Years and Years

Parfois, pas besoin de fantômes, de caves sombres ni de tueurs en série pour faire une bonne série d’angoisse. Prenez simplement une famille lambda, en l’occurrence la famille Lyons, en Angleterre, puis imaginez ce que sera sa vie dans un an, trois ans, dix ans. A quoi ressemblerons nos vies, notre société, notre monde, de la manière la plus réaliste possible. Ce n’est pas si facile que ça de se projeter avec justesse dans le futur… pourtant, le scénariste Russel T. Davies (qui a sauvé Doctor Who de l’oubli avec un talent indefinissable) réussi un coup de maitre avec Years & Years, diffusé sur la BBC, HBO et Canal +.

Là où un Black Mirror tombe dans l’excès, et où de nombreux récits d’anticipation verse dans le catastrophe, Years & Years est terriblement humain, terriblement nous, et c’est ce qui fait flipper, quand on voit comment il en faut peu pour nous mettre dans des états de panique. Parce qu’on évolue dans des vies tellement confortables, qui semblent partis pour durer au moins assez pour ne pas avoir à se soucier de demain… mais chez les Lyons, les années basculent vers un futur toujours plus instable. C’est écrit avec brio, interprétè comme toujours avec les anglais au cordeau (chapeau bas à Emma Thompson qui, bien que n’étant pas le personnage principale de la série, vole la vedette), et c’est une des séries qui fait le plus réfléchir depuis longtemps. Ne passez pas à côté !

Publicités

Gentleman Jack

Quand HBO et BBC coproduisent une série historique en cochant toutes les cases chères à mon coeur de sériphile, je suis obligée de vous en parler. C’est en tout cas l’impression que m’a donné le pilote de Gentleman Jack, diffusé en ce début de semaine sur OCS en France. Quelles cases ?

  • Une période on-ne-peut-plus jouissive quand il s’agit de l’Angleterre : le début de la Révolution Industrielle. Quand l’image austienne de l’Angleterre se mélange aux intérêts capitalistes de l’exploitation du charbon, cela bouscule les codes de la (bonne) société et embrase les grands sentiments romanesques du genre.
  • une scénariste, Sally Wainwright, dont on admire le travail (Happy Valley) et un casting dont on sait déjà qu’il sera tellement à la hauteur : la géniale Suranne Jones (Docteur Foster), Sophie Rundle (Peaky Blinders) ou encore Gemma Whelan (GoT).
  • une héroïne hors du commun, qui bouscule les codes : Anne Lister, aka Gentleman Jack, lesbienne propriétaire terrienne qui compte bien vivre sa vie comme elle l’entend. Personnage réelle d’ailleurs, connue en Grande-Bretagne pour sa personnalité, son journal et sa réputation de première lesbienne moderne. La série s’inspire des journaux intimes d’Anne Lister.
  • une réalisation rythmée, haute en couleurs, des petits clins d’oeil caméra et des bouts de voix-off qui donnent un petit twist moderne et rock’n roll.

Une petite pépite qui dépoussière le genre tout en gardant les éléments qui nous font aimer le period drama. Encore une fois, les anglais font fort !

Top Série 2018

A l’heure de ce qu’on appelle le « Peak TV », soit une production mondiale massive de séries télévisées, je suis partagée. D’un côté, avouons-le, it’s good for business ! En tant que scénariste, il est bon de savoir que la demande de séries, ou « contenus » comme on dit dans le milieu, est au plus haut, cela assure du travail pour quelques années encore. Mais d’un autre, mon petit coeur de sériphile souffre : tant de bonnes séries à voir, si peu de temps ! Le peu de billets sur des nouvelles séries le confirme : je n’ai vraiment plus le temps de tout voir, suivant à la fois les séries au long cours, et voulant découvrir les nouveautés, françaises, anglaises, européennes, américaines. Car tout ce petit monde sait y faire, niveau série ! Je ne peux que vous inviter, d’ailleurs, à redécouvrir la fiction française, qui nous a prouvé qu’elle a plus d’une pépite dans son sac, et ce n’est pas finit…

Mais bref, qu’est-ce que j’ai regardé de nouveau et de très bien en 2018 ?

  1. The Terror. (Amazon)
  2. The Marvellous Mrs Maisel (Amazon)
  3. Counterparts (Amazon)
  4. The Bold Type (Amazon)
  5. Here and Now (HBO/OCS)
  6. Killing Eve (Canal+)
  7. Dietland (Amazon)
  8. Bodyguard (BBC/Netflix)
  9. Forever (Amazon)
  10. Pose (HBO/OCS)

Et les frenchy, alors ?

  1. Skam la série (France 4/ Francetv.slash) [Bon, ok, c’est parce que j’ai participé à l’écriture, mais tout de même, des séries ados comme ça en France, on en fait peu!]
  2. Les Bracelets Rouges (TF1)
  3. Hippocrate (Canal+)
  4. HP (OCS)
  5. Plan coeur (Netflix)
  6. Baron Noir saison 2 (Canal+)
  7. Le bureau des légendes saison 4 (Canal+)
  8. 10% saison 3 (France 2)
  9. Versailles saison 3 (Canal+)
  10. Loulou / Les engagés (Arte creative/Studio 4) [Plus généralement, n’oubliez pas de regarder les séries digitales!]

Et vous, vous avez regardé quoi cette année ?


The Terror

Il y a des petits évènements dans le monde des séries qu’il ne faut pas louper : The Terror en est un. Même si l’histoire ne me tentait pas a priori, je me suis laissée convaincre par les retrouvailles de César et Brutus de la série Rome, aka Ciaran Hinds et Tobias Menzies. Quand j’ai ensuite découvert que cette mini-série était l’adaptation d’un roman de l’auteur Dan Simmons, dont les récits de science-fiction me bouleversent à chaque fois, j’ai senti venir la pépite.

The Terror nous plonge dans les cales des navires HMS Terror et HMS Erebus partis en 1847 trouver le passage dit du Nord-Ouest, au Pôle Nord. Navires très rapidement pris dans la glace, bloqués pour un hiver, puis deux, puis trois, alors qu’une mystérieuse créature vient s’en prendre aux marins… récit de survie, huit-clos glacé, The Terror, diffusé sur AMC et Amazon Prime, brille par une écriture fuselée et une tension constante. On sait comment ses matelots et leurs capitaines vont finir, mais on espère toujours que nos préférés, les plus humains, survivront d’une manière ou d’une autre. On reste surpris à chaque coin d’épisode. Surprenante et léchée, la réalisation et surtout la magnifique direction d’acteur et interprétation de tous le comédiens nous font enchainer les épisodes sans jamais se lasser. Bref, je me suis complétement laissée surprendre et embarquer. Je vous conseille de le dévorer à votre tour.

Legion

Jusqu’où peut-on pousser la nouveauté formelle d’une série sans perdre l’efficacité du récit ? La nouvelle série du créateur et showrunner Noah Hawley, à qui l’on doit la génialissime Fargo, pousse cette question à l’extrême. Dans Legion – diffusée sur la chaine FX aux USA et OCS en France – Hawley s’en donne à coeur joie pour brouiller les pistes, jouer avec les genres et les esthétiques… au risque de laisser le spectateur de côté ?

David a des problèmes mentaux. Diagnostiqué schizophrène, il se retrouve en hôpital psychiatrique.  C’est alors qu’une nouvelle patiente, Sydney, le fait douter : et si, finalement, il n’était pas malade, mais qu’il avait un pouvoir ? Alors que David se retrouve interrogé par la soit-disant police après qu’un violent incident soit survenu à l’HP, on comprend en effet que David a des habilités surnaturelles… Adapté d’un personnage de Marvel, cette nouvelle série de super-héros est pour sûr différente de ce qu’on nous sert dernièrement, notamment sur Netflix. Mais les codes étant brouillés, Hawley jouant avec les genre (on ne comprend qu’à mi-parcours de quoi on nous parle vraiment), avec la temporalité (on nous montre beaucoup de séquences qu’il nous faut replacer ensuite) et avec les séquences qu’on devine parfois n’être là que pour jouer la démesure du style (la chorégraphie bollywood sur du Gainsbourg !), le spectateyr est un peu rebuté à entrer dans le récit, et surtout dans une identification forte avec les personnages. Autant, dans Fargo, nous étions cueillis dés les premières images, bien que le style soit très présent. Autant là, il faut un certains temps pour voir au-delà et se laisser toucher par la détresse identitaire de David – et son amour sans fin pour Sydney. Certes, il y a du génie visuel, mais au détriment de la compréhension. Si la fin du pilote nous laisse entendre que la suite sera surement moins extravagante et pourra plus se concentrer sur ce qu’on nous raconte vraiment, et qu’on va donc pousser la curiosité, ce pilote qui veut marquer les esprits par sa différence et son exubérance en fait un peu trop – et on se dit qu’il va falloir le regarder une seconde fois pour être sûr qu’on a bien tout compris… ce qu’on n’a pas forcément le temps de faire en ces heures de peak TV !

Les Beaux Malaises (version québecoise)

Heureusement qu’il y a quelques diffuseurs qui s’intéressent aux séries francophone. Alors que les chaines hertziennes nous abreuvent de séries belges, marquant un véritable renouveau de la production du plat pays, c’est Netflix qui diffuse une comédie quebécoise, depuis adaptée en France par M6 : Les Beaux Malaises.

Je tiens à préciser dés maintenant que je n’ai pas vu la version française, je ne parle ici que de la réussite version originale, portée par Martin Matte, un humoriste très populaire au Québec. C’est d’ailleurs de lui que parle Les Beaux Malaises : une plongée aigre-douce dans son quotidien, où le comédien n’hésite pas à avoir un regard décalé et décomplexé sur lui même. Parfois ignoble avec les autres, parfois très touchant, Matte est non seulement le personnage principal mais aussi le créateur, auteur et producteur de la série. C’est drôle, rafraichissant, étonnant : on comprend pourquoi le comédien est si respecté dans le métier. Il y a trois saisons en tout, qui se dévore comme des petits pains, bien qu’il faille parfois tendre l’oreille pour comprendre l’accent ! Une vraie réussite, qui fait penser à sa série cousine, Platane (made in Eric Judor). Bref, ne passez pas à côté !

8167_1394216959

One day at a time

Les sitcoms tournent souvent autour de deux grandes thématiques. Je suis plutôt habituée à regarder celles tournant autour de l’amitié, des trentenaires, Friends, Big Bang Theory et compagnie. Mais il y a aussi celle autour de la famille, qui jusqu’à présent n’était pas vraiment mon truc. Jusqu’à ce que Netflix remette au goût du jour une sitcom américaine des années 80 : One day at a time (Au fil des jours). Je ne m’attendais pas à autre chose que le récent retour de La Fête à la Maison, qui m’ennuie profondément… et j’avais tord.

Dans One day at a time, il n’y a en apparence rien d’extraordinaire. Une mère célibataire, ancienne infirmière de l’armée, doit se débrouiller pour élever ses deux enfants ados avec l’aide de sa mère qui vit de ses racines cubaines. Elle peut compter sur l’aide du propriétaire de son appartement en cas de pépin. Cette joyeuse troupe traverse les petits soucis de la vie, normale, quoi. Mais voilà, il y a quelque chose en plus, ici. Est-ce par les thématiques assez engagées que la série aborde en ces temps troublés (féminisme, immigration, homosexualité,…) ou bien parce que les comédiennes (Justina Machado et Rita Moreno en tête) sont particulièrement fantaisistes et touchantes ? Surement un savant mélange des deux, qui fait que One day at a time devient vraiment attachante. Elle se dévore en un rien de temps, et on se retrouve à avoir hâte de retrouver un peu de magie cubaine dans nos journées.

one-day-at-a-time1-620x400

Taboo

Voilà une perle de très bonne facture que nous offre la BBC en ce début d’année, une série solide et efficace, mystérieuse et engageante. Taboo, qui a été crée par Steven Knight (Le créateur de Peaky Blinders) et Tom Hardy, qui incarne aussi le personnage principal, nous plonge au cœur d’un Londres sombre de 1815…

Présumé mort en Afrique depuis de nombreuses année, le ténébreux James Delaney revient à Londres. Homme tourmenté et changé, il trouve à son retour son père, Horace Delaney, mort, et constate que son pays l’Angleterre est en Guerre avec la France et les États-Unis. Surtout, il hérite d’un petit bout de terre au Canada, qu’à la fois la couronne anglaise, la Compagnie des Indes et les américains veulent s’approprier par tous les moyens. James ne compte surtout pas les laisser faire… Taboo est un joyeux mélange d’atmosphère qui nous sont familières : l’ambiance victorienne principalement, un poil de Penny Dreadful, du Dickens bien sûr. Rien n’est épargné au spectateur, et on reconnait une pâte un peu nordique des réalisateurs Kristoffer Nyholm et Anders Engström, qui ont réalisé respectivement The Killing et Jordskott. Surtout, on s’accroche à ce personnage sombre et étrange, magnétique, emporté par une quête de justice qu’on découvre au fur et à mesure, et qui décolle lorsque tous le mécanisme se met en place. A déguster dés qu’elle arrive en France !

tom-hardy-taboo

The OA

Il parait que c’est la série dont tout le monde parle en cette période de transition 2016/2017. C’est sur que The OA, dernière fiction originale de Netflix, est un ovni sur beaucoup de plans différents. Tout d’abord, on n’en a entendu parlé que la veille de sa diffusion. Aucune pub, mais un véritable buzz tardif. De plus, les créateurs Brit Marling et Zal Batmanglij sont aussi respectivement la comédienne principale et le réalisateur unique de ces 8 épisodes aux durées variables. Enfin, parce que The OA semble survoler les règles des séries classiques. Changement de point de vue, de décor, de temporalité, mystère non résolu, raccourcis scénaristiques, crédibilité douteuse de certaines choses… malgré tout cela, The OA fonctionne, car cette série arrive a allié fond et forme autour du même thème : qu’est-ce que nous sommes prêts à croire ? The OA, c’est l’autre nom de Prairie Johnson, celui qu’elle se donne depuis qu’elle a réapparu mystérieusement en ayant retrouvé la vue alors qu’elle a disparu il y a sept ans alors qu’elle était aveugle. Elle rassemble autour d’elle cinq personnes très différentes à qui elle choisit de raconter son histoire… et leur demande de l’aider à sauver des gens. On ne peut s’empêcher d’être intrigué tout du long, de voir où nous emmène Prairie, d’être en super empathie avec les cinq personnages qui l’écoutent et qui sont très réussi.  Dans une certaine mesure, elle fait un peu l’effet qu’a dû faire Twin Peaks à son époque. Est-ce que cela deviendra le même classique ? Pas sûr, mais en tout cas, ça reste une très bonne surprise !

the-oa-2

Mes Meilleurs Séries de 2016 !

L’heure de mon bilan préféré de l’année a sonné : quelles séries ont fait battre mon coeur en 2016 ? Ce fut une année assez riche en émotions télévisuelles, je dois l’avouer, même si ce petit récap ne le reflète pas forcément. Pas mal de pilote vue (pas autant que je l’aurai voulu, mais enfin!), des belles surprises, des classiques, du bon, du mauvais, on ne se refait pas. Et vous ?

Les nouveautés (sans ordre de préférence)

This is us : La petite dernière de l’année n’est pas la moindre. Cette série qui fait du bien même si elle fait beaucoup pleurer parle de l’homme dans ce qu’il a de plus beau : son humanité. De quoi vous redonner foi en la famille !

Crazy ex girlfriend : voilà de quoi vous mettre le soleil de Westcovina, California dans le coeur ! Les aventures de Rebecca pour reconquiérir Josh en musique n’ont pas fini de vous faire sourire.

The Crown : la série anglaise de l’année sans aucun doute. Raconter l’histoire du règne d’Elisabeth II sous toutes ses coutures est un sacré challenge que la série remporte haut la main.

Stranger things : quoi qu’on en dise, Stranger Things a fait sensation cette année, et à raison. C’est plaisant, fun, effrayant, cool, il n’y a pas de raison de s’en priver.

Baron Noir : bien que beaucoup de séries françaises ont marqué le paysage cette année – car OUI, IL FAUT REGARDER LES SÉRIES FRANÇAISES ! – Baron Noir est celle qui se détache cette année. A découvrir au plus vite si vous ne l’avez pas vu !

Master of None : la série simplicité de l’année. Parce qu’il suffit de se pencher sur sa vie pour en tirer le plus sincère, le plus cool, le plus intime, et le partager pour faire comprendre aux autres qu’on est pas seul et qu’on vit tous la même chose ! Merci Aziz Ansari !

The man in the High Castle : malgré ses petits défauts et sa longueur, cette série dystopique est tout de même une des plus marquante de l’année, de part son univers, certains de ses personnages,… l’attente est grande pour la suite !

Deutschland 1983 : certes, je n’ai pas fait de billet sur cette série alors que j’aurai vraiment dû. Car cette série allemande est une vraie réussite. Une histoire d’espionnage entre Berlin est et Berlin ouest, entre les deux blocs pendant la guerre froide, au travers des yeux d’un adolescent. Brillant.

The Night Manager : la petite outsider de l’année car c’est une mini-série, cette adaptation de John Le Carré est vraiment le divertissement dans ce qu’il y a de mieux : un super casting, une intrigue qui vous tient en haleine, un beau héros… le James Bond de la série télé.

Les découvertes

The Leftovers : j’en ai déjà longuement parlé dans mon précédent billet mais qu’est-ce que je suis heureuse d’avoir redécouvert The Leftovers a sa juste valeur, celle d’une des meilleurs séries jamais faites ! Du grand art.

Les classiques

L’intégrale de Friends : là aussi, on me dit, « il était temps » ! Mais Friends est une question d’âge et de génération, la mienne en ce moment, juste et parlant et drôle, que demander de plus !

Le pire du pire

Marseille, bien sur…

Et sinon ?

Ce petit mot car on m’a posé la question : oui, être fan de série peut couter un peu cher. Un abonnement Canal +, OCS, Netflix et maintenant Amazon Prime, c’est un sacré budget. Mais, les amis, pour chaque abonnement, on a le droit à plusieurs écrans. Alors, partagez ! Un groupe de 4 personne, un abonnement chacun, et on se file les accès. C’est légal, ça mange pas de pain et ça permet à tous d’avoir accès au plus large panel de série !

nup_174895_07351