saison 2 : Jacky a des soucis. A peine sorti de captivité, le voilà pris entre les mains de la CIA… ils y vont forts, dans Kaboul Kitchen ! C’et toujours en riant d’avance qu’on se plonge dans les plans foireux des uns et des autres, allant de raté en raté, avec un Melki au top qu’on adore voir se débattre. Cela promet pour la suite ! La série passe en ce moment sur Canal +.

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Hatufim

C’est la même histoire, mais tellement différente qu’on oublie vite le parallèle : Hatufim, série israélienne diffusée depuis jeudi sur Arte et Homeland, désormais série culte américaine, ne se regardent pas de la même manière. Le point de départ est pourtant le même, Homeland étant une adaptation du concept d’Hatufim : des prisonniers de guerre libérés rentrent chez eux après une longue absence et doivent se réintégrer à la vie normale… mais la comparaison s’arrête rapidement dés que l’on visionne le pilote de la série israélienne.

Trois hommes, aux familles différentes, sont retenus depuis 17 ans. Une nuit, on apprend à leurs épouses, sœurs, enfants, parents qu’ils rentrent à la maison. Deux d’entre eux sont en bonne santé, le dernier fait le voyage retour en cercueil. Tout a changé : les prisonniers durant leur captivité, les familles pendant leur absence. La série se concentre, dans le premier épisode, sur le ressenti des personnages, sur leur cheminement émotionnel : dans une ambiance simple, à la fois lumineuse et sombre, lente mais très bien mis en scène, les soldats retrouvent des lits qu’ils ne connaissent plus. Puis vient l’heure du debriefing militaire… et des soupçons, de la paranoïa : le thriller psychologique démarre. Loin des éclats et de la grosse machine américaine, Hatufim est dans la retenue et la violence non dite, la tension étant de plus en plus palpable au fil des épisodes.  Gideon Raff, créateur d’Hatufim (et également producteur exécutif de Homeland) explore un véritable phénomène de société de son pays, où plus de 1500 soldats ont été prisonniers de guerre. Une belle série, à voir évidement si vous avez aimé Homeland, mais à découvrir également si son côté trop américain vous a agacé. Aucune excuse : c’est tous les jeudis sur Arte.

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Candice Renoir

Alors qu’on apprenait il y a quelques jours la fin de  Julie Lescaut, archétype de la flic féminine française de la vieille époque, voilà que la relève est déjà là. Candice Renoir n’a rien de commun avec la policière rousse parisienne : quarantenaire, quatre enfants à charge, maladroite et malicieuse, elle reprend du service à Sète  après une dizaine d’années de congés parentales.

Clash de génération oblige, elle se comporte avec ses jeunes collègues comme s’ils étaient ses enfants, applique une méthode d’enquête bien à elle avec un petit air d’Hercule Poirot. Souvent agaçante, son truc, c’est de garder le sourire en toute circonstance et d’avoir assez de répondant pour  ne pas se laisser marcher sur les pieds par toute l’animosité qui l’entoure parfois. C’est son petit côté Bridget Jones qui la rend plutôt marrante et attachante ainsi que son interprète, Cécile Bois. Bien sûr, dans les enquêtes, on ne privilégie pas l’originalité ni la vraisemblance, car au fond, elles ne sont qu’un prétexte. Rien de très fin ni dans le personnage ni dans sa manière de procéder. Ainsi, le genre polar n’est en fait qu’un prétexte à une comédie de mœurs sans autre prétention que de faire sourire et de divertir, ce qui fonctionne relativement bien. Dans le paysage télévisuel français actuel, c’est plutôt agréable.

Crée par Solen Roy-Pagenault, Brigitte Peskine, Robin Barataud et diffusée sur France 2, la saison une de Candice Renoir a huit épisodes et les deux premiers ont fait une jolie audience.

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Hannibal

Le personnage d’Hannibal Lecter a déjà inspiré plus d’une déclinaison au cinéma. Le psychiatre cannibale revient dans la série Hannibal de NBC, crée par Bryan Fuller (à qui l’on doit notamment la série Pushing Daisies). Cette nouvelle adaptation très libre du roman Dragon Rouge de Thomas Harris était-elle nécessaire ?

La réponse (positive) vient très rapidement au visionnage du pilote d’Hannibal. On suit Will Graham (Hugh Dancy), agent du FBI surdoué et presque autiste, « profiler » de talent du fait de son don : se mettre à la place des tueurs en série. Pour l’aider à résoudre une série de meurtres sur laquelle il enquête, son supérieur (Laurence Fishburne) fait appel à un psychologue, Lecter ( Mads Mikkelsen) qui vient troubler Graham et ses enquêtes de manière inattendue… en cuisinant et mangeant ses victimes.
Ce sont ces deux personnages, et particulièrement celui de Lecter qui s’illustre par ses dérives cannibales, qui tiennent le spectateur en haleine. C’est une plongée dans la psychologie humaine alimentée non seulement par une enquête policière qui changera chaque semaine (la série est bouclée) mais surtout par l’observation des deux héros et de leur opposition. Ainsi, la simple présence de Lecter dans les enquêtes donne l’impression que l’incarnation du mal se cache en plein jour, que le diable est au milieu du bien sans qu’on ne le reconnaisse. Le casting est majestueux, encore une fois Mads Mikkeslen nous démontre ses talents récompensés à Cannes. Il nous entraine dans le raisonnement malsain et les pratiques immondes de Lecter sans jamais en faire trop, aidé par une mise en scène qui, si l’on oublie parfois les effets un peu gadget lorsqu’on est entrainé dans la tête de Graham, porte bien les intrigues.

Je vous conseille de profiter de Séries Mania pour voir cette série !

Le scénario du premier épisode est lisible ici

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Da Vinci’s Demons

L’idée n’était pourtant pas mauvaise à la base : surfer sur la vague des succès des différents Borgia en prenant pour décor l’Italie de la Renaissance et s’intéresser à l’un des plus grands esprits de tous les temps, Léonard de Vinci. Plus particulièrement à sa jeunesse où, esprit libre et complexe, il allait contre les barrières de son temps. Mais une bonne idée ne suffit pas… et Da Vinci’s Demons en est la preuve. La nouvelle série de Starz passe complétement à côté des qualités nécessaires malgré la renommée de son créateur, David S. Goyer, à qui l’on doit les Blade et les Batman de Nolan.

Le soucis, ici, c’est que le style à la dynamite qu’on nous montre manque complétement de la finesse nécessaire à une série historique. On nous présente à peine le contexte historique, la Florence des Médicis qui pourtant vaut son pesant de matière dramatique. Le personnage principale, jeune Da Vinci, est plus un rockeur qu’un inventeur, un chien fou cabotin et insupportable. Le mélange avec la fantasy n’arrange rien dans le peu de crédibilité de la situation et, franchement, c’est plus le Da Vinci Code qu’autre chose  dés que l’on touche à des sociétés secrètes et au Vatican…

Je ne parle même pas de la psychologie des personnages, de leurs dialogues toujours purement explicatifs. Alors, certes, tout cela est avant tout pensé comme un pure divertissement qui serait plaisant… au dixième degré. Pas de quoi s’y attacher ni revenir à l’épisode deux. Comme quoi, on peut complétement se planter en série historique !

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Séries Mania

Adeptes des séries télés ou curieux des nouveautés du petit écran en France et ailleurs, ne loupez pas le Festival Séries Mania qui se déroulera du 22 au 28 avril au Forum des Images à Paris. Les séances, toujours en accès libre et gratuit, s’enchainent pendant toutes la semaine pour présenter des séries venus du monde entier, mais aussi des rencontres avec des scénaristes, acteurs, producteurs ou réalisateurs de série, notamment cette année Farhad Safina, le créateur de la série Boss et surtout Tom Stoppard, scénariste de Brazil et de Shakespeare in Love qui vient présenter la série Parade’s End. Pour les professionnels, beaucoup de tables rondes notamment autour de la série transmédia.

Des marathons de séries comédies ou de The Walking Dead, les projections en avant-première comme celle de la prochaine série d’Arte Odysseus, des grandes séries américaines à (re)découvrir sur grand écran (Game of Thrones, House of Cards, The Americans, Girls) et surtout pleins de découvertes à faire, voilà tout ce que vous propose cette nouvelle édition de Séries Mania, à ne pas louper !

Le programme c’est ICI

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Suits

Je ne suis d’habitude pas très attirée par les séries d’avocats. Le temps dédié à regarder les séries ne va malheureusement pas en augmentant et les choix sont vites fait entre l’historique et le barreaux, quoi que j’espère un jour pouvoir me mettre à The Good Wife. Mais j’ai quand même jeté un œil à la série Suits, créée par Aaron Korsh, dont une troisième saison vient d’être commandé aux États-Unis et dont la première saison va être diffusée en France au mois d’avril. Alors, c’est comment, la vie d’avocat à New-York ?

Une chose est sûre : dans les séries d’avocats, la vie est plutôt classieuse et les costards cravates des héros traduisent un niveau de vie qu’on ne voit que dans les séries. Les héros, ce sont Harvey Specter, golden boy égocentrique et archétype de l’avocat ambitieux et Mike Ross, petit génie au grand cœur mais qui n’a pas le diplôme nécessaire pour entrer dans un cabinet. Qu’importe : Mike se retrouve face à Harvey pendant la cession de recrutement (dans des circonstances pas vraiment crédibles) et ce dernier l’embauche. C’est véritablement la dynamique entre ces deux personnages qui va conduire la série, plus que les cas qu’ils traitent et les intrigues juridiques.  La part belle est faite aux personnages, à leur comportement qui, s’ils apparaissent parfois un peu tout blanc ou tout noir, sont toujours terriblement humain. La série a aussi le bon goût de ne pas trop se prendre au sérieux, restant légère : comme ce n’est pas l’originalité qui prime, autant faire en sorte que le ton soit plaisant. Pas la peine d’avoir un suspens de dingue, pas nécessaire d’avoir de gros cliffhangers quand les personnages sont sympathiques. Est-ce que cela suffit quand même à faire revenir le spectateur à chaque épisode ? C’est là qu’on verra si le concept tient bon, si le duo résiste au temps et si le divertissement promis garde le cap. Quoi qu’il arrive, laissez-vous tenter par le pilote en cas de période de vache maigre sériesque : vous passerez quand même un bon moment.

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Vikings

Il y a des scénaristes qui aiment se dédier à un genre particulier. Quand on se penche sur les séries historiques, un nom revient : Michael Hirst, créateur de The Tudors, de Camelot, scénaristes des films Elizabeth et Elizabeth, l’âge d’or. C’est sur la chaine History que Hirst présente sa dernière série en date, Vikings.

Remontant loin dans le passé et beaucoup plus au Nord que son Angleterre natale, il nous plonge dans la vie de Ragnar Lodbrok, jeune et viril guerrier et navigateur viking légendaire qui mit tout en place pour s’aventurer vers les mythiques terres de l’Ouest, alors que le chef de sa tribu (Gabriel Byrne) se contente de l’Est.

Tout y est : une bataille d’ouverture sanglante et mystique qui ne fait pas dans la finesse, un héros qui croit en son destin, sa belle femme fière et combattante, les beaux costumes, les jolis décors (quoi que parfois un peu trop numérique), ce qu’il faut de scènes de sexe. Plus important, le récit est plutôt bien mené, quoi que sagement : les enjeux sont clairement exprimés sans non plus être très fin, la tension narrative est bâtit de façon crédible, les personnages ne sont peut-être pas d’une originalité à tour épreuve mais on arrive à s’y attacher sans trop de détour. Rien à redire non plus sur le casting, Travis Fimmel étonne même, sorti de son mannequinat. Bien sûr, si ni les Vikings et leur clichés, ni l’historique ne vous intéresse, vous pouvez passer votre chemin. Mais c’est plutôt une bonne surprise et je place beaucoup d’espoir dans la suite de la saison : voilà du bon divertissement pour tenir la fin de l’hiver !

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Dancing on the Edge

Les anglais n’ont pas fini de nous en mettre plein la vue avec leurs séries historiques. La dernière en date s’appelle Dancing on The Edge, elle est diffusée sur la BBC  et nous replonge dans les années 30 avec glamour et swing.

Pas facile de s’imposer dans la bonne société londonienne en 1930 lorsqu’on est noir et que l’on joue du jazz. Pourtant, c’est le destin fabuleux que va connaitre de Louis Lester Band qui, avec l’aide d’un jeune critique musical et ses connexions, va jusqu’à faire danser les princes. Mais la réalité les rattrape rapidement et plonge le groupe dans une sombre affaire. Crée et écrite par Stephen Poliakoff, c’est avec un visuel léché et une reconstitution brillante que nous sommes plongés dans les intrigues qui secouent le groupe. Si la mise en place est assez simple et le départ un peu cliché (tout le monde est beau, mais tout le monde est mystérieux) , les personnages décollent lorsqu’arrive le succès et les ennuis qui vont avec. Portés par un excellent casting de tête très connu du petit écran britannique (notamment Angel Coulby, l’ex Gwen de Merlin qui change complétement de registre, mais aussi Anthony Head, Chiwetel Ejiofor ou Matthew Goode), le premier épisode sur cinq de 90′ met en place les intrigues en se souciant d’offrir de belles scènes, quitte à creuser les enjeux et faire les révélations plus tard. Mais le boulot est fait : on a très envie de voir la suite !

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